Auteur : Gamal Ghitany
Traducteur : Khaled Osman
Date de saisie : 14/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Seuil, Paris, France
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-02-055807-5
GENCOD : 9782020558075
De retour d'un voyage hors d'Égypte, le narrateur apprend que son père est décédé durant son absence ; c'est l'occasion pour lui, après une période de tourments, de se pencher sur ce que fut la vie de cet homme modeste et digne, à l'occasion d'un long périple intérieur.
Déféré devant le Divan, instance mystique qui régit les destinées du monde, il reçoit l'autorisation de voyager en illumination, c'est-à-dire de balayer les lieux et les époques en assistant à diverses manifestations surnaturelles. Il a ainsi l'occasion d'incarner des personnalités relevant d'autres temps, de visionner des événements qu'il n'a pu vivre dans son existence terrestre, ou encore de dialoguer avec des êtres animés ou inanimés.
Écrit dans une langue à la fois simple et somptueuse, Le Livre des illuminations est un chef-d'oeuvre par son invention d'une forme romanesque spécifiquement arabe, à la fois autobiographie poignante et conte polyphonique explorant les méandres de l'âme égyptienne.
Gamal Ghitany est né en 1945. Dessinateur de tapis à dix-sept ans, il publie parallèlement son premier recueil de nouvelles. Grand reporter à vingt-trois ans, il couvrira tous les conflits de la région : israélo-arabe, Beyrouth, Iran-Irak... De nombreux romans et recueils de nouvelles témoignent de l'immense talent littéraire d'un des plus grands auteurs de l'Égypte actuelle.
Son père meurt en Égypte, alors qu'il est en voyage. D'où un sentiment de culpabilité duquel Gamal Ghitany tire des pages qu'il coiffe d'un titre mystique : Le Livre des illuminations. Et, du coup, l'écrivain égyptien a rédigé ce qu'il y a de plus lumineux dans la littérature arabe, en même temps qu'il reste accessible aux lecteurs occidentaux : la beauté parle à tout le monde.
Il faut comprendre le titre de l'ouvrage dans tous les sens du terme. Au sens théologique, d'abord : l'illumination est une lumière extraordinaire que Dieu répand dans l'âme d'un homme ; au sens courant, ensuite : c'est une inspiration subite, un trait de génie, nous indique le Robert. Ghitany répond aux deux définitions avec un égal bonheur, dans son ouvrage qui n'est ni un roman, ni un essai, ni une fable, ni un conte, mais tout cela à la fois... Enfin, il convient de rendre hommage à l'immense travail de traduction et aux commentaires éclairants dus à Khaled Osman, qui parle avec raison, dans sa préface, d'autobiographie poignante et de conte polyphonique. Coïncidence : en arabe, destin et livre sont désignés par le même mot. Cela se comprend en pareil cas. Merveilleusement....
... le Livre des illuminations, traduit au Seuil quinze ans après sa première publication en Egypte. Une somme inclassable, où des épisodes autobiographiques sans complaisance servent de support à une quête introspective, une réflexion sur l'amour filial, la fuite du temps, et l'oubli.
Apprenant, de retour de voyage, le décès subit de son père, le narrateur terrassé de douleur est amené devant le Divan, triumvirat mystérieux qui a prise sur la course du temps et du monde. Guidé par les esprits supérieurs qui composent le Divan, dont l'imam Hussein, il obtient de pouvoir naviguer d'illuminations en illuminations, retenant le sable du temps quelques instants pour revivre des événements du passé. Un emprunt à la mystique soufie, où l'extase de l'illumination est une des ultimes étapes avant la révélation de la nature divine et l'union avec Allah. Cet abandon de la conscience ouvre la porte des plus grandes libertés, estime Gamal Ghitany... C'est une borne imposante dans l'oeuvre de Gamal Ghitany, de loin son récit le plus personnel, et le plus abouti... Ghitany avait déjà laissé parler sa tristesse et ses illusions perdues dans l'Epître des destinées (Seuil, 1993). Le Livre des illuminations est plus que cela, un texte aux confins du religieux, une déclaration d'amour tardive à un père disparu, un livre de douleurs, d'espoir... Fidèle à une habitude entamée en 1975 avec l'écriture de Zayni Barakat, Ghitany juxtapose les styles, mêlant les accents de l'épopée aux ondoiements de la poésie perse, utilisant tour à tour les formes narratives des écrivains voyageurs arabes comme Ibn Batuta, le conte populaire, la fable, la méditation religieuse ou l'aphorisme... Fasciné par les maîtres soufis, il voue une passion à Ibn Arabi, «l'un des plus grands penseurs de l'humanité, à l'esprit immensément ouvert, plus encore qu'Averroès». A l'illumination du soufisme, Ghitany oppose en effet l'obscurité du wahhabisme. Lui que ses écrits désignent régulièrement à la vindicte des islamistes, l'affirme, «si on doit avoir peur, ce n'est pas la peine d'écrire»...
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