Raymond Devos, l'enfer du décor / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Raymond Devos, l'enfer du décor

Couverture du livre Raymond Devos, l'enfer du décor

Auteur : Samantha Lemonnier

Date de saisie : 16/05/2010

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Alphée-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France

Collection : Document

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782753805798

GENCOD : 9782753805798

Sorti le : 07/05/2010

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Tout le monde connaît Raymond Devos, le célèbre clown qui poussait la logique jusqu'à l'absurde. On connaît moins l'envers du décor, ou plutôt l'enfer : Samantha Lemonnier, qui fut sa plus proche compagne, révèle son enfance douloureuse avec ses parents ruinés, sa difficile ascension dans le monde du music-hall et, la gloire venue, le calvaire qu'il a vécu sous l'emprise insidieuse d'un secrétaire très particulier, qui n'a eu de cesse de le plier à ses désirs, de détourner sa fortune et de le harceler.

L'auteur s'est battue pour sortir l'homme qu'elle aimait des griffes de sa redoutable éminence grise. Un procès est d'ailleurs en cours. Pour la première fois, elle lève le voile sur les coulisses tragiques de la vie de Raymond Devos, de ce drame qui a miné durant 30 ans - et précipité sa fin - le plus célèbre des humoristes français.

Samantha Lemonnier est née en 1950. Elle est l'auteur de pièces de théâtre. Son parcours se confond avec celui de Raymond Devos, dont elle a partagé l'intimité, le rire et les secrets.





  • Les premières lignes

Mon grand copain

Ma tante Georgeline était un personnage. Descendante fortunée d'une grande maison de Champagne, près d'Épernay, elle habitait avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris, un magnifique appartement où elle recevait des personnalités de tous bords, écrivains, peintres, intellectuels, musiciens, et tout ce que les années cinquante comptaient de gens du spectacle et de la mode. A ses dîners se côtoyaient Duke Ellington, Erroll Garner, Sacha Guitry et toute une flopée de chanteurs et d'humoristes en herbe. Très éclectique dans ses goûts, cette passionnée de jazz - elle jouait du piano -, promenait sa culture et son élégance dans la plupart des capitales européennes, mi-femme du monde, mi-mécène, toujours coiffée de chapeaux dernier cri. Elle ressemblait à s'y méprendre à Coco Chanel, dont elle était proche.
Deux à trois fois par semaine, elle réunissait ses amis et connaissances autour de la grande table en acajou de son salon. Je venais souvent passer mes vacances avenue Foch.
Je quittais alors Berck-sur-Mer - on disait alors Berck-Plage -, à quatre-vingts kilomètres de Calais, où je vivais avec mes parents, et je «descendais» à Paris. L'époque était à la bohème. Les invités de tante Line étaient le plus souvent, comme on ne les appelait pas encore, des «bobos». Ils arrivaient à n'importe quelle heure, sans nul souci de ponctualité mais, eu égard aux bonnes manières de ma tante, toujours tirée à quatre épingles, impeccablement vêtus. Chez elle, la grossièreté était proscrite. Si je prononçais le mot de Cambronne, elle se montrait «very shocking» et m'envoyait me laver les dents.
Une fin d'après-midi de juillet 1956, elle m'annonce :
- Ce soir, nous avons un invité de marque. Tonton Isa vient te voir avec Francis. Il y aura d'autres convives. J'espère que Francis va bien se tenir. Et toi aussi !
Tonton Isa, c'était Pierre Dac, de son vrai nom André Isaac. Ma tante redoutait les saillies de ce farceur invétéré, encore qu'elle admirât la verve et la drôlerie de ce bonhomme jovial à la faconde intarissable. Quant à Francis, ce n'est autre que Francis Blanche, qui multipliait déjà les farces et attrapes en tout genre.


Copyright : Studio 108 2004-2019 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli