Auteur : Didier Decoin
Date de saisie : 01/04/2005
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : NIL, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84111-249-4
GENCOD : 9782841112494
«J'ai fait ce livre pour dire que je n'habite pas une maison mais que je suis habité par elle...»
Lorsqu'il était enfant, Didier Decoin a passé des vacances dans la Hague, au Nord du Cotentin. Il est tombé amoureux de cette région et a passé des années à y rechercher une maison. Il nous raconte joliment ses mésaventures immobilières, les péripéties inévitables liées aux travaux, les tempêtes, son jardin, les petits bonheurs du voisinage et des nourritures terrestres qu'offre ce pays normand battu par la mer et le vent.
«D'une certaine façon, ce livre est traduit d'un autre livre - de granit celui-là, où depuis vingt-cinq ans je grave quelques unes des plus belles pages de l'histoire de ma vie.» Pour un écrivain, parler d'une maison que l'on aime, c'est une autre façon de parler de soi... Le Combourg de Chateaubriand, la Treille Muscate de Colette, le Malagar de Mauriac, le Manosque de Giono ou les Charmettes de Rousseau appartiennent autant à la biographie de ces auteurs qu'à leurs oeuvres. Ici, Didier Decoin nous offre de très belles pages autobiographiques où se retrouvent, mêlés aux souvenirs d'enfance et aux évocations de sa famille, la tendresse, l'humour et l'émotion.
Didier Decoin est l'auteur de nombreux livres dont : «John l'enfer» (prix Goncourt 1977), «La Femme du Titanic», «Les Trois Vies de Babe Ozouf». Secrétaire général de l'Académie Goncourt, il est aussi scénariste pour des films et des grandes séries télévisée comme «Le Comte de Monte-Cristo» ou «Napoléon».
Certains rêvent d'Acapulco ou d'Assouan. Didier Decoin, lui, voulait une villégiature à la Hague, capitale du Cotentin et déchetterie nucléaire. On voit par là que ce romancier est un original. Au cap austère battu par la Manche - «une gigantesque marmite de vomi en ébullition» - et des vents force 10, il trouve d'incomparables vertus exotiques. Avec une allégresse contagieuse, il raconte comment, après bien des déboires, il a acheté, avec l'argent de son prix Goncourt, une maisonnette bancroche, plutôt laide, sise dans ce hameau de la Roche où Truffaut tourna «les Deux Anglaises et le continent»... cette cocasse biographie d'une maison est d'abord l'émouvante autobiographie d'un écrivain...
Ecrit en dilettante, un peu comme on échange des souvenirs entre amis, ce récit a pour unique objet la résidence secondaire. Acquisition et aménagement. Une histoire rebattue dont Didier Decoin s'empare avec bonheur. Il relate un périple semé d'embûches, dépasse les clichés habituels et, en bon chrétien, fait de la rencontre avec l'autochtone une suprême récompense... Ils la trouveront enfin, cette maison avec vue sur la mer, «grisâtre et maigrichonne». Ils la feront leur à grands frais et gros travaux. C'est alors que commence la phase d'enracinement. Ils se glissent dans le paysage, développent les relations de voisinage avec toute la discrétion requise. Decoin, qui espère accéder à un «statut intermédiaire entre celui (inaccessible) d'enfant du pays et celui (infamant) de horsain», d'étranger, puise son inspiration sur cette terre...
... «Avec vue sur la mer» (titre on ne peut plus «bateau», à la limite de «Sam Suffit») est un livre qui se lit d'une traite, tout simplement parce que l'auteur connaît son métier. Il sait raconter une histoire et employer les mots à 10 dollars. Il écrit bien. Un point, c'est tout. «J'ai fait ce livre pour dire que je n'habite pas une maison mais que je suis habité par elle.» Sentence qui renvoie à la célèbre phrase de l'écrivain-voyageur Nicolas Bouvier : «On ne fait pas un voyage, c'est le voyage qui vous fait.» Decoin a le sens de la formule et de l'anecdote. Il sait très bien qu'en évoquant «lameradovil» (la mer à Deauville), comme médicament d'été, il nous rappelle nos vacances, tendance Monsieur Hulot, filet de pêche et odeurs d'Ambre solaire à la clé...
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