Passion du livre - tout sur le livre : Le roman de Pauline

.. Le roman de Pauline

Couverture du livre Le roman de Pauline

Auteur : Calixthe Beyala

Date de saisie : 05/02/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans français

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-226-18652-2

GENCOD : 9782226186522

Sorti le : 04/02/2009

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  • La présentation de l'éditeur

«A Pantin il est plus facile de gifler une nana que de lui dire je t'aime, plus facile de la violer que de lui dire je t'aime, plus facile d'aller lui cueillir des étoiles que de lui dire je t'aime.»

Pauline a 14 ans et vit à Pantin entre une mère qui la néglige et un frère délinquant. Elle ne va plus à l'école, passe ses journées dans la rue jusqu'à sa rencontre avec Mathilde, prof de français d'un type spécial qui décide de l'héberger. Et Pauline, fille de banlieue ordinaire, à la fois soumise et révoltée, se met à découvrir un monde autre que la violence : la complexité des sentiments et la difficulté d'aimer.
Calixthe Beyala en restitue l'itinéraire, les drames et les attentes avec humour, tendresse et une liberté de ton qui en rend le destin attachant et incomparablement vrai.

L'AUTEUR : Auteur de nombreux romans à succès chez Albin Michel, Calixthe Beyala a reçu plusieurs distinctions, notamment le Grand Prix du roman de l'Académie Française pour Les Honneurs perdus (1996) et a été consacrée Chevalier des Arts et des Lettres. Très connue à l'étranger, notamment aux Etats-Unis où elle va régulièrement faire des conférences et où son oeuvre est étudiée dans plusieurs universités, elle est considérée comme l'un des auteurs majeurs de la francophonie. Auteur engagé, elle milite entre autres pour la cause des femmes et les droits des Minorités Visibles à travers le Collectif Egalité dont elle est le porte parole.





  • La revue de presse Claude Imbert - Le Point du 5 février 2009

Avec Pauline, le petit peuple des Noirs déracinés a trouvé sa «Zazie». Mutine et finaude, elle rate sa vie avant de la commencer mais jette sur le dépoli de son monde, de sa vie, de sa mort des jets de citron vert. Elle joue à la marelle sur l'échiquier noir et blanc du Bien et du Mal, hantée par un seul mystère : sa mère qu'elle aime et hait tout à la fois. Calixthe et Pauline se confondent. Un style baroque d'intuitions tranchantes, balayé de ces éclairs de lumière qui tombent de la boule d'ambiance. Et puis, flottant sur le tout, une sagesse de baobab entre deux clairs de lune à Pantin. Pauline ne vous lâchera plus. Ça vous dérange ? Elle adore...


  • La revue de presse Patrick Besson - Paris-Match du 5 février 2009

Il y a beaucoup de classiques de l'adolescence blanche («Le diable au corps», «Le grand Meaulnes», «Le temps des secrets» et, plus récemment, «Julien Parme» de Florian Zeller), l'adolescence noire restant un mystère vaguement éclairé par les journaux télévisés : voitures brûlées, agressions de supérettes et rackets en tennis. Le dernier roman de Calixthe Beyala est une exploration âpre des pensées, des mobiles, des secrets d'une génération de jeunes gens qui font de gros titres mais pas de belles carrières. Ils ont, dans «Le roman de Pauline», entre 14 et 20 ans, ceux de 20 ans étant passés, voire restés, à la case prison du Monopoly de la pauvreté...
Les adolescents errent car ils ne veulent pas rester chez eux, où il y a leurs parents, ne peuvent pas aller chez leurs copains, où il y a les parents de leurs ­copains, et n'ont pas de quoi payer toute la journée des consommations dans les cafés. La promenade est acnéique. Le meilleur moyen de se souvenir de sa ­jeunesse, c'est de marcher. «Le roman de Pauline» est une balade dans Pantin ­derrière Pauline. Le havre de paix intérieure et extérieure, elle finira par le trouver dans la lecture qui l'amènera à l'écriture comme une main qui vous guide dans la nuit. C'est surtout Calixthe que Beyala a ­décrite dans ce livre, avec la ­tendresse qu'a pour elle-même toute ­personne ayant réussi à échapper au malheur où le monde voulait l'enfermer.



  • Les premières lignes

J'allais sur mes huit ans lorsque Fabien, de deux ans mon aîné, me brisa la mâchoire d'un coup de poing. Je pleurai beaucoup, saignai autant. Mais maman qui savait que la vie avait plus d'un mauvais tour dans son sac, me dit : «C'est pas grave, Pauline. Sois forte.» Une fois la douleur passée, ma gencive cicatrisée, elle ne se soucia pas de savoir si les difficultés que j'éprouvais à mastiquer les aliments allaient avoir des conséquences sur ma santé. Ce n'était pas bien grave du moment que je pouvais me nourrir convenablement.
J'évoluais dans un monde où rien n'était grave. Les étés succédaient aux hivers et Sarkozy rêvait d'anéantir toute opposition en France. Il y avait tant de fils barbelés autour de notre amour filial qu'à la maison il était aussi dangereux de se dire «je t'aime», que de se jeter du haut d'un immeuble de douze étages. Mais ce n'était pas grave du moment que l'on continuait à vivre ensemble, bof !
À douze ans, j'ai remarqué que j'avais une jambe plus longue que l'autre, je n'en parlai à personne, consciente que toute faiblesse me mènerait à ma perte. Je cachais mon handicap en traînant les pieds, en m'appuyant aux portes, aux murs, pour ne jamais me tenir droite. Cette manière de me déplacer agaçait maman :
- Mais qu'est-ce que t'as à te tenir comme une pute ? me demandait-elle, furieuse.


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