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La vie parlée

Couverture du livre La vie parlée

Auteur : Bernard Chapuis

Date de saisie : 15/01/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-234-05737-1

GENCOD : 9782234057371

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  • La revue de presse Michel Grisolia - L'Express du 28 mars 2005

Il y a des écrivains fantômes, pourquoi pas un musicien ? Son véritable nom, nous l'ignorerons toujours. On sait seulement son pseudonyme : Cormier. Profession : chef d'orchestre, pianiste, compositeur. Né le 1er avril 1937, il s'est retiré dans une petite ville au bord d'un lac. Signe particulier : a disparu, un soir de fête, déguisé en chien. Autour de cet hurluberlu tirant sa révérence à la faveur d'un feu d'artifice, Bernard Chapuis a bâti La Vie parlée, merveille de roman, tendre et nostalgique... La Vie parlée nous parle plusieurs langues : on y rencontre un sortilège anglais, une écriture française et des mélodies sous la lune à l'heure espagnole. C'est un roman sans frontières, comme l'art, comme l'imagination, comme l'amour.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 3 février 2005

On n'a pas connu Cormier. A écouter ceux qui l'ont aimé et s'appliquent aujourd'hui à le portraiturer, on le regrette. C'était l'élégance et la fantaisie faites homme. Un personnage de Sagan retouché par Bastide. Solitaire, il masquait ses regrets et ses désarrois derrière des sourires attentionnés. Très doué, il ne se préférait pas. Il avait été pianiste, chef d'orchestre, avait connu la gloire à la tête des plus grandes formations du monde et s'était retiré, à 67 ans, dans une petite ville accroupie au bord d'un lac. Exilé courtois, il composait en marchant une musique intemporelle et recevait les deux violons qui l'avaient autrefois accompagné pour former, le temps d'une sonate d'automne, un émouvant trio.
Sa femme, sa fille, son imprésario, son homme d'affaires, son plus fidèle ami, mais aussi sa concierge : chacun, à tour de rôle, raconte «son» Cormier... Il y a du Cormier chez Bernard Chapuis. Même élégance nonchalante, même désabusement chic, même art de chambriste, même façon de se retirer du monde sans faire de bruit... De même que Cormier était un musicien du souvenir, Bernard Chapuis est un merveilleux écrivain du regret. Le passé, il le fait chanter pizzicato.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 26 janvier 2005

Pour bien saisir la vraie personnalité de Cormier, ils seront six à prendre la parole pour en tirer le portrait. De sa concierge à son ami de lycée, de sa femme à sa fille ou son imprésario, ils vont dessiner le personnage, ajoutant, chacun leur tour, quelques touches au tableau... Bernard Chapuis doit être de la famille de Cormier : un auteur discret, qui, depuis L'Année dernière (paru en 1999), s'était fait trop rare. Ce précédent roman était une lettre à un ami perdu. La Vie parlée est une reconstitution élégante et sentimentale d'un autre ami... Il règne une douce tristesse dans ce livre délicat, une émotion frêle proche de celle que l'on ressentait en lisant les romans de Françoise Sagan...


  • La revue de presse François Nourissier, de l'Académie Goncourt - Le Point du 13 janvier 2005

... six personnages, donc, comparaissent tour à tour devant des espèces de magistrats. Ils tentent de réussir le portrait collectif de «Cormier». Chacun dit ce qu'il se rappelle, cajole son témoin, tente «d'en placer une». Ce n'est pas facile. Portrait composite. Bien entendu, comme le veut la règle de ce jeu-là, le vide central du récit en devient le sujet et l'énigme. On ne voit que Cormier, mais il n'est jamais là. On se souvient de lui, on le convoque, on l'évoque. Tour à tour sa concierge, un ami de jeunesse, son imprésario, sa fille, son homme d'affaires, son épouse caressent son souvenir. «Qui était Cormier ?» Ce grand absent, ce grand renonçant, commencez-vous à le distinguer de ce flou mobile, glissant, trompeur, qui constitue le reste d'une époque oubliée ? Vécue et oubliée. Un voyageur qui veut quitter un train en marche se jette dans le vide. C'est un geste plus difficile à expliquer qu'un oubli ou une bouderie... Cormier était musicien. Pianiste, chambriste et surtout chef d'orchestre. Un des dix meilleurs chefs d'Europe. La conquête de cette place a été lente, difficile. Comment se fait-il qu'il ait voulu tout abandonner ? En laissant les proches s'exprimer, le romancier joue le rôle du manipulateur supérieur, sceptique. Toute une vie réapparaît ainsi... Rêvée ou parlée, la vie ? Le langage (qui est parfois une clé des songes) joue un rôle essentiel dans ces aventures. Langage de chacun des six «interrogés», langage du narrateur...

Je terminerai en saluant une qualité qui me ravit : l'auteur s'offre (nous offre) parfois une trouvaille, un bonheur d'expression, et c'est savoureux. Ecoutez : les vieux toits des usines Renault qui «accordéonnent»... La mère du narrateur perdue «dans ses gris inté-rieurs»...


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