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Mots et pas perdus

Couverture du livre Mots et pas perdus

Auteur : Jean-Denis Bredin

Date de saisie : 03/02/2005

Genre : Droit

Editeur : Plon, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-259-18211-9

GENCOD : 9782259182119

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  • La présentation de l'éditeur

Nous devions aller au Palais de Justice aussi souvent que possible, et s'il se pouvait tous les jours ; c'est là, nous enseignait-on, que s'apprend, que se comprend la profession d'avocat. Beaucoup d'avocats venaient au Palais pour plaider ou demander des remises, pour aller chez des juges d'instruction, pour rendre de respectueuses visites à des magistrats, pour rencontrer des confrères, bref, pour travailler. Mais beaucoup y venaient aussi pour se distraire, pour passer le temps, retrouver des amis et parler, parler à deux, à trois, à quatre, parler en marchant ou assis sur un banc. Merveilleuse Salle des Pas Perdus, qui méritait alors si bien son nom ! Se croisaient, tous vêtus de leur robe, d'illustres avocats, des bâtonniers très respectés, des confrères fort occupés qui couraient de Chambre en Chambre, et aussi d'inlassables bavards. On apprenait l'art de parler, l'art de médire, de médire des avocats, très confraternellement, et aussi des juges et bien sûr de leurs jugements, et aussi des hommes politiques et de toutes les réformes de la Justice... Dans ce déluge de mots, passait parfois l'éloquence.





  • La revue de presse Eric Ollivier - Le Figaro du 3 février 2005

Après avoir beaucoup parlé tout au long d'une harassante carrière, les avocats aiment bien prendre la plume des souvenirs. Je dirai qu'ils recrutent ainsi une nouvelle clientèle, car nous sommes tous friands des détails de la comédie judiciaire, où un Balzac contemporain pourrait partir à la chasse de personnages captivants (et ex-captifs souvent). La justice vue du côté des «robins» est, en effet, une formidable comédie humaine. Et tous ceux qui ont eu la chance de ne pas passer par un prétoire aiment toujours les tableaux de moeurs d'une société, brossés par ses acteurs... À l'heure non des comptes mais des comptes rendus de multiples combats, un avocat aime à revenir vers ce palais de justice de Paris où il fit ses premiers pas... Jean-Denis Bredin va sillonner pour nous cette impressionnante salle des pas perdus qui lui fut familière et que les non-initiés pourraient nommer la salle des profanes perdus... Pour ne pas déflorer un livre riche, je citerai une seule anecdote. Insolite. En diable. Un séminariste, qui aimait bien se glisser dans le lit de ses voisins, avait trouvé un moyen habile de leur épargner le péché mortel de communier sans se confesser : avant la messe, dès potron-minet, il échangeait dans le tabernacle les hosties consacrées contre des hosties de réserve... Mais le mémoire de Bredin n'est pas seulement anecdotique. Il explique comment la profession d'avocat s'est transformée en moins d'un demi-siècle... Et méditons ce constat de Me Bredin : partout la parole a été remplacée par le bavardage.


  • La revue de presse Daniel Rondeau - L'Express du 31 janvier 2005

Un honnête homme ouvre la boîte de ses souvenirs. Le brouillard du temps s'évapore, un paysage se forme. Où sommes-nous ? A quelle époque ? En France, à Paris, entre 1950 et 1960, dans un palais de justice ou dans un cabinet d'avocat. Le palais ressemble à un théâtre et le cabinet tient du confessionnal. Tous les personnages portent la robe noire. Leur vraie place, c'est la barre, d'où ils plaident et défendent. Certains sortent d'un roman de Balzac. D'autres semblent nés au XVIIIe, dans ce royaume qui fut d'abord une invention de juristes, les premiers à avoir eu une certaine idée de la France... Mots et pas perdus, livre de mémoire et de fidélité, d'amitié aussi, raconte les débuts de Jean-Denis Bredin. Sa prise de robe, ses premières leçons de justice, sa façon d'entrer dans la lumière des mots. L'auteur nous parle d'un temps où les avocats se faisaient enterrer avec leur robe, aujourd'hui hâtivement louée dans les vestiaires, juste avant de plaider. Ce désir de linceul noir prouvait à lui seul une noblesse... Tout en s'interrogeant sur «l'agonie de la parole dans ses emplois les plus nobles» et l'obsession d'un temps qui veut que tout dommage oblige à réparation, Jean-Denis Bredin évoque quelques chers confrères, illustres et oubliés...


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