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La source étrusque

Couverture du livre La source étrusque

Auteur : Sebastiano Vassalli

Traducteur : Jérôme Nicolas

Date de saisie : 23/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Phébus, Paris, France

Collection : D'aujourd'hui. Etranger

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-7529-0048-7

GENCOD : 9782752900487


  • La dédicace de l'auteur

Pensiez-vous que la vérité sur la fondation de Rome se trouvait vraiment dans le mythe "officiel", dans cette "Enéide" que l'empereur Auguste avait commandée à Virgile, pour enraciner dans le temps l'Empire qu'il venait de créer ? Que saviez-vous de Mécène, du personnage j'entends, dont le nom est devenu synonyme d'amoureux des arts, de protecteur des artistes ? Saviez-vous, par exemple, qu'il avait joué un grand rôle politique dans l'entourage d'Auguste, et qu'il s'était fort habilement servi de Virgile et de ses "Géorgiques" pour étayer le pouvoir de son maître ? Saviez-vous qu'Auguste a essayé par tous les moyens d'enrôler Virgile et son "Enéide" en gestation au profit de sa politique de grandeur, et que Virgile a tout fait pour éviter de ses laisser "récupérer", comme on dirait aujourd'hui...

Virgile, accompagné de son secrétaire Timodème (l'alter ego de Sebastiano Vassalli dans l'Antiquité, dirait-on...) et de son protecteur Mécène, part en voyage d'exploration dans la terre des Etrusques, le nord du Latium, l'Ombrie et la Toscane actuels. Il doit s'informer sur les origines de Rome, et comme Mécène lui a dit que les Etrusques y sont pour quelque chose, il se met à la recherche du grand prêtre du dieu Velthune qui, dit-on, pourra l'initier à tous ces mystères. Mais alors qu'Auguste s'attend à ce que le poète revienne à Rome avec les preuves de la "grandeur" de Rome (entre parenthèses, ce pourrait être la "grandeur" de n'importe quel empire, de n'importe quelle civilisation), Virgile et ses compagnons ouvrent la boîte de Pandore : il n'y a rien de "grand" dans l'arrivée des Lydiens sur la côte de Latium, rien que des massacres de mères et d'enfants, des femmes mises en esclavage, deux peuples - le conquérant et l'autochtone - qui fusionnent dans la violence la plus cruelle, avant de se dédoubler à son tour : alors, les Latins anéantiront à leur tour les Etrusques, et ainsi de suite semble-t-il, sans solution de continuité : c'est l'Histoire...

Et l'écrivain, dans tout cela : eh bien, il semble qu'il ait ici deux options. Ou il assiste à distance respectable, deux mille ans après, à la suite des événements que lui rapporte le scribe Timodème ; ou alors, il est au coeur de la mêlée, comme Virgile : combattu entre l'espoir de devenir le successeur d'Homère, et la douleur de manquer à la vérité, de trahir la souffrance à laquelle il a assistée, celle des hommes, des femmes et des enfants victimes de la guerre et de la fondation des civilisations, de trahir la vérité des hommes au nom de la raison d'Etat, qui impose qu'Enée soit un héros, fort, bon et compatissant, alors que Virgile sait très bien qu'Enéas, le personnage historique qu'il a vu au cours de son rêve initiatique, était exactement le contraire.

Jérôme Nicolas, traducteur de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

L'auteur se fait aborder un jour; dans les parages de l'aéroport de Milan, par un étrange personnage qui se présente comme un fantôme venu tout droit de l'Antiquité : celui du dénommé Timodème, esclave affranchi qui fut le dernier secrétaire de Virgile. Ce Timodème ne demande qu'une chose : qu'on le laisse enfin parler, et raconter les véritables circonstances qui ont poussé son maître à rédiger L'Enéide, l'immense poème des origines de Rome - et à mentir de bout en bout en pleine connaissance de cause. Et nous suivons Virgile au long d'un "voyage en Italie" à l'époque d'Auguste, escorté par son secrétaire et par l'influent Mécène (ce dernier était d'origine étrusque), tous trois partis se documenter sur les sources de l'Histoire... Au fil de mille tribulations picaresques en maints lieux profanes et sacrés le poète va découvrir que l'arrivée du "fondateur" Enée et des siens dans l'Italie des origines, loin d'apporter ce qui deviendra la paix romaine, n'aura entraîné qu'une suite de carnages, les nouveaux venus n'ayant de cesse qu'ils n'aient "purgé" la péninsule de toutes les cultures concurrentes - au premier rang desquelles l'étrusque, dont Virgile découvre dans l'étonnement les mystères sacrés... Comment pourra-t-il désormais composer sans mentir cette Enéide que lui commande Auguste et dont le succès auquel elle est promise enterrera pour jamais l'histoire honteuse mais vraie qui est à la source de ce qu'on appelle la civilisation ?

Sebastiano Vassali, couronné en 1990 (pour La Chimère) par le prestigieux prix Strega - un équivalent du Goncourt en Italie -, est en train de s'imposer au premier rang des romanciers de son pays. Sur la quinzaine de fictions qu'il a publiées, trois ont été traduites en français : chez P.O.L, Tout l'or du monde (1990) et La Chimère (1993) ; chez Fayard, Le Cygne (1996). Ses romans, volontiers inscrits dans l'Histoire -mais où les ingrédients du " roman historique " apparaissent comme subtilement dévoyés -, l'ont fait comparer à Marguerite Yourcenar.




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