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La Justification

Couverture du livre La Justification

Auteur : Dmitry Bykov

Traducteur : Galia Ackerman et Paul Lequesne

Date de saisie : 18/03/2005

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Denoël et d'ailleurs

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-207-25391-5

GENCOD : 9782207253915

en vente sur logo Alapage.com


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 17 mars 2005

A Moscou, beaucoup d'intellectuels n'apprécient guère Dmitri Bykov. Enorme, barbu, provocateur, le morse aiguise ses défenses à l'aide d'articles méchants et drôles dans son hebdomadaire, Sobessednik («Interlocuteur»). Il s'y moque des écrivains en place, du stalinisme rampant, du fantasme polymorphe nationaliste de la «russité». «Il met le feu au champ et regarde comment ça brûle», persifle un auteur qu'il a traité de médiocre. Tant d'ennemis semblent réjouir ce citron joyeux... L'histoire se déroule en trois époques : 1938, 1948, aujourd'hui. Il est d'abord question de quelques hommes arrêtés, torturés et exécutés comme tant d'autres sans raison précise, au moment des grandes purges de 1938-39. Parmi eux, l'écrivain Isaac Babel et le grand-père du personnage central, le jeune historien Rogov. Résistant à la torture, ils n'auraient jamais avoué. Le Léviathan stalinien aurait alors décidé de les envoyer dans un camp d'entraînement spécial en Sibérie, près d'un village nommé Tchistoïé (pur), pour en faire une élite guerrière. Ils auraient ensuite effectué des missions de commandos contre les Allemands. Le pouvoir les aurait rendus à la vie civile, en 1948, mais sous de nouvelles identités, réduits à l'état de fantômes meurtriers sans illusions ni rêves... En Russie, plusieurs critiques ont vu en ce livre un éloge du stalinisme. C'est le contraire : une réflexion en action romanesque sur la manière dont cinquante ans d'horreurs arbitraires continuent de plomber la mémoire des Russes. Au passage, Bykov décrit à merveille la nature, la solitude et la plénitude qu'un homme peut y éprouver. Une tendresse ironique se dépose sur tout, comme une rosée sur la rouille de l'empire. Il n'y a pas de justification, mais il y a des écrivains comme cet homme, âgé de 37 ans, pour s'approprier l'histoire en souriant, en pleurant froid, et imaginer quel est ce monde qui lui survit...


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