Auteur : Eileen Chang
Traducteur : Emmanuelle Péchenart
Date de saisie : 23/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Regards croisés
Prix : 14.50 € / 95.11 F
ISBN : 978-2-7526-0086-8
GENCOD : 9782752600868
Depuis que ses compatriotes ont eu de nouveau accès à l'oeuvre d'Eileen Chang (Zhang Ailing), ils ne cessent de la lire. En effet, après son exil aux Etats-Unis, en 1954, ses écrits n'avaient plus été visibles en Chine continentale pendant trente ans. Il m'a été donné de les découvrir à Shanghai, sa ville ; puis, plus tard, de commencer à les traduire. Les récits d'Eileen Chang sont de subtiles constructions. Il n'y paraît pas, immédiatement. Des textes rapides et délicats, une écriture raffinée, certes, mais qui s'entend bien, et qui entraîne. Un amour dévastateur, l'un de ces courts romans, semble une histoire simple : années 1940 à Shanghai, une femme divorcée, retournée dans sa famille, clan typique de la vieille Chine, cherche à refaire sa vie ; rencontrant le prétendant de sa soeur, c'est elle qui se l'attache ; l'homme en question, élevé à l'étranger, habitué à la vie et aux femmes faciles, achoppe devant celle-ci, très belle encore, imprégnée de culture traditionnelle et peu encline à accepter une relation éphémère. Ils partent à Hongkong, elle lui résiste encore. Il insiste. Tout devrait se terminer là, la belle séduite enfin, peut-être abandonnée. Mais la guerre - l'attaque sur Pearl Harbor - et le temps qui reprend son cours lui viennent en aide, au détriment du reste du monde. C'est une tragédie, ou un conte malicieux, une comédie qui se moque de ses protagonistes. Cela peut se lire à des degrés divers, dévoile mainte ramification. Eileen Chang est un auteur multiple.
Emmanuelle Péchenart, traductrice de l'ouvrage
"La demeure des Pai avait quelque chose d'un palais des fées : lorsqu'un jour s'écoulait ici dans un souffle, mille ans s'étaient écoulés sur la terre. Mais mille ans, ici, passaient à peu près comme un jour, parce que chaque jour y était si monotone et sans goût. Lio-su enfouit la tête dans ses bras. Huit années évanouies en un instant. Tu es encore jeune ? Ne t'inquiète pas, encore une année ou deux et tu seras vieille..." Lio-su vit, depuis son divorce huit ans auparavant, dans la demeure familiale à Shanghai. Toutes les filles n'y sont pas encore mariées ; un remariage est donc inimaginable avant que ses soeurs ne soient casées. Et pourtant : un jeune prétendant sans foi ni loi, si ce n'est les siennes, refuse la jeune sueur qu'on lui propose et courtise éhontément notre héroïne ! Peut-elle céder à cette cour tendre et fantasque ? Impossible en tout cas de vivre cet amour à Shanghai. Partiront-ils pour Hongkong, la ville où toutes les modernités se mêlent avec bonheur aux traditions ancestrales ? Le conte de fées se termine bien sûr par le mariage... et qu'importe si la ville est alors bombardée par les Japonais ! Ce court roman, qui va droit à l'essentiel, est admirablement servi par l'écriture de la romancière, rythmée et incisive. Une jolie découverte.
Eileen Chang, née à Shanghai en 1920, s'est exilée aux États-Unis où elle est morte en 1995. Elle est considérée comme l'un des plus grands auteurs chinois du XXe siècle, surtout pour ses romans écrits entre 1943 et 1945, en pleine occupation japonaise - d'une liberté de thèmes et de ton sans précédent qui justifient son extraordinaire popularité.
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