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La saga des Sturlungar

Couverture du livre La saga des Sturlungar

Auteur : Anonyme

Traducteur : Régis Boyer

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belles lettres, Paris, France

Collection : Classiques du Nord

Prix : 40.00 € / 262.38 F

ISBN : 978-2-251-07106-0

GENCOD : 9782251071060

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  • La dédicace de l'auteur

Voici quarante ans que je consacre mes activités (notamment de professeur à Paris-IV Sorbonne dont je suis devenu émérite depuis trois ans) à la diffusion et la vulgarisation de la culture et de la civilisation islandaises, qui n'ont simplement pas d'équivalentes au Moyen Age, en Europe, entre Xe et XIVe siècles. Or les sagas, que j'aurai eu le bonheur de faire connaître en France, sont le fleuron de cette prodigieuses littérature. Elles se répartissent en diverses catégories que j'ai systématiquement divulguées (notamment dans un ouvrage publié par la Pléiade) dont celle des sagas dites de contemporains ainsi appelées parce qu'elles ont été rédigées par des hommes que, chose exceptionnelle, nous connaissons et qu'elles s'intéressent à l'histoire locale dont elles font en quelque sorte la chronique. Ont été réunis de la sorte une douzaine de ces textes, de toutes longueurs, qui rapportent l'inexorable chute de l'Islande en raison des luttes intestines et des rivalités inexpiables qui la déchirèrent, elle qui avait su maintenir un équilibre admirable presque quatre siècles durant, bien que sans roi ni chef ni armée ni milice, uniquement en maintenant un jeu subtil jeu entre quelques grandes familles. Mais en 1264, c'en sera fini, le roi de Norvège s'appropriera l'île et ce, pour six siècles ! La Saga des Sturlungar est à la fois une sorte de traité de politologie, un manuel de philosophie très humaine, et c'est aussi une saga inimitable avec le fameux style maintenant bien connu. On n'oublie pas les péripéties, les personnages hauts en couleur et cette atmosphère fatidique tellement caractéristique. Ce sont tous ces traits qui m'ont poussé à traduire et publier ce texte admirable, long et touffu, assurément, mais sans le moindre doute l'un des plus beaux qu'ait enfantés l'Islande.

Régis Boyer, traducteur de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

La Saga des Sturlungar est le fleuron des sagas islandaises dites de contemporains parce qu'elles relatent les heurs et malheurs des Islandais aux XIIe et XIIIe siècles, selon les témoignages de contemporains, ce qui fait, première originalité, qu'exceptionnellement, nous connaissons certains de leurs auteurs.
La Saga des Sturlungar rapporte, en une quinzaine de textes de très inégales longueurs, de quelle façon l'Islande médiévale, qui était parvenue à mettre au point un type de société, d'administration et de gouvernement sans équivalents ailleurs, a, peu à peu, perdu l'équilibre et la sérénité qui faisaient sa force, pour finalement se laisser détruire par des luttes intestines et passer sous la coupe du roi de Norvège, en 1264, perdant ainsi et pour presque sept siècles, son indépendance.
C'est à la fois une sorte de traité de politologie, une amère méditation de type existentiel, une leçon de philosophie - et c'est aussi une saga inimitable avec ce fameux style, ces règles de composition qui font la fortune du genre, de même que l'étonnante galerie de personnages, de décors et de péripéties émouvantes ou tragiques.

Il s'agit sans conteste d'un des plus grands textes que l'Islande médiévale (et l'on peut bien ajouter : le Moyen Âge européen) ait engendrés.

Traduction de l'islandais et présentation par Régis Boyer, professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) de l'Université de Paris IV-Sorbonne et directeur de la collection «Classiques du Nord».





  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 12 mai 2005

... Faut-il être fanatique pour s'attaquer à pareil morceau littéraire, songe-t-on en soupesant sa dernière publication. Ce volume de la collection Classiques du Nord (créée par lui aux éditions des Belles Lettres) est la traduction française de la Sturlunga Saga, ouvrage majeur de la littérature médiévale islandaise à laquelle Régis Boyer consacra sa thèse, achevée en 1970. Un texte colossal, près de huit cents pages. Il lui aura donc fallu trente-cinq ans pour convaincre un éditeur de le mettre à la disposition du public français ! Entre-temps, cet infatigable chercheur a publié près de cent cinquante ouvrages du même acabit, traductions et textes originaux, tournant tous autour du sujet scandinave... Pourtant, rien ne prédestinait Régis Boyer, jeune agrégé de lettres, diplômé également en philosophie et en anglais - il adore passer des concours - parlant l'allemand et le polonais, à épouser la cause nordique. Lui-même ne «sait toujours pas précisément pourquoi» il a «choisi cette voie» ! Un enchaînement de hasards préside souvent au choix d'un métier, observe quelque part Pascal, à qui Boyer consacra un livre en suédois. Le hasard a bon dos. C'était ni plus ni moins son destin, «la seule puissance occulte» à laquelle il «croit foncièrement», et, coïncidence ? Une des notions fondamentales de la vision du monde des Vikings... Par un premier clin d'oeil du ciel, la saga d'Eric le Rouge lui tombe entre les mains dans une bibliothèque, à Nancy, en 1953. Il a 21 ans. Ce fut un «éblouissement», «cette image de l'homme, dressé devant son destin»... Le style «rapide, économe, réaliste», sans lyrisme ni pathos, cet art de raconter qui fait le génie scandinave, ce «quelque chose» d'irréductible à la mentalité latine, séduisent d'emblée cet homme qui ne se paye pas de mots, comme il va bientôt le montrer. Car son heure scandinave n'est pas encore venue. Le voilà contraint d'aller guerroyer en Algérie... il décide à son retour qu'il «ne remettra jamais plus les pieds en France»....

Au bureau des affectations, le jeune homme demande le Nord. Mais le ciel écrit droit avec des lignes courbes, c'est bien connu. Le voilà donc lecteur de français dans une ville ouvrière de Pologne...

Muté à Reykjavik où il séjournera deux ans, mais dont il ne reviendra jamais tout à fait, Boyer renoue avec le fil de sa destinée. Il faut l'entendre parler de cet «incroyable lumière qui abolit le réel», de ce peuple, mi-celte, mi-scandinave, qui au Moyen Age n'excéda jamais 35 000 âmes et pourtant créa une littérature, qui «bat tous les records de ce que l'Occident a pu faire, au point qu'il faut imaginer ces hommes et ces femmes en train de gratter du parchemin à longueur de journée».... A la Sorbonne, il entraîne dans son sillage une «bouffée d'air fantastique». Maintenant que sa voie est tracée, Régis Boyer n'a de cesse de créer un cursus complet d'études scandinaves, de multiplier les publications, de participer à toutes sortes de groupes de recherches, avec un plaisir et une «rage d'enseigner» qui sort de l'ordinaire. Son livre d'entretiens, Au nom du Viking (Les Belles Lettres), donne une juste idée de sa faconde qui ne dédaigne ni l'outrance ni les prises de position ; mais qui manifeste aussi la délicatesse et l'humilité du savant, n'affirmant jamais rien dont on ne soit certain...

«Ma vie fut un conte», affirme-t-il, mais un conte dont on n'a pas le dernier mot. La Pléiade d'Ibsen est en chantier. Celle de Kierkegaard est déjà programmée.


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