Auteur : Bernard Lecherbonnier
Date de saisie : 21/08/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-226-15862-8
GENCOD : 9782226158628
Chers amis lecteurs,
Je suis heureux de vous adresser quelques mots à l'occasion de la publication de mon livre Pourquoi veulent-ils tuer le français ? chez Albin Michel. Si vous aimez la langue française, si vous pensez qu'elle fait intimement partie de votre identité, de votre culture, de votre personnalité, vous comprendrez, lecture faite, qu'il est grand temps de réagir, chacun dans le champ où il peut intervenir. C'est une coalition déterminée contre la qualité de la langue, contre son enseignement, contre sa diffusion que nous avons à affronter. Tous les domaines menacés sont explorés dans cet ouvrage qui n'exagère en rien la réalité. Bien que sa parution soit fort récente, le 15 mars 2005, j'ai reçu depuis lors un nombre important de témoignages qui confirment, souvent renforcent, parfois aggravent mes analyses. Il est essentiel aujourd'hui que se rassemblent, toutes sensibilités confondues, les esprits libres qui refusent de brader le patrimoine linguistique et littéraire du pays, l'éducation et la recherche, au nom d'on ne sait quels principes d'efficacité extérieurs, universalité exclusive de l'anglais ou globalisation ultra-libérale. L'histoire nous a enseigné le prix de la soumission... L'ennemi : une administration serve, des politiciens capitulards, la trahison des clercs. La question de la langue est trop sérieuse pour être abandonnée aux mains des apprentis sorciers de la politique et de l'économie.
Un livre, un bilan, une alerte, une prise de conscience.
Bernard Lecherbonnier
Pourquoi veulent-ils tuer le français ? Les fonctionnaires pour faire carrière, les hommes d'affaires pour gagner de l'argent, les chercheurs pour gommer leur nationalité, les politiciens par soumission aux prétendues lois du marché. Conspiration hétéroclite, cinquième colonne composée de pédagogues libertaires qui ont programmé le massacre de la grammaire et de la littérature dans l'enseignement, d'ultralibéraux prêts à sacrifier vingt siècles de civilisation sur l'autel du profit immédiat, de régionalistes qui instrumentalisent la question de la langue pour disloquer l'unité nationale, de fédéralistes rêvant d'unifier l'Europe autour du seul anglais.
Le responsable d'un tel gâchis ? Le pouvoir politique qui, depuis 1995, a sacrifié la politique de la langue nationale, patiemment édifiée par ses prédécesseurs, aux impératifs économiques, aux injonctions bruxelloises, aux provocations séparatistes. Les solutions ? Elles existent : il suffit d'appliquer la loi constitutionnelle en France et les conventions internationales hors de France. Mais y a-t-il encore un pilote dans l'avion ?
Bernard Lecherbonnier, professeur à l'université de Paris-XIII, directeur de recherches en études littéraires francophones, brosse un tableau alarmant de la situation avec ce plaidoyer en faveur d'une défense active de la langue française, «langue de la République» selon l'article 2 de la Constitution.
Pratiqué quotidiennement par 110 millions de personnes, le français est au neuvième rang des langues parlées dans le monde. Stable ou en recul parmi trente-cinq pays, la population francophone s'accroît parmi cinquante autres. Qualitativement, estime Bernard Lecherbonnier, la situation se dégrade. Pire encore, pour ce professeur d'Université (Paris-XIII), c'est en France que le français est la plus maltraité. Lecherbonnier déplore le dénigrement du patrimoine littéraire, la mise à sac de l'enseignement, le déclassement du français dans le monde des affaires, des sciences. Depuis une trentaine d'années, le français subirait les assauts d'une «conspiration hétéroclite» et paradoxale, puisqu'elle mobilise des familles ennemies : les libertaires de l'enseignement (planète Bourdieu) et les libéraux des affaires (planète Dow Jones). Sûrs de leur infaillibilité, les premiers démantèlent l'enseignement traditionnel (exigeant, élitiste, donc de classe) au titre de l'égalité des chances. Capables d'un opportunisme à toute épreuve, les seconds refoulent le français, lui préférant l'anglais qui est au langage ce que le dollar est à la monnaie, avec l'enthousiasme dont témoignaient les Européens adoptant autrefois le latin ou le... français...
Ce livre répond à un vif besoin. Il inaugure un nouveau type de dictionnaire aux éditions Le Robert, conçu dans un langage clair, et bon marché.
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