Auteur : André Salifou
Préface : Omar Bongo Ondimba
Date de saisie : 26/11/2010
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Karthala, Paris, France
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 9782811102029
GENCOD : 9782811102029
Sorti le : 06/10/2010
Au moment où sont célébrés les cinquante ans de l'indépendance des États africains francophones, l'ouvrage d'André Salifou vient à point nommé nous offrir une biographie du leader politique nigérien Diori Hamani. A l'instar de ses pairs, tels Félix Houphouët-Boigny ou Léopold Sedar Senghor, celui-ci compte en effet parmi les leaders politiques qui ont assumé le passage de l'État colonial à l'Indépendance.
Diori Hamani avait connu de près la phase «tardive» de la période coloniale. Dès l'après Seconde Guerre mondiale, il s'engage en politique, puisqu'il est l'un des fondateurs du parti progressiste nigérien, bientôt affilié au Rassemblement démocratique africain (RDA). Le 10 novembre 1946, il est élu à l'Assemblée nationale française où, entre autres, il défendra vigoureusement leur droit à une pension des Africains qui avaient participé aux deux Guerres mondiales.
La République du Niger proclame son indépendance le 3 août 1960. Diori Hamani, qui s'était investi fortement dans cette délicate phase de transition, devient le premier chef de l'État.
Ce livre retrace les grandes lignes de son action. Sur le plan politique, il fallait affirmer et consolider l'avènement d'une jeune nation. Sur les plans économique et social, il fallait relever les défis d'un pays sahélien enclavé et menacé périodiquement par la sécheresse. Diori Hamani révélera aussi une stature de leader international, en particulier dans sa prise de position contre la guerre de sécession du Biafra, et aussi en pilotant l'organisation de la Francophonie, dont il est un père fondateur, enfin diversifiant malgré les réticences de la France, sa politique de coopération internationale.
L'ouvrage d'André Salifou retrace ainsi l'histoire particulière d'une indépendance africaine. Comme les autres, elle fut animée par une grande utopie fondatrice, qui continue à marquer aujourd'hui la vie des nouvelles générations africaines. Dans cette immense aventure, le premier président du Niger a toute sa place, que reconnaissait le général de Gaulle dans le premier tome de ses Mémoires d'espoir : «A l'image de son pays où se joignent le désert et la savane, Diori Hamani sait unir les vues lointaines et le sens pratique dans l'action qu'il mène au-dedans et au-dehors».
Né en 1942 à Zinder, l'historien André Salifou s'est consacré essentiellement à la recherche et à l'enseignement de 1964 à 1991. Il présida la Conférence nationale souveraine du Niger (juillet-novembre 1991) et le Haut Conseil de la République (1991-1993) et il remplit des fonctions ministérielles et parlementaires. Il fait partie depuis 2000 des consultants internationaux qui, au nom d'organisations régionales ou internationales, interviennent comme médiateurs dans des pays en crise. Le professeur André Salifou est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'histoire et à la littérature.
Extrait de la préface
Lorsque le 2 décembre 1967 j'accède à la magistrature suprême du Gabon, le président Diori Hamani est, depuis une dizaine d'années, à la tête de la République du Niger. À cette époque, cet aîné était déjà reconnu par des sages tels que Félix Houphouët-Boigny ou Léopold Sédar Senghor comme un homme d'une grande élévation d'esprit, d'un nationalisme strict, attaché à l'honneur et fidèle à la parole donnée. On le disait ouvert à l'expression des autres, éloigné de tout dogmatisme et incapable de compromission.
Notre première rencontre eut lieu à l'occasion d'une conférence au sommet de l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM). Elle ouvrit entre nous la voie d'une fidélité personnelle qui dépassait l'amitié et même la fraternité.
Quant à Fauteur du présent ouvrage, j'en ai entendu parler pour la première fois en 1991, lorsqu'il présida la Conférence nationale souveraine qui devait rouvrir le Niger au multipartisme et à la démocratie pluraliste. Mais, c'est à Bucarest, à l'occasion du 11e Sommet de l'Organisation internationale de la francophonie, qui s'est tenu les 28 et 29 septembre 2006, que le professeur André Salifou m'a été présenté par M. Ablassé Ouédraogo, ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, qui est alors apparu comme notre ami à tous deux. En me saluant, le professeur Salifou m'a dit spontanément qu'il était - ce sont ses propres mots - «impatient de faire ma connaissance» et qu'il me priait de bien vouloir préfacer l'ouvrage qu'il consacrait à Diori Hamani, premier président de la République du Niger. «J'y tiens beaucoup, Monsieur le Président, me dit-il, car non seulement ce serait pour moi un grand honneur, mais encore vous êtes, parmi les chefs d'Etat africains en fonction à ce jour, le seul qui ait connu Diori Hamani et donc le seul à pouvoir en parler à bon escient».
J'accédai aussitôt à cette requête et, une dizaine de minutes plus tard, l'intéressé me remit un exemplaire de son manuscrit.
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