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L'imprévu

Couverture du livre L'imprévu

Auteur : Christian Oster

Date de saisie : 12/03/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-7073-1898-5

GENCOD : 9782707318985

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  • La présentation de l'éditeur

Nous roulions vers l'île où Philippe fêtait son cinquantième anniversaire quand Laure se mit à éternuer. C'était son premier rhume. C'était la première fois aussi qu'elle me priait, quand nous eûmes pris une chambre d'hôtel, de la laisser seule. Puis, le lendemain, de poursuivre le voyage sans elle. Sans voiture, également. Toutes choses que je n'avais pas envisagées mais qui m'amenèrent bientôt, le pouce levé, au bord de la nationale.





  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération du 16 juin 2005

Une des rares choses que l'on sache du narrateur, c'est qu'il ne s'appelle pas Serge. Et encore, il aura fallu qu'une situation imprévue le force à se nommer. Va pour Serge. Et encore, on ne s'y attendait pas lorsque, à la page 78, sur sollicitation comme on dit dans les procès-verbaux, il lâche ce prénom d'emprunt qui lui va comme le sien qu'on a bien failli connaître si le livre avait duré une ou deux lignes de plus, puisqu'à la dernière phrase, une femme, médecin à l'île de Braz, lui dit : «Je voudrais savoir comment vous vous appelez», suivent six pages de blanc et la quatrième de couverture. Le lecteur n'est pas déçu, il vient de lire une histoire désabusée et prenante qui finit là comme elle avait commencé après que le titre l'avait prévenu, l'Imprévu, que tout pouvait arriver mais qu'il ne fallait s'attendre à rien, confirmé à la page 52 par l'expression «sauf aux imprévus», à propos d'un autre docteur, mais c'est une autre histoire. Sauf qu'elle, la doctoresse de l'île de Braz, elle ne pouvait pas savoir que notre homme ne s'appelait pas Serge...

«Les femmes, à mon contact, tombent malades. Elles s'enrhument. Elles éternuent. Il arrive aussi que leur gorge soit prise. Pour elles, c'est la première fois. Leur bonne santé me précède. C'est ma faute. Le rhume ne me quitte pas. A force, elles l'attrapent. Une fois guéries, ce sont elles qui me quittent. Je reste avec mon rhume à moi. Ça occupe. (...) Le gros rhume noie bien le chagrin. Il le dilue. Laure était avec moi lorsque, pour la première fois de sa vie, elle éternua.» Donc, cette fois c'est Laure... Le lecteur qui, lui, a lu le début, sait qu'un amour est en danger... Page 119 : «Je m'ennuyais. C'était inespéré. Je n'avais jamais imaginé l'ennui comme une distraction.» Voilà le véritable imprévu et le vrai talent d'Oster, nous dire avec force détails et décomposition de mouvements (voire de postures immobiles) l'irresponsabilité de vivre. A la fin, il n'arrive presque rien. C'était à prévoir.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 6 avril 2005

Il est vraiment drôle, Christian Oster. Il raconte des histoires d'une futilité effrayante et nous tient - presque en haleine... L'Imprévu, deux cent cinquante pages de petits tracas - une scène de ménage, un gâteau bizarre, des gens trop gentils, une glissade, un téléphone portable muet, etc... Lire Christian Oster, c'est suivre tranquillement le narrateur, un type falot à l'image de son époque, et surtout se laisser porter par l'écriture, une espèce de grâce auréolée d'espièglerie...


  • La revue de presse Daniel Rondeau - L'Express du 21 mars 2005

Un homme qui fête son 50e anniversaire sur une île bretonne, un couple de ses amis qui part en voiture pour participer à la soirée, une femme très enrhumée, Laure, une halte improvisée dans un hôtel vide, une séparation, apparemment due à la fièvre, un peu d'auto-stop: Christian Oster est un romancier qui a l'habitude de nouer ses récits sur la trame de la banalité ordinaire. L'étroitesse et la grisaille des jours servent de fond de décor à la plupart de ses romans.

L'auteur n'a pas changé de moule pour L'Imprévu, qui raconte en mode mineur, dans un style rassurant, presque bégayant parfois, une histoire de gens comme les autres, traversés par des sentiments frustes, à peine exprimés. Pourtant, encore une fois, Oster fait exister un univers où les activités humaines sont souvent marquées du double sceau de l'absurde et de l'anonymat... Christian Oster est un excellent observateur. Il décrit ce qu'il voit par le menu, sans se priver de sourire. On peut supposer qu'il éprouve un peu de tendresse pour ces gens encombrés par le doute et par une forme douce d'indifférence... La fin de L'Imprévu s'inscrit dans ce balancement intérieur qui fait le mouvement du livre. Personne ne sait qui gagnera, au bout du compte, de l'amour ou de la mort.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 10 mars 2005

Voici un roman d'une parfaite, savante et parfois hilarante tristesse. C'est un sentiment où excelle Christian Oster, ce comptable hivernal des ruptures amoureuses, ce topographe mélancolique des nuisances domestiques, ce metteur en scène maniaque des soucis ordinaires... Son terrain d'action, où il se rend dans des voitures rouillées et qu'il n'en finit pas de fouiller, est très limité. Christian Oster appartient à la race des écrivains foreurs... Dans «l'Imprévu», le narrateur (qui semble toujours prolonger le même mal de vivre de roman en roman) est affligé d'une rhinite chronique. Il s'exprime par éternuements. On ne résiste pas au plaisir de citer, d'une voix nasillarde, les premières phrases du livre, un modèle d'humour ostérien : «Les femmes, à mon contact, tombent malades. Elles s'enrhument [...]. Pour elles, c'est la première fois. Leur bonne santé me précède. C'est ma faute. Le rhume ne me quitte pas. A force, elles l'attrapent. Une fois guéries, ce sont elles qui me quittent. Je reste avec mon rhume à moi.» C'est bien ce qui va se passer... La manière dont Christian Oster détaille les épuisantes obsessions de son héros à la triste figure est si méticuleuse, si méthodique qu'on a vraiment l'impression d'être dans sa peau, de partager ses déboires et d'errer sans but sous le ciel gris d'une France sinistre. Evidemment, plus la situation est pathétique (la progression de nuit vers le lit d'une femme dans une maison inconnue ou la recherche d'une boutique de téléphonie mobile au Plessis-Saint-Georges), plus elle est drôle. Et plus elle est drôle, plus elle serre le coeur. Car cette émotion, qu'Oster s'obstine à contourner, saisit le lecteur sans prévenir. Comme un rhume des foins. Préparez vos mouchoirs.


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