Passion du livre - tout sur le livre : Le regard d'Orphée : conversations avec Houria Abdelouahed

.. Le regard d'Orphée : conversations avec Houria Abdelouahed

Couverture du livre Le regard d'Orphée : conversations avec Houria Abdelouahed

Auteur : Houria Abdelouahed

Date de saisie : 25/06/2009

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Témoignages pour l'histoire

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-213-63483-8

GENCOD : 9782213634838

Sorti le : 06/05/2009

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  • La présentation de l'éditeur

L'histoire est digne d'une légende. Un petit garçon de Quassabine (Syrie), né près d'Ougarit, où demeurent les traces de la première écriture, devient poète et choisit le nom d'un dieu païen, Adonis.
Cet entretien évoque toutes les facettes du poète, ses années d'apprentissage, sa vie au Liban, ses liens avec de grands poètes français comme André du Bouchet, Alain Bosquet, Jacques Prévert ou encore Henri Michaux. Il retrace son parcours littéraire depuis la création de la revue Shi'r (Poésie), qui lui permit d'affirmer son génie et de contribuer à la modernisation de la poésie arabe, jusqu'à l'analyse des éléments pré-socratiques et nietzschéens de sa pensée. Adonis rompt en effet avec le système platonicien, qui désigne le corps comme tombeau de l'âme, et rétablit le corps et la chair.
Mais on le sait aussi rebelle, poète de la révolte, et c'est en homme libre qu'il aborde également des thèmes comme l'orientalisme, la question de la femme, l'érotisme, la transgression, l'exil, la religion.
La forme de l'entretien ne pouvait pas mieux convenir qu'à cet homme au contact duquel on comprend immédiatement que la pensée est, par essence, mouvement. Le jeu des questions et des réponses, des arguments et des doutes bouscule alors les idées préconçues, les a priori, les dogmes.

Houria Abdelouahed est maître de conférences à l'université Paris-VII Denis Diderot et psychanalyste. Traductrice d'Adonis, elle consacre ses travaux à la question du visuel et du langage.





  • La revue de presse Stéphane Bataillon - La Croix du 17 juin 2009

Ce n'est pas sur un long fleuve tranquille mais sur un champ de bataille que nous entraînent ces entretiens. Dialoguant avec la psychanalyste Houria Abdelouahed, sa traductrice en français, l'une des grandes voix de la poésie arabe contemporaine jette un regard impitoyable sur l'état d'un monde qu'il chante depuis plus de cinquante ans...
Comme Orphée ramenant Eurydice des enfers, Adonis cherche à tester le pouvoir de son chant sur les dieux. Mais son but n'est pas de détruire un système pour lui en substituer un autre. Il n'aspire qu'à remettre en mouvement ce ferment qu'est la langue arabe, préalable à tout autre changement. Un long parcours, qu'accompagneraient bien ces vers du poète «Urwa ibn al-Ward al-'Absî»: «Ils me demandent: «Où vas-tu ?»/ Mais comment le poète-brigand peut-il connaître son lieu ?» Car Adonis ne se risque pas à percer l'inconnu. Il sait, mieux qu'Orphée, que «la lucidité totale est une sorte de mort» et que seule compte l'avancée sur le chemin. Vivre, sans se retourner.


  • La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 5 juin 2009

Poète : "Ecrivain qui compose de la poésie", nous dit modestement Le Petit Robert. "Ecrivain qui pratique la poésie", précise Le Petit Larousse, ce qui est déjà plus ambitieux - et plus conforme à Adonis. Sachant que "pratiquer", dans son cas, ne veut nullement dire observer des prescriptions, mais au contraire vivre, penser et créer en toute liberté. Ce grand poète arabe s'en explique dans un livre d'entretiens passionnant avec Houria Abdelouahed, maître de conférences à l'université Paris-VII : une interlocutrice de choix, qui a le double avantage d'avoir traduit son dernier recueil, Le Livre Al Kîtab (Seuil, 2007), et d'être psychanalyste. On quitte vite le registre de l'interview pour atteindre un dialogue d'une rare qualité, sur la poésie bien sûr, mais aussi sur l'exil, la sensualité, l'islam et la misère intellectuelle dans laquelle le monde arabe semble s'enliser...
La langue d'Adonis est à la fois très littéraire et très inventive. Un poème traduit par François Xavier, et paru dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour du 12 mars 1998, commence ainsi :

"J'ai écrit mon identité
A la face du vent
Et j'ai oublié d'écrire mon nom.
Le temps ne s'arrête pas sur l'écriture
Mais il signe avec les doigts de l'eau
Les arbres de mon village sont poètes
Ils trempent leur pied
Dans les encriers du ciel"


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