Auteur : Tobias Wolff
Traducteur : Elisabeth Peellaert
Date de saisie : 21/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Plon, Paris, France
Collection : Feux croisés
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-259-19955-1
GENCOD : 9782259199551
Pour un garçon d'origine très modeste qui se retrouve dans un pensionnat ultrachic de la Nouvelle-Angleterre, comment s'en sortir ? Mentir sur son passé. Comme beaucoup de ses camarades, le héros rêve de devenir écrivain. Un concours de nouvelles sponsorisé par l'école lui fournira l'occasion idéale de se distinguer, le premier prix étant un tête-à-tête avec le légendaire Ernest Hemingway. Mais, pour devenir écrivain, le narrateur doit d'abord faire face à ses impostures, et apprendre à dire, pour la première fois, la vérité sur lui-même. On connaissait les livres de souvenirs de Tobias Wolff (Un mauvais sujet, Dans d'armée de Pharaon) et ses nouvelles (Retour au monde, Chasseurs dans la neige). Voici son premier roman, tout de finesse, d'humour, d'émotion, dans lequel on devinera peut-être la destinée d'un grand écrivain qui ne serait autre que Tobias Wolff...
Né en Alabama en 1945, Tobias Wolf f a pratiqué tous les métiers et fait la guerre du Vietnam avant de commencer sa carrière d'écrivain, récompensée par plusieurs prix prestigieux.
... Portrait de classe - dont l'École se situe quelque part dans l'État de New York ou le Vermont -, a tout le charme et l'intelligence mélancolique qu'un auteur peut porter sur ses années d'apprentissage de soi et des autres. Du moins quand un enseignement encore humaniste y prépare l'avenir. Le double cadavre qu'enterre, ici, l'excellent écrivain qu'est Tobias Wolff, n'est pas purement rhétorique : l'étudiant à qui il prête la parole a commis une faute, mais le doyen croit en avoir commis une autre, par défaut, si l'on peut dire.
Les deux actes sont sans lien, mais le «vol» du narrateur entraîne la démission du doyen. Une sorte d'inconscience animait le premier, un léger excès de mauvaise conscience entraîna le second. L'auteur excelle à une mise en scène jamesienne de ce que personne n'ose plus qualifier d'états d'âme : mais de quoi d'autre s'agirait-il ? La plénitude de l'écriture lui permet justement de réussir l'animation de cette «photo de classe», de l'arracher au passé lointain, et d'ignorer les poncifs du genre. Exploit d'autant plus remarquable que le narrateur se croit une vocation d'écrivain, un poncif qui ne demandait qu'à s'agréger aux autres... La profonde séduction du livre réside dans ce commerce des classiques, tout naturel parce qu'il est une leçon de vie. Et qu'il n'est pas de grand livre qui ne vous interroge sur vous-même. Les épisodes divers, et parfois fort drôles de Photo de classe, comme la visite d'une «auteure» insupportable nommée Ayn Rand, se succèdent à la manière d'épreuves révélatrices... La version d'Elisabeth Peellaert est élégante et rend bien le fruité d'une langue, d'une mémoire heureuses de n'avoir rien oublié de la saveur même, et parfois amère de la vie....
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