Auteur : Alain Braconnier | Bernard Golse
Date de saisie : 14/04/2010
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Erès, Toulouse, France
Collection : Le carnet psy
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 9782749211992
GENCOD : 9782749211992
Sorti le : 05/04/2010
Le mal de vivre inhérent à l'histoire de l'humanité peut-il toucher l'être humain dès ses premiers moments ? Pourquoi la tristesse représente-t-elle un des sentiments les plus douloureux à l'adolescence ? Qu'il s'agisse du bébé ou de l'adolescent, le psychisme aurait-il besoin d'une certaine dose d'angoisse devant l'incompréhensible pour se révolter et donner sens à la vie ? Les modalités de la position dépressive et des dépressions primitives du bébé annoncent-elles un certain break-down de l'adolescence ? La mélancolie serait-elle paradoxalement indispensable au désir de vivre, à l'acceptation d'être soi ? Les auteurs parcourent ces diverses questions, afin de tenter de mieux comprendre et de mieux aider les bébés ou les adolescents, en s'appuyant sur l'observation, l'écoute et la parole.
Chef de service de la consultation pour adolescents du Centre Philippe-Paumelle (Paris), Alain Braconnier est médecin, psychiatre, et psychanalyste.
Bernard Golse est professeur de psychiatrie infantile à Paris, psychanalyste, chef de service à l'hôpital Necker.
Avec la participation de : Jacques André, François Ansermet, Monique Bydlowski, Catherine Chabert, Maurice Corcos, Bertrand Cramer, Roland Gori, André Green, Didier Houzel, Vassilis Kapsambelis, Sylvain Missonnier, Francisco Palacio Espasa, René Roussillon, Daniel Widlöcher, Gianna Williams
Stupeur et figures dans la dépression
Daniel Widlöcher
En guise d'introduction, je propose de reprendre la lecture de certaines pages de l'article de Freud de 1914, «Deuil et mélancolie». Il s'agit ici de revenir non pas sur l'essentiel de la démonstration que fait Freud mais sur quelques questions laissées par lui en suspens, et ce de manière très explicite, et que nous retrouvons aujourd'hui dans notre pratique. Je souhaiterai en soulever trois : la place du somatique, l'objet du fantasme mélancolique et la question de la guérison.
La place du somatique
Une remarque, presque incidente dans «Deuil et mélancolie», pose l'existence d'un facteur général qui pourrait jouer un rôle dans certains états mélancoliques : «Le complexe mélancolique se comporte comme une blessure ouverte, attire de tous côtés vers lui des énergies d'investissement [...] et vide le moi jusqu'à l'appauvrissement total [...]. Un facteur vraisemblablement somatique, non élucidable par la psychogenèse, se manifeste dans la sédation régulière de l'état dans la soirée. À ces considérations se rattache la question de savoir si une perte de moi, sans que l'objet entre en ligne de compte (atteinte du moi purement narcissique), ne suffit pas à engendrer le tableau de la mélancolie, et si un appauvrissement directement toxique en libido du moi ne peut pas produire certaines formes de l'affection.» Quelques années plus tard, dans Inhibition, symptôme et angoisse, le principe d'une inhibition globale est également retenu et son rôle dans la mélancolie précisé : «Les inhibitions plus générales du moi suivent un autre mécanisme qui est simple. Lorsque le moi est impliqué dans une tâche psychique d'une difficulté particulière, comme un deuil, une énorme répression d'affect, l'obligation de venir en sujétion des fantaisies sexuelles qui remontent constamment, il connaît un tel appauvrissement de l'énergie disponible pour lui qu'il est obligé de restreindre sa dépense en beaucoup d'endroits à la fois, comme un spéculateur qui a immobilisé ses fonds dans ses entreprises.
Copyright : Studio 108 2004-2012 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli