Auteur : Oscar Wilde
Traducteur : Michel Borel
Date de saisie : 27/08/2006
Genre : Théâtre
Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France
Collection : Théâtre
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-907649-89-6
GENCOD : 9782907649896
Après avoir traduit L'éventail de lady Windermere et Salomé, et y avoir pris goût, j'ai été tenté par cette oeuvre de jeunesse qu'est La duchesse de Padoue et la gageure que cela représentait de s'attaquer à une pièce en vers. Fallait-il tenter de rimer et de scander ? La langue poétique anglaise se prêterait-elle aisément à l'exercice ? Je voulais aussi poursuivre ma tâche de traduction par les oeuvres moins connues d'Oscar Wilde, en respectant l'objectif que je m'étais fixé d'un texte «disible» par l'acteur et «entendable» par le spectateur. Alors l'exercice était tentant, ce fut La duchesse de Padoue.
Je considère cette pièce comme une véritable tragédie romantique, car le personnage de la duchesse l'entraîne au-delà du drame. Alors que Guido et même, d'ailleurs, le duc s'inscrivent naturellement dans la tradition du drame romantique, par la hauteur et l'égoïsme de sa passion, par la manière dont elle forge inexorablement son propre destin et celui de Guido, la duchesse donne à la pièce une dimension tragique qu'Oscar Wilde maîtrise avec brio.
Vous dire le plaisir de la traduire et de la rendre telle que je la sentais est superflu. Je me suis régalé.
Michel Borel, traducteur de l'ouvrage
La duchesse de Padoue occupe une place particulière dans l'oeuvre d'Oscar Wilde. D'abord, c'est une oeuvre de jeunesse, ensuite, c'est une pièce en vers, la seule ; enfin, elle fut écrite pour quelqu'un, dans le cadre d'une commande.
Très romantique dans sa forme et dans son thème, elle a tout du drame romantique, la cruauté, le meurtre, l'amour ou plutôt la passion ; en première apparence, un drame hugolien, et pourtant, autre chose.
Cette pièce en vers marque l'élan du poète ; d'ailleurs, pendant les dix années qui suivront, Oscar Wilde n'écrira plus pour le théâtre, mais des nouvelles, des contes, des poèmes. Et quand il y reviendra, c'est pour un autre style de pièces (à part Salomé qui sera la dernière manifestation du tragédien moderne).
Et c'est pour une actrice américaine connue, Mary Anderson, qu'il fera naître ce personnage de passion qu'est la duchesse. C'est au cours de sa longue tournée de conférence sur l'esthétisme qu'il fit aux États-Unis qu'il prit l'engagement de lui offrir un rôle digne de Sarah Bernhardt, et repartit avec un contrat. Le rôle ne lui conviendra pas, Mary Anderson ne le jouera pas.
Cette seconde pièce confirme la maîtrise qu'à l'auteur de la construction dramatique, elle est longue certes mais bien équilibrée. Son thème et la plupart de ses personnages sont dans la plus pure tradition romantique.
C'est le personnage de la Duchesse qui donne à l'oeuvre sa nouvelle dimension. Ce n'est pas une héroïne romantique, au contraire de Guido qui l'est totalement. Certes, elle suit l'appel de sa passion ; mais cette passion suscite parfois une impression de gêne tant elle contient d'égocentrisme et d'exigence, et Guido n'est finalement qu'un jouet entre ses mains. C'est un véritable personnage de tragédie qu'elle incarne et l'on a parfois l'impression d'entendre s'exprimer la femme du Duc !
La pièce est intéressante à connaître car elle marque une étape dans l'évolution de l'art d'Oscar Wilde.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli