Auteur : Jacqueline de Romilly
Date de saisie : 17/03/2005
Genre : Histoire
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-87706-556-6
GENCOD : 9782877065566
La démocratie a été inventée, analysée et louée par les Athéniens du Ve siècle avant J.-C. C'était une forme de démocratie particulière : une démocratie directe, dans laquelle chaque citoyen avait la possibilité de participer à toutes les décisions importantes, de façon souveraine. Or ce même Ve siècle est celui où l'on voit apparaître un surgissement sans pareil d'oeuvres et de découvertes dans le domaine intellectuel et culturel. Le dernier livre de Jacqueline de Romilly entreprend d'établir un rapport étroit entre l'exercice nouveau de la démocratie et ce soudain épanouissement, qui en fut le prolongement. A la différence de ses livres précédents, Jacqueline de Romilly a largement orienté cet essai vers les problèmes d'aujourd'hui. L'expérience athénienne reste unique, mais la leçon qui se dégage de cette expérience ancienne permet de ranimer l'élan qui a donné d'aussi beaux résultats. Le passé peut ici inspirer l'avenir.
... Jacqueline de Romilly n'a jamais cessé de défendre la valeur de la civilisation athénienne, l'intérêt de la langue grecque et de son enseignement, dans un siècle marqué par la rupture des voies de communication avec le passé. Ses plaidoyers sont constants, publics, assurés.
C'est la faute à Thucydide, que Jacqueline de Romilly a rencontré aux alentours de ses 20 ans et qu'elle n'a jamais quitté depuis. L'auteur de L'Histoire de la guerre du Péloponnèse fut le compagnon fidèle de sa vie.
«Un compagnon plutôt austère ! Mais si lucide, si raisonnable ! Il s'est trouvé que ma mère, qui s'occupait merveilleusement de moi, m'a acheté sur les quais, une année après le bachot, un Thucydide en grec et en latin parce qu'elle avait trouvé le livre très joli. Et moi, bonne élève, je l'ai emporté en vacances, à Combourg. Je me revois très bien le lisant, pour m'exercer, dans un grand pré, au soleil. Les récits de Thucydide m'ont éblouie. Le problème, c'est que je ne l'ai plus jamais quitté. Je ne savais pas que c'était pour la vie... Son propos est plus actuel que jamais puisque l'ambition de son dernier livre est d'orienter les leçons tirées du passé vers les problèmes d'aujourd'hui... Il est évident qu'Athènes ne fut pas démocrate au sens moderne du terme. Il est sûr également que la plus grande prospérité de la «démocratie» athénienne correspondit à des périodes de despotisme éclairé et de règne personnel où les flatteurs pouvaient parler mais n'étaient guère écoutés. Certain, enfin, que Socrate, le plus grand Athénien de la période, méprisait la démocratie, cette «dictature de l'ignorance», sans pour autant être l'homme des oligarques.
Le propos de Jacqueline de Romilly est subtil et, pour tout dire, déconcertant. En partant à la recherche de l' «élan» démocratique dans l'Athènes ancienne, elle n'entend pas réexposer la chronologie établie de l'invention de la démocratie au Ve siècle avant notre ère. Sa réflexion est d'un autre ordre. Jacqueline de Romilly suggère que ce «moment» démocratique athénien correspond à une transformation profonde de l'esprit humain dont l'exemplarité a un caractère universel. Autrement dit, si la démocratie athénienne ne saurait être un modèle institutionnel, l'«élan» qui l'a portée et l'esprit qui l'a habitée constituent une mutation décisive de notre humanité et, in secula seculorum, son bien le plus précieux...
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