Auteur : François Kersaudy
Date de saisie : 21/08/2006
Genre : Histoire
Editeur : Perrin, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-262-02028-6
GENCOD : 9782262020286
Les relations qu'entretinrent, durant la Seconde Guerre mondiale, le chef de la France libre et le président des Etats-Unis ne furent pas des plus faciles. Encore s'agit-il d'un euphémisme puisque Charles de Gaulle se heurta, de bout en bout, à l'hostilité, déclarée ou sournoise, de Franklin Delano Roosevelt. Cette opposition pouvait se présenter, initialement tout au moins, comme un calcul réaliste. Plutôt que de soutenir un général inconnu et par surcroît indocile, Roosevelt préférait s'appuyer sur Philippe Pétain. Il espérait que le vainqueur de Verdun régulièrement investi par l'Assemblée nationale et soutenu par l'opinion publique pourrait résister aux exigences de l'Allemagne. Attente vaine, puisque le régime de Vichy, non content de collaborer avec le Reich, accueillit à coup de canon les soldats américains débarqués en Afrique du Nord, en novembre 1942. Cet épisode, pourtant, ne découragea pas le père du New Deal qui multiplia les manoeuvres pour contrecarrer le projet gaullien... En convoquant de riches archives, anglaises et américaines au premier chef, François Kersaudy retrace, avec rigueur et humour, ce rendez-vous manqué ajoutant ainsi une pièce essentielle au lourd dossier de l'incompréhension qui trop souvent caractérise les relations franco-américaines.
François Kersaudy raconte, tambour battant, le duel au sommet que se livrèrent de Gaulle et Roosevelt. C'est peu de dire que les relations entre le chef de la France libre et le président américain furent détestables et ce n'est pas céder à la facilité de l'antiaméricanisme contemporain que d'en attribuer à Franklin Delano Roosevelt la responsabilité principale. L'hostilité de Roosevelt à l'endroit de De Gaulle se forme, en effet, une fois pour toutes, dès juin 1940, et elle n'ira qu'en s'aggravant... La seule obstination du Général ne suffit pas à expliquer qu'il ait pu sortir vainqueur de chaque affrontement avec Roosevelt. Il aura fallu que, au grand dam du président américain, il s'attache la faveur de l'opinion et de la presse américaines...
Anfa. Janvier 1943. Dans une ville du quartier résidentiel de Casablanca, Roosevelt reçoit de Gaulle pour la première fois. Le climat de la rencontre est détestable. Ignoré jusque-là par la diplomatie américaine, le chef de la France libre a été littéralement convoqué en territoire français pour y conférer avec Giraud, successeur de l'amiral Darlan, assassiné quelques jours plus tôt.
À l'annonce de la singulière invitation, le Général s'est mis dans une noire colère. «Complice» de l'opération, Churchill a été pris à partie. En définitive, le sommet a pu être organisé mais, du côté américain, l'image de l'homme du 18 Juin est telle qu'un luxe de précaution inouï a été prévu. Dans son étude sur le duel de Gaulle-Roosevelt, François Kersaudy assure même que des agents de sécurité, armés jusqu'aux dents, étaient cachés derrière des tentures, prêts à intervenir au moindre geste inquiétant du visiteur français ! De Gaulle en venant aux mains, imagine-t-on cela ? Auteur d'un mémorable De Gaulle et Churchill, Kersaudy est l'un des bons spécialistes de la période et son ouvrage, fondé sur des sources très variées, résume de manière décisive les informations disponibles sur un sujet jugé encore délicat. Beaucoup d'idées reçues, de fausses interprétations, voire d'erreurs grossières, s'y trouvent redressées....
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