Auteur : Elliot Perlman
Traducteur : Johan-Frédérik Hel-Guedj
Date de saisie : 24/01/2005
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : R. Laffont, Paris, France
Collection : Pavillons
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-221-09529-4
GENCOD : 9782221095294
Simon, instituteur brillant et estimé, est au chômage. Un après-midi, sans que rien ne laisse prévoir son geste, il enlève un petit garçon à la sortie de l'école... Un petit garçon dont il a follement aimé la mère, dix ans plus tôt. Crime d'un pervers masqué en héros romantique ? Acte désespéré d'un homme abîmé par le chômage ? Fixation pathologique sur une femme indigne ? Simon est-il une victime ou un manipulateur ?... Sept personnages témoignent. Tous sont acteurs de l'événement qui a fait la une. Ils racontent leur version des faits et, peu à peu, se racontent, eux, leurs espérances, leur souffrance, leur lutte. Dans une Australie convertie au culte de l'argent roi, ils démontrent chacun à leur manière qu'il y aura toujours une place pour la poésie et l'amour fou.
Elliot Perlman est né en 1964 en Australie. Il a reçu le Book of the Year Award pour son premier roman, Three Dollar et le Steele Rudd Award pour son recueil de nouvelle The Reasons I Won't be Comming. Un film tiré de Three Dollars est en cours de réalisation. Elliot Perman vit à Melbourne, où il est avocat.
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Simon est un drôle de garçon, genre cafardeux, malchanceux, romantique et, surtout, perdu pour la société depuis qu'Anna l'a quitté pour vivre avec Joe et leur fils Sam. La rupture date de dix ans, mais la blessure ne s'est jamais refermée. Un matin, sur un coup de folie, Simon enlève le petit Sam à la sortie de l'école.
Sur cette trame plutôt fragile, l'Australien Elliot Perlman tisse un huis clos équivoque où s'imbriquent les points de vue de sept personnages... Ambiguïtés est un récit magistral qui parle de confusion sentimentale, de manipulation, mais aussi de souffrance dans une société qui cultive les profits autant que les non-dits. Un premier roman ambitieux et troublant...
Dix ans qu'Anna a fichu le camp. Dix ans que Simon a le coeur en berne. A la lisière de la dépression, prêt à y tomber sans coup férir et à agir sans raison. Une seule seconde suffit, parfois. Une seconde pour tout foutre en l'air. Pour enlever un enfant, celui d'Anna, un soir à la sortie de l'école. Et se retrouver derrière les barreaux... chaque mot dit le malaise, chaque situation, l'équivoque des relations humaines, ces «ambiguïtés» auxquelles renvoie le titre de ce premier roman de l'Australien Elliot Perlman. Une oeuvre dissonante, où les temps et les sentiments se fondent, où chaque abcès en fait surgir d'autres. Une magnifique symphonie (dé)concertante.
Simon Heywood, jeune Australien brillant et idéaliste devenu instituteur, au grand dam de ses riches parents, consacre son temps libre aux enfants défavorisés. Un soir, un petit garçon d'origine mexicaine disparaît après un cours particulier... Simon perd son emploi et sombre dans l'alcool et la déprime, consolé par Ange, une prostituée de luxe qui l'idolâtre... À partir d'un fait divers banal (en ce temps de politiquement correct, on n'ose pas dire anodin), le romancier australien Elliot Perlman, en un roman mastodontesque et passionnant, dresse un tableau de la société australienne (et du monde occidental, et de ses valeurs) en l'an 2000 et des poussières... Ambiguïtés a été comparé aux Corrections, de l'Américain Jonathan Franzen (à tort, car le roman de l'Australien, s'il est moins clinquant et branché, paraît aussi moins «fabriqué» et risque de mieux vieillir), et à Pastorale américaine (à tort encore, car le livre de Philippe Roth est un des avatars possibles du «grand roman américain», alors que le «grand roman australien», jusque-là, n'a encore fait fantasmer personne)... la force de Perlman vient de ce qu'il ne joue pas ses personnages les uns contre les autres, mais permet à chacun d'eux d'exprimer ses propres sentiments à propos des événements...
Si elle a le vent en poupe, la littérature australienne a aussi le feu au derrière. Elle s'écrit au galop, dans les grandes largeurs, sans lésiner sur les effets spéciaux... il n'y a guère de place pour la petite musique. Sauf chez Elliot Perlman, un inconnu de 40 ans qui débarque de Melbourne, où il est avocat : cet homme de robe fait dans la dentelle et ses Ambiguïtés sont un régal de raffinement. Avec une écriture délicate, toute en clair-obscur. Il n'est donc pas question de résumer ce roman, pas plus qu'on ne résume une page de Tchekhov. Disons seulement que Simon, le héros, est un incorrigible romantique qui ne se console pas d'avoir été blousé par l'amour... Ambiguïtés est un subtil carrousel de confessions alternées, de semi-mensonges, de révélations inattendues, de non-dits, d'aveux étouffés, d'équivoques et de quiproquos. Autant de pistes que l'écrivain australien dessine sur les sables mouvants d'une vérité introuvable...
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