Auteur : Jean-Marc Parisis
Date de saisie : 24/01/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Stock, Paris, France
Collection : Bleue
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-234-05736-4
GENCOD : 9782234057364
Orphelin à 7 ans après un accident de voiture qui liquide toute sa famille, Patrick Langevin choisit très vite son camp. Pas question de s'arrêter à la nostalgie, il opte pour la solitude et l'indifférence, décide très tôt de faire du droit, devient un étudiant brillant, se marie avec une jeune fille dont il tombe amoureux au premier regard. Mais le temps passe «comme un salaud», transformant le jeune avocat en défenseur des riches contre les riches et le mari en courant d'air... Jusqu'au jour où Patrick plonge dans une reprise particulièrement retorse du Portrait de Dorian Gray : il rajeunit de dix, vingt, trente ans en quelques semaines. Jean-Marc Parisis brosse un rigoureux tableau de la société pour mieux glisser son grain de fantastique... Le tableau de moeurs est méchant, l'auteur élégamment provocateur, l'écriture fureteuse, élégante et le ton évite tout pathos...
Né à l'âge de 7 ans, Patrick Langevin, héros et narrateur de ce livre, aura d'emblée maille à partir avec le temps. Sa vie commence le jour du terrible accident de voiture où l'enfant perd toute sa famille et momentanément la mémoire. Quand il la recouvre, il comprend que «tout le temps de vivre, ce serait moi contre tous»... Métaphysique, «Physique» n'est pas un livre agréable mais un très bon roman, qui traduit, en les dénonçant, les errements précipités et stériles d'une époque, sans une once de démagogie, pas même celle qui consisterait à rendre son héros sympathique. Un roman réussi, en forme de pied de nez à la course éperdue de nos contemporains après la performance de soi.
Une énigme, le nouveau roman de Jean-Marc Parisis. Le récit d'une déchéance morale, écrit à la manière d'une renaissance physique. Un peu comme si Dorian Gray, non content de ne plus vieillir, s'était mis à la DHEA à mesure qu'il dégringolait dans l'abject. Alors voilà, Patrick Langevin, avocat à costume Cerruti, est marié à Catherine, artiste peintre. Fut un temps où il l'aimait d'amour fou. C'était avant d'inséminer les femmes de ménage de son cabinet... La suite, c'est l'histoire d'une dérive qui serait cependant un retour vers l'enfance. Les cellules de l'argousin n'en finissent plus de remonter le temps. Ses crocs carnassiers redeviennent des dents de lait.
De Jean-Marc Parisis, 42 ans, auteur aussi émouvant que rare - trois romans depuis «la Mélancolie des fast-foods» en 1987 -, on retrouvera ici le lyrisme sec, la douleur concentrée, la ferveur d'imprécateur avec laquelle il tabasse sans relâche l'époque... «Physique» n'est pas un livre à mettre entre les mains d'un psy. L'auteur signerait pour le divan à perpète. La métaphore du retour vers une matrice synonyme de mort, qui court tout au long du roman, est à faire se dresser tous les poils d'une tête lacanienne. Le dénouement sidère...
Physique est le roman d'un écrivain pessimiste chargé d'énergie. Le monde décrit par Jean-Marc Parisis est chaotique, rapide et violent. C'est le nôtre, sans recul et sans boussole. Il faut parfois de la hargne pour le comprendre. L'auteur est lesté d'évidentes qualités d'observateur, et la réalité colle à sa plume. Il la découpe avec des mots de son temps et des phrases brèves qui retiennent les éclats de la lumière et font de la poésie. Il ne juge pas, il ne condamne pas, il se met seulement dans la peau de son personnage, Patrick Langevin, et raconte ce qui lui arrive avec la dureté de celui qui aime la vie, malgré ce que la vie lui a fait... Jean-Marc Parisis nous livre quelques tableaux d'époque, saisis par un oeil ironique et cruel... Il a le don de la formule, un certain sens de la provocation. Sous ses mots s'entend le chant secret d'une époque toujours à la recherche d'elle-même et qui aspire à un temps plus métaphysique que physique.
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