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Traité d'athéologie

Couverture du livre Traité d'athéologie

Auteur : Michel Onfray

Date de saisie : 03/02/2005

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-246-64801-7

GENCOD : 9782246648017


  • La présentation de l'éditeur

Ce livre est né d'une indignation et d'une urgence : l'indignation ? C'est le fait que, trois siècles après le triomphe des "Lumières", et un siècle après la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, le politique et le religieux soient encore si inextricablement mêlés dans nos sociétés prétendument laïques et démocratiques. L'urgence ? C'est le spectacle du monde comme il va - des évangélistes néo-conservateurs aux fanatiques du Djihad. Partout, observe Michel Onfray, Dieu, jadis chassé par la porte revient par la fenêtre. D'où cet essai, savant et polémique, conceptuel et sensuel, où le philosophe anti-platonicien qu'est Michel Onfray tente de pointer, de dénoncer, de dépasser, cette "haine des corps" qui, semble-t-il, gît secrètement derrière le retour généralisé du divin, et du "désir de salut", dans nos sociétés. Son livre se compose de quatre parties où, après l'exposé bilan de l'état actuel d'une "régression", se trouvent revisités le monothéisme, le christianisme et la théocratie.
L'essentiel, ici, peut ainsi se résumer : à quel prix - humain, amoureux, politique...) nos contemporains paieront-ils leur allégeance au ciel ? Dans ce livre, il est ainsi question de Jésus et des femmes, du désir et de la démocratie, de Saint-Paul et de Nietzsche. L'auteur, en matérialiste conséquent, provoque, stimule, suggère. A l'heure des intégrismes et des laïcités honteuses, ce Traité d'athéologie promet de faire du vacarme...

Depuis son prix Médicis-essai pour La Sculpture de soi, Michel Onfray n'a cessé de s'imposer comme l'un des meilleurs essayistes de sa génération. Quelques titres, entre autres : Politique du rebelle, Théorie du corps amoureux, Esthétique du Pôle-Nord, Fééries anatomiques...





  • La revue de presse Marc Riglet - Lire de mars 2005

La critique radicale de la religion est, même sous nos contrées, rare et mal considérée. Comme si une sorte d'obscénité s'attachait aux jugements péremptoires sur l'inanité des croyances religieuses. Il y a pourtant, sur ce terrain, des patronages prestigieux. Sigmund Freud, par exemple, pour qui toute religion procède d'une «névrose obsessionnelle». Et puis Karl Marx qu'on réduit à son «opium du peuple» en omettant la trouvaille poétique qui précède faisant de la croyance religieuse «le soupir de la créature opprimée». Mais, qui lit encore l'un et l'autre ? De sorte que l'athéisme revendiqué semble voué à être au mieux la marque de l'excentricité, au pire l'expression d'une rumination sectaire. On s'étonnera que Michel Onfray, dans ce Traité d'athéologie, croit devoir lui aussi sacrifier à l'ironie sur les petites chapelles rationalistes. Il en reprend pourtant, avec brio, le discours et les arguments au moins biséculaires - mais sans doute Michel Onfray doit-il, avant de lancer ses charges furieuses, se rassurer en s'assurant qu'il est seul contre tous. S'il lui paraît nécessaire d'être véhément, c'est parce que la notion d'athéisme reste l'objet d'une définition molle. Que l'on ne souscrive pas à un dogme fabriqué autour d'une révélation, et l'on a un titre à figurer dans la galerie des athées patentés. Or, c'est tailler trop large. Certes, invoquer Rousseau, Voltaire, Spinoza ou Kant, conduit bien à ce moment essentiel où la raison s'en prend à l'autorité des dogmes et au pouvoir des Eglises mais c'est s'arrêter au seuil de l'effort nécessaire pour n'avoir pas à se demander si, finalement, il n'existe pas «quelque chose» en dehors, au-dessus ou à côté de la matière, du réel et du monde...


  • La revue de presse Christian Makarian - L'Express du 28 février 2005

... Ce pamphlet gonflé par l'air du temps dénonce avec fureur la religion, «pratique d'aliénation par excellence». Après avoir présenté l'athée comme une victime, triste usage de la mode, le provocateur ne brille que par son absence de rigueur. Passe encore qu'au titre d'une véritable obsession Onfray se paie l'apôtre Paul à longueur de pages et en fasse un «hystérique», empli de «haine de soi», de «névrose» ; mais au titre d'un «diagnostic médical facile à faire» - sans blague ! - il en fait un impuissant et sonde pêle-mêle «l'estomac, les intestins, l'anus» de l'«avorton». Avec une passion jusqu'ici inavouée pour la gastro-entérologie, Onfray semble regretter que «Jésus n'excrète jamais». Comment ose-t-il écrire dans son introduction : «Je ne méprise pas les croyants» ?... Certaines têtes de paragraphe sont édifiantes: «Hitler disciple de saint Jean», «Le Vatican aime Adolf Hitler», et, sommet du genre, «Les compatibilités christianisme-nazisme». Michel Onfray déshonore l'anticléricalisme. Le moins que l'on puisse dire, c'est que son «athéologie» n'est pas une source de paix intérieure...


  • La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 24 février 2005

... La philippique de Michel Onfray ne vise pas les hommes de foi, mais la foi lorsqu'elle se ferme ou se substitue au savoir, ni les hommes qui s'agenouillent ou baissent la tête, mais «ceux qui les invitent à cette position humiliante», non le croyant mais le berger donc, non le recueillement intime mais l'«affaire publique» que devient la religion lorsque, ne se satisfaisant guère de la «gestion du corps et de l'âme d'autrui», elle se met à statuer sur tout, antépose sa vérité,... Comment est-il possible que nous vivions toujours «à un stade théologique ou religieux de la civilisation» ? Comment est-il possible que la religion soit encore si prégnante,... Comment est-il possible que la fenêtre du monde s'ouvre tous les jours, à chaque heure, sur des masses de fidèles qui prient, vont en pèlerinage, acclament des pontifes, sur des théocrates qui pontifient, décrètent, situent ici le bien et là le mal, indiquent ce qu'il faut penser, ce qu'il faut manger ou ne pas manger, comment il faut s'habiller, sinon qui il faut tuer, ou sur des débats politiques et sociaux au cours desquels «le Talmud et la Torah, la Bible et le Nouveau Testament, le Coran et les Hadith» sont plus cités que la Déclaration universelle des droits de l'homme ? De Dieu, n'avait-on pas annoncé la mort ? Trois millénaires, des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui, n'ont donc pas suffi à montrer qu'au nom de l'Au-delà, du Dieu d'Abraham, de Jésus et de Mahomet, on a perpétré ici-bas guerres et massacres, et que «l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix» ?

Il faut croire que non. Aussi doit-on en tirer quelques leçons. D'une part que l'athéisme n'a pas hissé des murs suffisamment hauts pour empêcher la diffusion de ce contre quoi il a combattu : c'est pourquoi Michel Onfray esquisse plutôt les linéaments d'une athéologie, capable de se donner ses propres fondements philosophiques sans se contenter de se définir par le rejet des hypostases religieuses...


  • La revue de presse Jacqueline Remy - L'Express du 31 janvier 2005

C'est devenu un créneau, depuis le 11 septembre 2001. La religion s'est installée au coeur du débat social et politique. Elle est sortie de la sphère privée pour envahir le champ public... Ce n'est pas la ferveur qui sidère, mais l'affichage. Insensiblement prospère l'idée que les dieux auraient tous les droits et que les religions seraient au-dessus de toute critique.

De quoi déchaîner Michel Onfray, philosophe «antiplatonicien» et hédoniste plein de santé. Dans un essai exaspéré (Traité d'athéologie, chez Grasset), il dénonce le mélange des genres - religieux et politique - dans nos sociétés dites laïques et démocratiques. En se défendant de tout mépris pour les croyants, il souligne le caractère irrationnel de leur foi : «De la pensée magique, dit-il, pour éviter de regarder le réel en face.» Quand il n'y a plus ni beaux discours, ni grandes idées, ni horizons très nets, on se raccroche à Dieu : «Plutôt une fable que rien.»... Michel Onfray... propose, outre Epicure, une solution collective : militer fermement pour un athéisme «vraiment athée», nettoyé de ses influences judéo-chrétiennes...


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