Auteur : Ma Jian
Traducteur : Jean-Jacques Bretou
Date de saisie : 26/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Regards croisés
Prix : 25.60 € / 167.92 F
ISBN : 978-2-87678-978-4
GENCOD : 9782876789784
Le chemin saisi.
Le chemin saisi, les mots s'ajoutaient aux mots, les phrases aux phrases pour construire un univers, des mondes.
De Paris, je me retrouvais à Pékin 53, passage de Nanxio. Le chemin : la langue de Ma Jian, était aisée, ses indications précises. Je m'abandonnais au récit. Après avoir fait connaissance des amis artistes de mon hôte, j'ai connu la terreur de la campagne sur la pollution spirituelle sous Den Xiaoping. La petite bande du 53, passage de Nanxio, malgré la privation des libertés les plus élémentaires, ne manquait ni d'inventions ni d'humour. Dans l'atmosphère suffocante de la Chine d'alors, j'ai souri en pensant qu'en occident contrat d'objectif, évaluation, propagande, statistiques pouvaient passer pour des méthodes de «management» modernes.
J'ai suivi Ma Jian dans sa fuite pour découvrir la Chine du nord, puis le Tibet. J'ai traversé de grands espaces désertiques, rencontré des peuples, des personnages, connu des émotions, échangé des idées.
De temps en temps, il me fallait reprendre mon souffle, retrouver ma langue, pour pouvoir restituer et faire passer aux lecteurs toutes ces impressions.
L'épopée de Ma Jian qui prenait la tournure d'une quête spirituelle s'est prolongée vers le sud, nous avons traversé des jungles, rencontré des minorités ethniques dont je ne soupçonnais pas les coutumes. Puis, nous sommes retournés au Tibet où j'ai assisté à des funérailles célestes.
Au terme de ce voyage où j'ai beaucoup appris, j'ai découvert que si l'absence de liberté était insupportable à Ma Jian, le bouddhisme n'avait plus beaucoup de grâce à ses yeux, que le seul libéralisme économique n'était pas une solution de rechange. Restaient l'art et le taoïsme.
Jean-Jacques Bretou, traducteur de l'ouvrage
Une odyssée de trois ans à travers un pays aux multiples facettes que MA a décidé d'entreprendre à la suite des persécutions d'une autorité répressive et hypocrite.
«Une des voix les plus courageuses et importantes de la littérature chinoise», a écrit Gao Xingjian, prix Nobel de littérature.
«Chemins de poussière rouge» nous entraîne au gré de la quête intérieure de Ma Jian, dans les profondeurs de la Chine, des vastes plaines de l'extrême Ouest jusqu'au Tibet, en passant par les côtes du Sud. Son écriture, comme son oeil de photographe, est précise, propre à nous faire saisir les choses et les êtres par le détail ; elle est généreuse et élégante, tout comme l'homme et le poète. Nous découvrons une société en proie à de multiples contradictions, où la population peut se montrer parfois vénale, cruelle et profondément misogyne.
Ce livre est le regard sans concession, délivré de tout tabou, d'un Chinois de l'intérieur devenu étranger à son propre pays.
Ma Jian apparaît, à travers ces pages, comme un être sensible, sensuel, très attachant et profondément humain.
Né en 1953, Ma Jian est peintre, photographe, poète et romancier. Il a travaillé jusqu'en 1983 comme journaliste au service de la propagande des syndicats chinois. Poursuivi pour ses activités bourgeoises au moment de la campagne contre la Pollution Spirituelle menée par Deng Xiaoping, il entamera un long périple à travers la Chine. Il vit aujourd'hui à Londres.
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