Auteur : Isabelle Cannoodt en collaboration | David Lepoutre
Date de saisie : 11/03/2005
Genre : Sociologie, Société
Editeur : O. Jacob, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-7381-1271-2
GENCOD : 9782738112712
Des familles populaires immigrées, on ignore souvent tout de leur rapport au passé. Cela n'empêche pas, tout aussi souvent, de croire que les jeunes qui en sont issus sont sans racines et sans repères ; une partie de leurs difficultés et des problèmes qu'ils posent à la société française en résulterait. Que disent donc ces jeunes sur leur famille et leur passé quand on les interroge ? Qu'écrivent-ils sur leur histoire familiale si on le leur demande ? Quelles photographies, quelles images, quelles archives sont-ils en mesure de fournir ? S'appuyant sur les données recueillies pendant quatre années dans un collège de banlieue parisienne, David Lepoutre analyse le rapport au passé familial en fonction des contextes historiques de migration, des appartenances sociales et des origines culturelles. Une contribution exceptionnelle pour comprendre ce qu'est, et surtout ce que n'est pas, la mémoire familiale dans des catégories de population qui échappent habituellement à ce type d'enquête.
Sommaire :
° MEMOIRE SUR COMMANDE
° Une relation de recherche
° L'autobiographie de ceux qui n'écrivent pas
° MEMOIRE EN ABIME
° Le passé aux oubliettes
° La migration sous silence
° Une mémoire illégitime ?
° MEMOIRE EN HERITAGE
° Le rapport aux lieux d'origine
° Variations généalogiques
° Les images de familles
° MEMOIRE EN ACTION
° La dynamique des souvenirs
° Les interactions mémorielles
° Qu'est-ce que la mémoire familiale ?
Maître de conférences en sociologie à l'université d'Amiens, David Lepoutre a enseigné l'histoire-géographie à La Courneuve pendant dix ans. Il est l'auteur de Coeur de banlieue. Professeur agrégée de lettres, Isabelle Cannoodt a enseigné pendant dix ans à La Courneuve, puis à Paris.
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... Souvenirs de familles immigrées est un ouvrage rare dans le panorama actuel des sciences humaines. D'abord, parce qu'il sollicite la mémoire de ceux qui du passé ont souvent fait table rase, alors qu'on questionne d'habitude les membres des classes nanties apparemment plus portés à hériter et à transmettre. Ensuite, parce qu'il affiche paradoxalement comme une réussite un certain échec de la recherche elle-même en ce qu'elle a mis en évidence, entre autres, la naïveté du projet initial. Enfin, parce que le dispositif d'enquête prend à contre-pied le cheminement traditionnel, partant d'une «action pédagogique» dans un collège de La Courneuve, en banlieue parisienne, pour aboutir à un ouvrage qui répond parfaitement aux critères de scientificité du travail de terrain. L'équilibre est précaire entre enseignement et production de connaissances, entre écriture savante et récit familial, et fait toute la valeur de ces Souvenirs. Mais c'est David Lepoutre lui-même qui, à l'image de son livre, étonne et parfois détonne : il n'est jamais scolaire, ni dans son autocritique sans concessions de certains de ses choix de chercheur, ni dans sa critique farouche de la sociologie de la mémoire familiale qui a pignon sur rue en France, dont il montre l'évanescence quand elle quitte son milieu de prédilection, à savoir la bourgeoisie plus ou moins aisée, d'où, dit-il, elle est sortie et à laquelle elle est destinée...
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