Passion du livre - tout sur le livre : Impuretés

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Impuretés

Couverture du livre Impuretés

Auteur : Philippe Djian

Date de saisie : 29/11/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-07-076717-5

GENCOD : 9782070767175

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  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 6 avril 2005

Un décor de mauvaise série télé d'été - Sud branché, colline «people» où rivalisent en dépravations variées actrice vieillissante, producteur véreux et écrivain impuissant ; une sulfureuse mort d'adolescente pour pimenter un récit qui semble d'abord aligner les clichés sur la jet-set hexagonale... Sauf que Philippe Djian, à coups de phrases lumineuses, sait à merveille distiller la pénombre, créer le malaise et transformer son histoire simple en descente aux enfers... Sous les clichés, des vérités qui font mal.


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération du 3 mars 2005

De toute façon, lorsque vous ouvrirez le livre, Lisa sera déjà morte depuis huit mois, vous tournerez l'affaire dans tous les sens, vous ne pourrez plus rien pour elle. Rien. Elle avait 18 ans, morte noyée dans un lac. Accident ? Suicide ? Mauvais geste fratricide ? Allez savoir. Vous ne saurez rien. Vous aussi, vous irez de votre petit coup d'oeil en coin pour vaguement accuser Evy, son jeune frère, tenu pour coupable d'avoir été le seul témoin du drame. Vous en serez pour vos frais. Evy n'a pas besoin de vous pour être malheureux... Djian est égal à lui même, c'est-à-dire que, de livre en livre, il pousse un peu plus loin, un peu plus haut la force de sa langue. Son monde n'a pas changé. Sexe, drogue, musique de nègre et désillusions. L'énergie de son écriture produit un effet de réel enveloppant, qui n'est pourtant jamais fait de décors plantés, de caractères étalés, de clichés référents, non, ce sont des mots, uniquement des mots posés là, un par un, choisis de toute urgence par un homme en haleine, qui en a gros sur la patate, et deux ou trois trucs étranges et désespérants à vous raconter sur la marche du monde... Vous pouvez tout relire sans comprendre qui dans tout ce désastre peut bien se vanter de témoigner de tout. Qui est ce type qui écrit à la première personne pour nous rappeler que tout cela n'est qu'un livre, est un livre, sinon une personne de première, Djian Philippe, écrivain.


  • La revue de presse Daniel Martin - L'Express du 28 février 2005

Maintenant qu'il a dépassé la cinquantaine, publié un tas de bouquins, résisté à toutes les critiques, Philippe Djian est assez connu pour écrire comme il l'entend. Ce n'est pas Proust, on le sait. Faut-il pour autant le jeter aux orties ? Sûrement pas. Il a le mérite d'irriter les défenseurs d'une langue tellement belle qu'on ne la parle plus que dans le Lagarde et Michard. Avec sa prose saturée de sons, d'images, de paroles et de personnages, il dit le monde tel qu'il est aujourd'hui, ordinaire, complexe, souvent confus. Lui qui n'est ni phraseur ni faiseur l'affronte avec sincérité, jusque dans ses maladresses. Il questionne, et s'empare d'un sujet vieux comme le monde, les conflits de générations. Ça s'appelle Impuretés et se déroule en un lieu clos. Comme d'habitude. On y voit des privilégiés friqués, indifférents à tout sauf à eux, vivre en un lieu protégé où leurs enfants grandissent à l'abri du monde, de ses dangers, mais pas de l'ennui. Ils se distraient de came, de sexe. Jusqu'au drame : après une nuit de fête, Lisa se noie... montrer le drame dans toute son horreur pour qu'on en tire les leçons. Sans prétendre faire oeuvre de moraliste. On l'en remercie. C'est assez réussi. D'autant que l'émotion, qui va crescendo, n'empêche pas l'essentiel, la réflexion.


  • La revue de presse Marc Lambron - Le Point du 24 février 2005

«Impuretés» se présente comme le septième roman de Philippe Djian publié aux éditions Gallimard, et c'est un bien curieux objet. Le thème ? Comment des adolescents fêlés ravagent, jusqu'au meurtre peut-être, une petite communauté de nouveaux riches. La scène se tient dans une urbanisation imaginaire, du genre «j'imite Beverly Hills à Mouans-Sartoux», dont les résidents se livrent à toutes sortes de turpitudes qui déjouent le résumé. Disons, pour donner le ton, que s'y croisent un policier onaniste, deux lesbiennes élevant un garçon paraplégique, une boulimique malfaisante, un vieil écrivain junkie lutinant une adolescente, des partouzeurs du samedi, un frère incestueux, une actrice sur le retour violentée par un producteur sous Viagra... A la fin, on regrette qu'un romancier français de la génération Woodstock persiste à confondre son adolescence perdue avec l'atrophie émotionnelle du nihilisme contemporain... Pour l'heure, on a affaire à un romancier qui ne laisse aucune chance à ses personnages...


  • La revue de presse Bernard Morlino - Le Figaro du 17 février 2005

Nous avons donc le vingtième livre d'un auteur représentatif d'une littérature française qui prend l'accent américain, et se veut en prise directe sur l'époque. Il y a un drame dans la famille des Trendel, un couple formé par un écrivain et une comédienne, très loin du mythique mariage d'Arthur Miller et de Marilyn Monroe, car les époux en question, qui ont connu une éphémère gloire avant de sombrer dans l'anonymat, ne vivent plus que d'expédients, articles insipides et spots publicitaires... Après une prometteuse ouverture de roman noir, l'auteur tombe vite dans la caricature du genre... Le romancier perd le fil de ses personnages. Hormis une très belle maison achetée au temps de leur splendeur, les Trendel ne possèdent plus rien du faste de leurs débuts respectifs et sont réduits à incarner la sentence de Francis Scott Fitzgerald : «La vie est un processus de démolition.»...


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