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Je regrette d'être né là-bas : Corée du Nord : l'enfer et l'exil

Couverture du livre Je regrette d'être né là-bas : Corée du Nord : l'enfer et l'exil

Auteur : Marine Buissonnière | Sophie Delaunay

Date de saisie : 27/02/2005

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-221-10373-9

GENCOD : 9782221103739

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  • La dédicace de l'auteur

Il est un pays, où l'on s'emploie, par un système de classification sociale, à promouvoir les inégalités entre les citoyens, tout en écrasant par la violence organisée, les différences de comportements et de pensées. Il est un pays où prier un Dieu, critiquer les pouvoirs en place, ou bien négliger de porter le badge du Cher Leader, conduisent tout droit aux travaux forcés. Il est un pays où le mensonge et la délation deviennent un sport national, et jusqu'à une seconde nature. Il est un pays, enfin, où l'aide humanitaire déversée par l'étranger n'est pas considérée comme un don destiné aux plus vulnérables, mais perçue comme un tribut des pays vassaux aux dignitaires du Parti qu'elle contribue à nourrir. Cet Etat, digne héritier des totalitarismes du siècle passé, n'est autre que la Corée du Nord, qui nargue les grandes puissances étrangères et continue de privilégier la survie de son régime à celle de sa population. Otage d'un pouvoir qu'il a lui-même bâtit et porté de tout son idéal révolutionnaire, le peuple nord-coréen se consume aujourd'hui dans le désespoir, la faim et l'indifférence du monde qui l'entoure. Nous avons voulu, une fois dans sa vie, lui donner la parole. L'histoire de Tae Gum, Chin Kyong et Pok Yol est celle de centaines de milliers de Nord-Coréens qui depuis le début des années quatre-vingt dix, tentent de survivre en passant la frontière sino-coréenne, devenant de facto des criminels pourchassés jusqu'aux confins de la Chine. Mais si la violence, l'injustice et la barbarie pavent leur parcours, elles mettent aussi en exergue leur extraordinaire courage, et l'espoir qui jamais ne les quitte, faisant d'eux de véritables survivants. Loin de la rhétorique à laquelle ils sont constamment soumis, les trois protagonistes témoignent, l'émotion à fleur de mots, de leur incroyable existence. On ne pourra pas dire que l'on ne savait pas.

Marine Buissonnière et Sophie Delaunay



  • La présentation de l'éditeur

De la Corée du Nord à la Corée du Sud, le récit de trois survivants d'un périple chaotique où faim, peur, sévices et désillusion sont des épreuves quotidiennes...

La Corée du Nord constitue sans doute le foyer du bloc communiste resté le plus imperméable aux bouleversements issus de la fin de la guerre froide. Fidèle à la théorie de l'autosuffisance prônée par son «Grand Leader» Kim Il Sung, le pays pratique une politique extérieure isolationniste et s'enfonce inexorablement dans la pénurie. Dès le début des années 1990, la famine pousse les Nord-coréens à rejoindre la Chine dont on commence à savoir qu'il fait meilleur y vivre. Mais face au flux croissant d'exilés affamés, le «grand frère» engage une véritable chasse aux migrants illégaux, qui sont alors renvoyés dans leur pays et emprisonnés dans des camps. La répression chinoise a pour effet d'accélérer le processus de migration des Nord-coréens vers le seul pays qui leur offre asile : la Corée du Sud.
Tae Gum, Jin Kyung et Bok Yol, dont les auteurs transcrivent ici les témoignages, ont, comme tant d'autres, tenté en vain leur chance sur le territoire chinois. Avec une simplicité déconcertante, ils racontent comment la quête impossible de survie les a poussés à fuir, comment ils ont peu à peu pris conscience du mensonge terrible et criminel dont ils étaient prisonniers et comment, à l'issue d'épreuves et de souffrances qui font d'eux des survivants, ils sont finalement parvenus à rejoindre la Corée du Sud.
Ces trois récits de vie ne constituent pas seulement un témoignage humain alarmant ; ils posent aussi de façon radicale un problème politique incontournable : que penser de l'impuissance internationale face à un pays qui affame et emprisonne ses citoyens ? la répression chinoise n'est-elle pas une complicité de fait avec le régime nord-coréen ? quels peuvent être les moyens d'améliorer la situation sanitaire et humanitaire en Corée du Nord, quand les habitants mêmes de ce pays estiment qu'elle sert les élites ?

Sophie Delaunay a trente-huit ans. En 1992, elle rédige une thèse sur l'isolationnisme nord-coréen dans le cadre d'un Master's Degree en sciences politiques à l'université de Yonsei à Séoul. Elle s'engage à MSF en 1993. Pendant dix ans, elle participa à des missions humanitaires en Thaïlande, au Rwanda, en Chine et en Corée du Sud.

Marine Buissonnière a trente-deux ans. Diplômée de gestion et parlant couramment le chinois, elle rejoint MSF en 1996. Volontaire en Chine, en Palestine, au Japon puis en Corée du Sud, elle est aujourd'hui secrétaire général du mouvement. Elle fut à l'origine des premières actions d'MSF sur la frontière sino-coréenne.




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