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La culasse de l'enfer

Couverture du livre La culasse de l'enfer

Auteur : Tom Franklin

Traducteur : Lise Dufaux | François Lasquin

Date de saisie : 19/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Grandes traductions

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-226-15671-6

GENCOD : 9782226156716

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

1897. Dans un coin reculé de l'Alabama, un homme est assassiné dans d'étranges circonstances. Pour le venger, ses proches forment une société secrète, «La culasse de l'enfer», fermement décidée à faire sa propre justice. S'engage dès lors, entre les métayers blancs et les propriétaires fonciers des villes voisines, une guerre fratricide où il n'y a ni innocents ni coupables, mais du sang et de la douleur... À partir d'un fait historique, Franklin déploie une magnifique fresque romanesque et poétique où s'enchevêtrent la dimension sociale, policière et humaine. Explorant les replis les plus obscurs de l'âme, ce récit âpre et inexorable rend un magnifique hommage non seulement aux hommes dont il traite mais au monde qu'ils habitent.

«Je suis stupéfait par la puissance de Tom Franklin. La force d'évocation de sa prose, la rigueur implacable de son imagination me rappellent Faulkner.» Philip Roth.

Tom Franklin est l'auteur d'un recueil de nouvelles Braconniers (Albin Michel, 2001) désigné par Esquire comme le «Meilleur premier livre de fiction» de l'année et couronnée par un Edgar Award. La Culasse de l' Enfer est son premier roman.





  • La revue de presse André Clavel - Lire de juin 2005

Un western ? Oui, et des meilleurs... Tom Franklin a réussi un double exploit : imiter les cinéastes - son sens du cadrage est remarquable - tout en restant un romancier tellement original que Philip Roth n'a pas hésité à sortir de sa réserve pour le saluer. «La force d'évocation de sa prose et la rigueur implacable de son imagination me rappellent Faulkner»... nous voici dans le bruit et la fureur d'un roman qui brasse la lie du passé (la fin du XIXe siècle) en concentrant son zoom sur une petite bourgade sudiste, Mitcham Beat.

C'est là, dans l'écrin immuable des champs de coton, que l'auteur de Braconniers (recueil de nouvelles traduites chez Albin Michel) va faire monter la tension en racontant comment la région fut mise à sac par les razzias sanguinaires d'une mystérieuse société secrète, la Culasse de l'enfer... Si Franklin s'est beaucoup documenté pour construire son scénario, s'il a largement puisé dans les annales - la Culasse de l'enfer a bel et bien existé -, il a évité les facilités du roman historique pour signer un récit magnifique... On pense donc souvent à Faulkner, en effet, mais aussi au génial inventeur du «western métaphysique» : Cormac McCarthy.


  • La revue de presse Jean-Yves Bochet - Télérama du 23 février 2005

... Dans un style elliptique, proche de celui de Raymond Carver, Tom Franklin, originaire lui-même de l'Alabama, s'était fait remarquer, il y a quatre ans, avec Braconniers, un exceptionnel recueil de nouvelles... La Culasse de l'enfer, son premier roman, met une nouvelle fois en scène l'Alabama et son prolétariat paysan, mais selon une perspective plus historique. A la fin du XIXe siècle, dans le comté de Clarke, une guerre de quelques mois opposa les métayers blancs aux gros propriétaires fonciers, qui détenaient sur eux un pouvoir absolu. Après un premier incident, les métayers réagissent et forment une société secrète : la Culasse de l'enfer, qui va semer la terreur dans la région... Les noms de Faulkner et de Flannery O'Connor viennent évidemment à l'esprit, mais c'est surtout à Larry Brown, autre grand écrivain du Sud, récemment disparu, que ce roman fait penser. Tom Franklin a cette même faculté de saisir, en quelques mots, l'émotion dégagée par ces hommes peu loquaces. Ces métayers sans foi ni loi - cette «meute», comme les désigne le shérif - entament à travers le comté un voyage au bout de l'horreur qui trouvera sa conclusion dans un combat pathétique et terrible digne des grands westerns crépusculaires américains...


  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 17 février 2005

Alabama, 1897-1898. Dans un comté arriéré où survivent, isolés les uns des autres, de petits métayers blancs exploités par les propriétaires des villes voisines, est retrouvé assassiné un marchand local, Arch Bedsole, candidat à de futures élections. Ce qui suscite la fureur apparente de son cousin Tooch qui hérite de son magasin et rassemble autour de lui fermiers et ouvriers agricoles pour fonder une société secrète, la Culasse de l'Enfer, dont le but officiel est de combattre l'oppression des propriétaires et notables voisins, mais qui multiplie surtout les actions crapuleuses,... Un homme tente de se dresser contre cette violence qui entraîne par contrecoup celle des bien-pensants qui s'organisent en bandes vengeresses... Il y a quelque chose de drôle (ou d'irritant) dès qu'il est question d'un écrivain sudiste : on trouve toujours quelqu'un pour le comparer à Faulkner. C'est Philip Roth cette fois qui se charge de la besogne : «La force d'évocation de la prose de Tom Franklin, la rigueur implacable de son imagination nous rappellent Faulkner.» Eh bien non, désolé, le rapprochement n'est pas de mise... Référence pour référence, il faudrait la chercher du côté du cinéma, du western, des meilleurs films de Clint Eastwood - et cette comparaison n'a rien de désobligeant, croyez-moi ! L'effet de réalité prodigieux dégagé par Tom Franklin, son goût du détail, son regard effrayé sur la sauvagerie innommable de l'homme, sa façon de faire chanter ses décors en longues phrases panoramiques devraient s'accorder à l'univers de l'acteur-réalisateur...


  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 27 janvier 2005

On avait découvert l'auteur avec Braconniers. La nouvelle-titre du recueil, avec son atmosphère poisseuse de Sud arriéré rappelant Faulkner ou Caldwell, était une réussite majeure. La Culasse de l'enfer confirme la place de son auteur au premier plan.

On est en 1898, à Mitcham Beat, petite bourgade d'Alabama. On trouve là un shérif, un juge, quelques commerçants plus ou moins fortunés, et toute une population de métayers misérables et d'enfants couverts de haillons... La région se trouve soudain dévastée par des crimes sanglants dus à une mystérieuse société secrète, la Culasse de l'enfer, dont les membres se fournissent mutuellement des alibis... Certains personnages sont admirables, notamment la veuve Gates, qui tient à la fois de la grand-mère des contes de fées et de la Ma Dalton de Lucky Luke, et Billy Waite, shérif vieillissant et las, honnête, lucide, qui tue lorsqu'il y est forcé, mais rêve de la paix de son foyer et des petits plats de sa femme... Tom Franklin retrouve les grands thèmes du western : la loi, la justice, la civilisation. Braconniers, nouvelles d'un gothique sudiste, évoquaient Faulkner. La Culasse de l'enfer semble écrit sous l'égide du Cormac McCarthy de Méridien de sang : même précision méticuleuse de la langue, même richesse du vocabulaire, même froideur clinique dans la description d'éruptions de violence qui laissent le lecteur pantois. La chevauchée des justiciers, qui devient une chevauchée de damnés, est un des grands moments du roman américain de ces dernières années.


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