Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire / Passion du livre

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.. Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire

Couverture du livre Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire

Auteur : Nicolas Lebourg

Date de saisie : 17/12/2010

Genre : Politique

Editeur : Presses universitaires de Perpignan, Perpignan, France

Collection : Etudes

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782354120757

GENCOD : 9782354120757

Sorti le : 15/12/2010

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  • La présentation de l'éditeur

Dès l'origine, les mouvements fascistes connaissent une marge qui se veut européenne et socialiste. N'ayant pu jouir du pouvoir, ayant souvent été éliminée, elle a toutefois su inventer des discours et des idées pour la construction d'une Europe nationaliste. Ceux-ci ont largement contribué à la formation de la propagande des États fascistes après 1942, mettant en exergue l'édification d'un «Nouvel ordre européen». Après la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement avec la phase de décolonisation, puis post-1968, le néo-fascisme a redéployé ces éléments dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler le nationalisme-révolutionnaire.

Ayant placé l'unité européenne en horizon d'attente, ces fascistes oeuvrent à la constitution d'une action et d'une idéologie internationales. Ils participent dès lors à de nombreux champs politiques, nationaux et internationaux, et y entreprennent des tactiques différentes de l'un à l'autre. Leurs idées européistes les entraînent ainsi non seulement dans une élaboration post-moderne du politique, n'hésitant pas à puiser aussi bien dans les signes gauchistes que moyen-orientaux, mais les poussent à des réorientations géopolitiques éclairant l'évolution du monde des lendemains de la Première guerre mondiale à ceux du 11 septembre. De là, ce sont l'histoire et la nature du phénomène fasciste qui sont revisitées.

Cet ouvrage s'appuie avant tout sur une documentation inédite : les archives internes des mouvements néo-fascistes et des documents des services de police, essentiellement des Renseignements Généraux. Il reprend des éléments d'une thèse d'histoire contemporaine soutenue à l'Université de Perpignan-Via Domitia (directeur : Jean-Marcel Goger, Université de Perpignan-Via Domitia ; rapporteurs : Pascal Ory, Université Paris I Panthéon-Sorbonne et Roger Griffin, Université d'Oxford Brookes ; Michel Cadé, U.P.V.D. ; Olivier Dard, Université de Metz).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

Construire le nationalisme-révolutionnaire

Le siècle des nations s'achève en 1914. La Première Guerre mondiale produit d'une part une volonté de dépassement des antagonismes nationalistes, qui s'exprime par la création de la Société des Nations ou le voeu de construction européenne, d'autre part une réaction ultranationaliste. Au sein des fascismes se crée, en chaque pays, un courant marginal européiste et sinistriste. Dans les discours de Mussolini, l'ultra-nationalisme impérialiste cohabite avec l'appel à l'union des «nations prolétaires» contre «l'impérialisme» et le «colonialisme» de «l'Occident ploutocratique» - un verbe qui, après la naissance du Tiers-Monde, paraît généralement relever de l'extrémisme de gauche. Sans varier sur ses fondamentaux conceptuels, l'éristique anti-colonialiste d'extrême droite a connu trois temps : 1) la phase de l'ordre de Versailles ; 2) la Guerre froide et la décolonisation ; 3) l'accélération de la mondialisation néo-libérale. En chaque moment la réponse aux problèmes politiques posés fut : «l'Europe est la solution».
Sur le plan idéologique, le néo-fascisme, partout en Europe, s'est inspiré des courants de la Révolution Conservatrice sous Weimar, pour qui l'Allemagne était victime d'une «colonisation» par l'Occident libéral impérialiste, état dont elle s'extrairait par la construction organique de son peuple contre le «Système», l'union avec les autres peuples colonisés, puis, grâce à la guerre perçue comme moyen et esthétique, l'édification de grands espaces. Pour les nationaux-bolcheviques l'importation du bolchevisme était «l'ultime recours» pour sauver la nation allemande de la subversion occidentale ; Ernst Niekisch est ainsi partisan de la «Résistance» allemande contre tout ce qui correspond à l'Occident libéral, au bénéfice d'une révolution nationale du sang et du sol dont le modèle serait la Volksgemeinschaft qu'eût réalisée la Russie stalinienne. Le but est une révolution allemande menant à un Empire avec la Russie, pour aboutir à la Révolution mondiale. Durant sa phase d'ascension au pouvoir, le parti nazi sait utiliser les idées et le travail lexical de la Révolution Conservatrice, via d'abord les frères Strasser et Joseph Goebbels. En 1942, sous la férule de ce dernier, jadis chaud partisan d'une alliance germano-soviétique contre l'Occident libéral, la propagande du IIIe Reich s'est réorientée du discours de la Grande Allemagne à celui de la défense et de la construction de l'Europe. De la «guerre d'anéantissement» du judéo-bolchevisme promulguée par Hitler, le conflit s'est mû en «guerre totale» et c'est ce qui impose cette évolution : sur ses 900 000 membres recensés en 1944, la Waffen S.S. est composée pour plus de la moitié de non-Allemands. Le précepte, établi en 1937 par le juriste révolutionnaire-conservateur Carll Schmitt, «Ennemi total, Guerre totale, État total» (chaque terme étant conditionné par le précédent), semble alors être devenu la règle de l'Europe.


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