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Les entretiens de Nuremberg

Couverture du livre Les entretiens de Nuremberg

Auteur : Léon Goldensohn

Préface : Robert Gellately

Traducteur : Pierre-Emmanuel Dauzat

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Histoire

Editeur : Flammarion, Paris, France

Collection : L'Histoire

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-08-210441-8

GENCOD : 9782082104418


  • La revue de presse Olivier Wicker - Libération du 10 février 2005

En 1945, Leon Goldensohn, psychiatre de l'armée américaine, fut affecté à la prison de Nuremberg pour veiller à la santé psychique des criminels nazis qui attendaient leur jugement. Arrivé en janvier 1946, il resta jusqu'à la fin juillet de cette même année, s'entretenant régulièrement avec les détenus, jetant leurs confidences sur des notes qui devaient, semble-t-il, offrir la matière d'un livre. L'ouvrage ne devait jamais voir le jour, mais les carnets, après de longs détours, sont aujourd'hui publiés... On pouvait attendre d'un tel opus soit des révélations fracassantes sur le cercle des dirigeants nazis, soit une subtile analyse psychiatrique ­ voire psychanalytique. De fait, l'auteur s'efforce de tenir les deux bouts de la chaîne... On pourra malgré tout être sensible à l'incroyable aplomb de ces individus, jouant aux hommes d'Etat alors qu'ils n'étaient que des criminels, fuyant leurs responsabilités en reportant la faute sur les absents (Hitler, Himmler, Bormann), niant l'évidence des meurtres de masse qu'ils avaient commandités...


  • La revue de presse Jacques Duquesne - L'Express du 31 janvier 2005

Le mal est banal. Le crime peut être routinier, la folie meurtrière vécue comme la mise en oeuvre d'un business plan. Voilà des constats que l'on ne dresse pas froidement. Et qui ne sont pas très neufs. Mais les confidences de quelques grands criminels de guerre nazis, recueillies lors du procès de Nuremberg, en 1945-1946, par un psychiatre américain, apportent sur ce thème - hélas ! inépuisable - quelques lumières nouvelles.

Ce psychiatre, Leon Goldensohn, visitait les accusés de Nuremberg dans leur cellule. Isolés, ces hommes se confiaient plus aisément. Avec la volonté de se défendre, bien sûr. Tout de même, ils livraient bien des informations et des jugements : sur le système totalitaire, très compartimenté. Ou sur Hitler... Dans le livre de Goldensohn, Hermann Göring, compagnon du Führer et commandant en chef d'une armée de l'air qui se plaisait à terroriser les populations civiles, livre au passage des informations sur la conduite de la guerre, mais, surtout, explique : «Ce qui est étrange, dans tout ça, c'est que je ne me sens pas criminel et que si j'avais été aux Etats-Unis, en Amérique du Sud ou partout ailleurs, j'aurais probablement été un dirigeant dans l'un de ces pays. Je suis un capitaliste et un homme de culture.»... Le psy Goldensohn, dont les carnets sont aujourd'hui édités, pensait, d'abord, qu'il avait affaire à des dépravés, des anormaux. Et puis, cette conviction peu à peu se défit, sans même qu'il en ait apparemment conscience. Le jeune Goldensohn (34 ans à l'époque) était également persuadé que les nazis avaient fomenté une immense conspiration dès les débuts du IIIe Reich, tramé un vaste complot pour commettre leurs crimes. Mais, de cette question, les historiens débattent encore... Demeure une autre question, capitale : celle du mal qui gît au coeur de l'homme.


  • La revue de presse Laurent Douzou - Le Monde du 21 janvier 2005

Du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, le Tribunal international de Nuremberg jugea vingt et un responsables nazis... Couvert par des journalistes du monde entier, décortiqué ultérieurement par les historiens, ce procès est aujourd'hui bien connu, jusque dans son détail. Avec une zone d'ombre liée à l'impossibilité de sonder les reins et les coeurs : quelles pensées ces hommes rattrapés par leur sinistre passé ruminaient-ils dans leurs geôles ?

Il se trouve qu'un officier américain de 34 ans, Léon Goldensohn, fut affecté à la prison de Nuremberg de janvier à juillet 1946. Psychiatre de son état, il fut chargé de veiller sur la santé mentale des accusés, avec lesquels il s'entretint longuement et individuellement. Il interrogea aussi des témoins de la défense et de l'accusation, dont certains hauts dirigeants nazis. Il consigna méticuleusement ses observations. Rendu à la vie civile, il rangea ses notes et reprit aux Etats-Unis son métier, qu'il exerça jusqu'à sa mort, en 1961. C'est à l'initiative de son frère que paraît cet ouvrage, qui réunit un choix d'une partie des entretiens que Leon Goldensohn conduisit à Nuremberg avec dix-neuf accusés et quatorze témoins... De ce corpus insoupçonné autant qu'improbable se dégage une irrépressible propension des accusés à se disculper... En dépit de ces entretiens officiels par le truchement d'un traducteur, au cours desquels les accusés avaient tout loisir de fourbir leurs réponses, malgré ce que l'on apprend de leurs pathologies somatiques et psychiques, le mystère demeure entier...


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