Le petit roman du vin / Passion du livre

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.. Le petit roman du vin

Couverture du livre Le petit roman du vin

Auteur : Christian Millau

Date de saisie : 18/10/2010

Genre : Cuisine, Gastronomie, Vins

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Le petit roman de

Prix : 9.00 €

ISBN : 9782268069807

GENCOD : 9782268069807

Sorti le : 15/09/2010

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Le Petit Roman du vin de Christian Millau initiera les amateurs aux plaisirs des grands vins et ravira les habitués qui voient dans la rencontre autour d'une bonne bouteille un heureux moment de convivialité. Christian Millau évoque des dégustations prestigieuses auxquelles il a pu être convié : Yquem, Lafite, Rothschild 1797, Pétrus... qui réservaient parfois de drôles de surprises. Christian Millau raconte les histoires de vin dont il a été le témoin ou qui lui sont arrivées.

«L'affaire se noua à Paris, dans le haut de la rue de la Montagne Sainte-Geneviève (la "Montagne sacrée "), juste en face de l'École Polytechnique. Il y avait là une épicerie qui faisait commerce des produits les plus communs, tels les sardines en boîte, les limonades et les roudoudous pour enfants sages. [...] Deux détails insolites qui ne cadraient pas du tout avec la modestie des lieux éveillèrent ma curiosité. Tout au fond de la boutique, sur des étagères, un fouillis inextricable de bouteilles laissait deviner des étiquettes où l'on pouvait lire des noms inattendus, tels que Chassagne-Montrachet, Pommard, Chambolle-Musigny, Coteaux du Layon, Chateauneuf-du-Pape, Beaumes-de-Venise, Condrieu...

L 'autre sujet d'étonnement était fourni par la présence, autour d'un gaillard en blouse grise et béret noir dont la bouille ronde et rouge percée de deux petits yeux plissés et sabrée dans le sens de la largeur d'un sourire franchement rigolard, de messieurs qu'on devinait issus des hautes sphères de la société, et non sans raison, car l'un était le général commandant Polytechnique et l'autre le philosophe Gaston Bachelard, dont j'appris qu'il venait là en voisin rafraîchir la trépidation de ses petites cellules grises.

Revenons à l'homme au béret. De son nom Jean-Baptiste Besse, mieux connu dans le quartier sous le vocable de «Père Besse», et propriétaire des lieux.

Devenu à l'instant même mon ami, je ne pus me passer de lui, jusqu'à sa mort, tant c'était une joie de le retrouver chaque semaine dans son jardin de verre extraordinaire. Il fuyait comme la peste la redoutable engeance des oenophiles-connaisseurs-qui-savent-tout et, en revanche, vous invitait dans le cercle de ses amis dès lors qu'on ne la ramenait pas et qu'on la bouclait quand on ne savait pas.

Christian Millau raconte aussi quelques anecdotes savoureuses, comme l'histoire du curé de Saint Emilion qui au confessionnal indiquait à ses ouailles, propriétaires de grands crus : "Six Ave et une caisse". Dans Le Petit Roman du vin, il aborde pour commencer la vieille querelle : bordeaux ou bourgogne ? et conclut qu'avec l'âge, «... un peu lassé des grands noms francs et des armoiries, je me convertirai à nos obscurs du Languedoc, d'Auvergne, de la Loire, de la Corse ou du Pays Basque. Nos oubliés, nos modestes, nos incompris, nos francs-tireurs et nos anars, qui se fichent pas mal de ne pas appartenir à la nomenklatura des AOC, pourvu qu'ils fassent glisser le bonheur au fond du gosier.»

L'AUTEUR

Christian Millau est le co-fondateur des guides Gault-Millau célèbres dans le monde entier. Grand reporter, critique littéraire, chroniqueur judiciaire, mémorialiste, gastronome, satiriste, romancier, c'est un écrivain éclectique dont le talent est chaleureusement reconnu par la critique et le public. Parmi ses parutions les plus récentes : Au Galop des hussards aux Editions de Fallois (Grand Prix de l'Académie Française de la Biographie et Prix Joseph Kessel), Bon baisers du goulag (Plon), Dieu est-il gascon ? (Le Rocher), Le Dictionnaire amoureux de la Gastronomie (Plon), Le Passant de Vienne - Un certain Adolf, paru le 02 avril aux Editions du Rocher.





  • La revue de presse Marianne Payot - Lire, octobre 22010

Dans un style que devraient jalouser nombre de ses homologues, Christian Millau signe d'étonnants portraits...
Iconoclaste en diable, délicieux guide (ses histoires du château d'Yquem et de la Romanée-Conti sont des bijoux), le Millau 2010 se déguste à température.



  • Les premières lignes

LA CAVE MAGIQUE DE LA MONTAGNE SACRÉE

Je suis venu à l'amour du vin en prenant la direction opposée à la tradition française.
Quand je me suis trouvé en âge de boire du vin d'une manière sérieuse, autrement qu'en trempant les lèvres, le dimanche, à la table familiale, dans un fond de verre, sous le regard attendri de papa et de maman, les Français étaient divisés en deux camps gaulois. Comme il y avait les «Citroën» et les «Peugeot» (bizarrement, Renault était exclu de la lutte fratricide), on se devait d'être «bordeaux» ou «bourgogne». Celui qui aurait proclamé son adhésion aux deux partis aurait été immédiatement exclu de la communauté nationale.
Le plus souvent, les jeunes palais immatures dans mon genre regagnaient spontanément les rangs des Bourguignons, tant il était admis que le jus de leur raisin était «flatteur», «charmeur», pour tout dire, plaisamment «facile» et cordialement «paysan», alors que les gens d'en face, descendus des tours crénelées de leurs forteresses, s'employaient noblement à produire des breuvages aristocratiques dont l'austérité et la complexité ne pouvaient convenir qu'à des âmes fortes et des palais particulièrement aiguisés.
Le Créateur m'ayant doté d'une nature rebelle, je pris aussitôt le parti inverse. Plutôt que de me laisser séduire par les sirènes de la Côte de Nuits, je m'engageai résolument sur la voie rude et embrouillée qui conduisait jusqu'aux quelque quatre mille châteaux de l'Aquitaine ex-anglaise. Pendant des années, je pris donc plaisir à tailler ma route entre Saint-Estèphe et Margaux, Graves et Saint-Émilion, Pomerol et Sauternais. Une façon de parler car mes moyens de l'époque me forçaient plus souvent à tirer la langue sur les sentiers moins prestigieux de l'entre-deux-mers et des bordeaux appellation simple. Il faut remarquer qu'à l'époque, s'il était permis de loucher vers les pays de Loire et quelques enclaves fréquentables de la Vallée du
Rhône, tout le reste était balayé au vent du mépris. L'idée qu'en dehors du chianti il eût pu y avoir de bons vins dans d'autres pays que le nôtre était proprement inenvisageable. Pour ces gens-là, l'eau, la bière, le yaourt liquide et des breuvages à base de nitroglycérine satisfaisaient amplement leurs besoins primitifs.


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