Auteur : René Belletto
Date de saisie : 03/04/2005
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-84682-067-7
GENCOD : 9782846820677
L'encyclopédie Science de la musique, de Marc Honegger, propose plusieurs définitions du terme «coda», période vive et brillante qui termine un morceau. Voici l'une d'elles : «C'est le plus souvent le premier thème principal qui est repris en guise de coda, arrondissant ainsi l'équilibre de la forme.» En donnant à son roman ce titre musical, René Belletto, fou de classique et de Bach en particulier, se place illico dans la perspective d'une composition rigoureuse avec un thème clairement énoncé que l'on retrouvera en guise de terminaison flamboyante. Facétie de l'auteur, la phrase qui ouvre et qui ferme ce roman troublant ne commence pas à la première ligne de l'histoire. Elle est mise en italique et en exergue, telle une citation : «Je prends le livre de ses jolies mains fines et je regarde.»
Formule magique, cette phrase en apparence banale nous fait entrer dans le monde de l'imaginaire... Maître de son art, Belletto insinue en nous ces doutes qui le taraudent. La vie est un songe, nous souffle-t-il, dans cette écriture digne des contes du XVIIIe siècle, subtilement mâtinée de modernité. Et si la mort était aussi un songe ? Et la vie un éternel retour ? Et si, comme dans le proverbe latin, in cauda venenum, le poison du doute était l'apothéose de cette coda ? A chacun d'élucider le mystère...
Dans ce récit fantastique au titre musical, René Belletto renoue avec ses premières oeuvres comme s'il s'agissait d'un éternel retour et d'une envie de tourner la page. Trente ans après le recueil de nouvelles Le temps mort, il en reprend les thèmes essentiels: le voyage, la mort, le dérapage entre rêve et réalité. Dans Coda, le narrateur devient le livre, se confond avec les mots, entre dans le tableau dès l'attaque: «Je suis celui à qui nous devons tous d'être immortels, et voici l'histoire qui le prouve irréfutablement.» Belletto adore jouer avec les genres littéraires et leurs «codes» : roman fantastique mais aussi récit policier. Il retrouve alors ses auteurs fétiches, de Jean Ray à Charles Dickens, glisse vers le burlesque pour mieux parler d'autodestruction et oser le portrait intime comme dans L'enfer où le narrateur se demandait s'il allait rester prisonnier du livre...
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli