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De la destruction comme élément de l'histoire naturelle

Couverture du livre De la destruction comme élément de l'histoire naturelle

Auteur : Winfried Georg Sebald

Traducteur : Patrick Charbonneau

Date de saisie : 23/08/2006

Genre : Essais littéraires

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Lettres allemandes

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-7427-4614-9

GENCOD : 9782742746149


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama

C'est un passé qui ne passe pas. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, W.G. Sebald a tout juste 1 an. Il n'a presque rien perçu de la guerre. Et pourtant, écrit-il, «aujourd'hui encore, quand je regarde des photographies ou des films documentaires datant de la guerre, il me semble que c'est de là que je viens, pour ainsi dire, et que tombe sur moi, venue de là-bas, venue de cette ère d'atrocités que je n'ai pas vécue, une ombre à laquelle je n'arriverai jamais à me soustraire tout à fait». Né en 1944 en Bavière, Sebald arrive au monde parmi les survivants, qui ne cesseront de le hanter durant toute sa vie d'écrivain. Dans tous ses livres (Les Emigrants, Les Anneaux de Saturne, Austerlitz), toujours en lisière des récits biographiques et de la fiction, il parle d'un passé qui imprègne les destins, jamais autant vivace que quand on le croit enterré. Comme si le présent était lui-même l'émigrant d'un temps où l'on peut toujours retourner. Dans cet essai tiré d'une série de conférences qu'il fit en 1997, l'écrivain revient sur une période de l'histoire allemande que ses compatriotes ont volontairement évacuée : les bombardements sur quelque cent trente villes allemandes entre 1942 et 1945 et qui firent au moins six cent mille victimes, pour la plupart civiles... Sebald passe au crible les romans publiés après guerre sur la destruction matérielle et psychologique. Aux uns, il reproche les fioritures «pseudo-esthétiques», les clichés, le sens du mélodrame, voire une forme de mysticisme qui est la preuve tangible que le grandiloquent mysticisme nazi a contaminé les esprits plus profondément qu'on ne le pense. Chez d'autres, comme Arno Schmidt et ses Scènes de la vie d'un faune, paru en 1953, il pointe les onomatopées inutiles, le «vulgaire», le «brutal», et un «bruitisme» qui ne lui semble pas digne d'une entreprise littéraire portant sur de tels événements... Toute une polémique s'était ouverte en Allemagne et en Angleterre, fin 2002, à l'occasion de la parution du livre de l'historien allemand Jörg Friedrich, Der Brand («L'Incendie»), qui revenait sur les souffrances endurées, et trop longtemps refoulées, par la population allemande, lors des bombardements alliés. Si le livre de Sebald, décédé accidentellement en 2001, s'inscrit lui aussi dans ces débats, sa portée est plus universelle. Quelle fonction la littérature peut-elle avoir face aux tragédies ? Quel rôle peut-elle jouer dans la prise de conscience collective ? L'Europe, selon Sebald, ne peut pas se construire sur les mensonges ni sur les oublis. Elle doit exhumer et regarder en face tous les cadavres qui restent emmurés dans ses reconstructions successives.


  • La revue de presse Daniel Bermond - Lire

Détruire pour détruire, détruire jusqu'à l'anéantissement. Les raids alliés sur l'Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, stratégiquement inopportuns, obéissaient à un acharnement aveugle visant à la dématérialisation du pays. Mais sur les Allemands qui survécurent un voile est aussitôt tombé, comme si un tabou avait verrouillé la mémoire de l'épreuve. Selon l'historien américain Clodfelter, les bombardements de Dresde furent le plus grand massacre jamais perpétré en un même lieu et dans le même temps depuis Gengis Khan...


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