Auteur : Andrea Bajani
Traducteur : Vincent Raynaud
Date de saisie : 18/12/2009
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 17.90 € / 117.42 F
ISBN : 978-2-07-012366-7
GENCOD : 9782070123667
Sorti le : 08/10/2009
L'avion de Lorenzo se pose à Bucarest, où le jeune homme est venu assister aux funérailles de sa mère Lula. Celle-ci les a abandonnés il y a des années, son père adoptif et lui, pour créer une entreprise en Roumanie en compagnie de son associé Anselmi. Tandis qu'il découvre le monde dans lequel vivait Lula et dont il ne savait rien, Lorenzo se remémore la lente dérive de sa mère, qui s'est d'abord fâchée avec ses riches parents, puis a eu un enfant avec un amant de passage, avant de vivre avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle n'a jamais vraiment aimé. Lorsque l'occasion s'est présentée de partir pour l'Europe de l'Est, ce nouvel eldorado, elle n'a pas hésité un seul instant et, malgré ses promesses, n'est jamais revenue. Pourtant le rêve a vite tourné au cauchemar, l'entreprise a certes obtenu d'excellents résultats, mais Anselmi n'a guère tardé à s'intéresser à d'autres femmes, plus belles et plus jeunes. En Roumanie, Lorenzo apprendra à connaître le vrai visage de Lula, et ouvrira aussi les yeux sur une Europe en pleine mutation.
Après Très cordialement, Si tu retiens les fautes est un roman aussi ambitieux qu'abouti, fort bien accueilli en Italie, où l'on voit en son auteur l'un des jeunes écrivains les plus doués de sa génération.
Né en 1975 à Rome et turinois d'adoption, Andrea Bajani a exercé de nombreux métiers avant de se consacrer à l'écriture. Outre ses romans, il a publié deux essais, sur l'école et le travail précaire, et il écrit également pour le cinéma et pour la scène.
Dans un «far west roumain» cannibalisé par l'argent, où la mère a achevé sa dérive, le fils découvre l'envers d'un nouveau monde qui lui claque au visage. Et scande, dans un monologue en forme d'oraison pudique, son dernier échange avec celle qui, finalement, le révèle...
Andrea Bajani livre un habile jeu de miroir. Il esquisse des sentiments, des scènes, des échanges. «J'ai détourné les yeux, les chaussures que l'on a trop longtemps portées ont quelque chose d'intime», note Lorenzo-Bajani. Sans appuyer, sans montrer, sans juger. «Si tu retiens les fautes, qui subsistera ?» interroge le prêtre dans un italien primaire. Comme souvent chez Bajani, la question reste ouverte. C'est heureux que ce jeune Romain établi à Turin, amateur de voyages et de rencontres, ne soit décidément pas un auteur fait de certitudes.
C'est l'histoire de deux enfants perdus, Lula, la mère, Lorenzo, le fils. Une histoire d'amour déchu entre deux complices - jadis, à la vie à la mort. Si tu retiens les fautes est un de ces romans coups de poing, tout de fureur et d'ardeur, qui bousculent les sens, violent la raison. Le livre met à nu une liaison dangereuse : celle de deux innocents, une femme blessée, extravagante, jamais sortie de l'enfance, et son gamin, tout entier accroché aux frasques de sa mère, à ses jeux, à ses départs à répétition, à ses retours improbables, jusqu'à l'abandon, total...
L'écrivain défie la douleur, l'impossible deuil, écrit l'absence, le désamour, le pardon. Il imagine pour son personnage, à jamais enfant perdu, une passion inédite, incurable. Andrea Bajani est pieds et poings liés, coeur et ventre liés à la littérature. Comme Lorenzo à Lula, comme un fils à sa mère.
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