Auteur : François Roustang
Date de saisie : 20/10/2009
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Odile Jacob, Paris, France
Prix : 23.50 € / 154.15 F
ISBN : 978-2-7381-2346-6
GENCOD : 9782738123466
Sorti le : 17/09/2009
Loin d'être le premier philosophe, Socrate n'est-il pas le premier vrai thérapeute ? N'est-il pas celui qui a le mieux compris les effets qu'il faut produire pour modifier son rapport à soi et au monde ?
C'est l'hypothèse qu'explore ici François Roustang.
Ce livre est d'abord une patiente tentative pour retrouver la véritable originalité de Socrate à travers les textes qui s'en font l'écho.
Mais cette quête prend aussi une dimension qui nous touche directement : pour le thérapeute qu'est François Roustang, il s'agit de nous faire comprendre comment il est possible de produire une modification de l'existence en acte et pas seulement en pensée.
La leçon de Socrate pour «aller mieux» ?
Thérapeute dissident de la psychanalyse, François Roustang mène depuis des années une réflexion radicale sur les conditions du changement. Elle l'a amené à redécouvrir la fécondité de l'hypnose pour produire une modification profonde de notre regard sur nous-mêmes et de notre rapport au monde. Sa trilogie La Fin de la plainte, Il suffit d'un geste, Savoir attendre le range parmi les auteurs les plus originaux en France dans son domaine.
Et si Socrate, en fait, n'avait pas inventé la philosophie ? Et si la discipline qui, sous l'impulsion de Platon, s'est déployée en son nom, avait au contraire méconnu, voire occulté, ce qui était au coeur de son entreprise ? Telle est l'hypothèse qu'explore François Roustang tout au long de cette étude très informée. Socrate n'a transmis aucun savoir, il n'a même jamais appelé personne à "se connaître soi-même". Ce qu'on a pris pour ses thèses ou ses arguments n'étaient rien d'autre que des tentatives de déstabilisation de toutes les certitudes - pas des idées, mais "des positions dans l'existence"...
En somme, François Roustang nous invite à "lâcher prise". A expérimenter cette perte de contrôle totale qui s'apparente à la folie. "Une folie réversible qui n'est autre que la transe hypnotique", mais qui constitue également la condition préalable à une reconfiguration générale de l'existence dans le sens d'une plus grande liberté et d'une inventivité retrouvée. "Une thérapie réussie est une thérapie dans laquelle le patient devient l'artiste de sa propre existence", et apprend à remplacer le narcissisme du "je" par le "jeu" avec soi et le monde. "Et c'est pour cela, conclut-il avec tout le sérieux du monde, que Socrate rigole."
Extrait de l'avant-propos
DE SOCRATE, PERSONNE NE VEUT
Si Socrate a été condamné à mort et exécuté, on pense que ce ne peut être que par l'effet d'un malentendu. Il l'estimait d'ailleurs lui-même puisqu'il expliquait aux jurés que, si on lui avait accordé plus de temps, il aurait pu les persuader de son innocence. Il n'en est rien. Tout le monde avait des raisons, peut-être pas de le mettre à mort, surtout aujourd'hui que cette peine a été abolie, mais du moins de le faire disparaître et en tout cas de le faire taire. Là est en effet le point crucial. On aurait supporté qu'il reste dans son coin ou sur le seuil de quelque maison en cherchant à résoudre un problème. Comme il avait promis qu'il refuserait de se soumettre si on lui proposait la grâce à condition qu'on ne l'entende plus, son sort était scellé.
Oui, tout le monde avait des raisons, et pas seulement Aristophane. Alors que Socrate, à 46 ans, était au faîte de sa notoriété, il avait pu le caricaturer en le montrant suspendu au-dessus de la scène parce que ses recherches lui auraient prouvé que, dans les hauteurs, l'air était plus intelligent, ou bien encore devenu directeur d'une école d'escroquerie apprenant à ses élèves comment faire passer le faux pour le vrai. La pièce avait été un succès.
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