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Rêveurs et nageurs

Couverture du livre Rêveurs et nageurs

Auteur : Denis Grozdanovitch

Date de saisie : 13/07/2007

Genre : Essais littéraires

Editeur : Corti, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-7143-0881-8

GENCOD : 9782714308818

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  • La présentation de l'éditeur

Par une certaine fin d'après-midi automnale de l'avant-dernier siècle - au fond d'un jardin à moitié abandonné des alentours de Boston - une fillette nommée Alice James, tout en chantonnant une comptine anglaise sans queue ni tête, pousse nonchalamment une balançoire grinçante sur laquelle est juché son jeune frère Henry en culottes courtes. Ce dernier remarque alors : " Je crois qu'on peut appeler ça du plaisir parmi les difficultés. " À tous ceux qui seront sensibles à l'humour poétique, à la sage et profonde gravité de cette phrase prononcée par un garçonnet mélancolique au fond d'un jardin envahi par l'automne, à ceux - rêvant et nageant - dont les forces faiblissent... mais qui restent encore capables d'éprouver d'intenses minutes de plaisir parmi les difficultés croissantes d'un monde bouleversé et parfois tellement infernal qu'on pourrait le croire au bord du désastre, je dédie fraternellement ces pages. Dans le même esprit que son recueil précédent, le " Petit Traité de Désinvolture ", salué unanimement par le public et la critique, Denis Grozdanovitch nous propose ici - toujours extraits de ses carnets - de nouveaux aperçus sur le monde d'aujourd'hui. Dans celui-ci il est à la fois question des diverses manières d'envisager la mécanique automobile, de notre oublieuse relation aux morts, de notre bêtise consubstantielle, de notre difficulté d'accéder à la vraie légèreté, des fidèles compagnons de nos rêves, mais aussi de la grande Amérique ou des dangers de la pensée unique et pour finir de la démoralisation dans les campagnes Tout cela sous forme de fables anecdotiques et humoristiques tirées du quotidien - où l'observation des détails les plus anodins et les plus précis tient lieu de commentaires.





  • La revue de presse Pierre Assouline - Le Figaro du 24 mars 2005

Ah ! le beau titre... On le découvre et on en veut déjà à l'auteur de l'avoir pris. D'autant que, pour le trouver, il suffisait peut-être de lire les oeuvres complètes de Henry James. Une paille ! Quoique James, ça n'est jamais une épreuve. Du grand art. Mais il y en a beaucoup. Des nouvelles inédites chaque année depuis des années. Alors débusquer des rêveurs et des nageurs dans cette cathédrale de prose, il faut être fou ou Grozdanovitch. Lui lit tout le temps. En plus il remplit ses carnets de notes. Facile quand on est sportif professionnel, on n'a que ça à faire en regardant les autres jouer.

Un jour, il y a peu, il s'est décidé à en vider quelques-uns (des carnets, pas des joueurs) pour en faire un livre. Ça a donné l'exquis Petit Traité de désinvolture qui eut la vertu de décrisper les clients de librairie pendant une saison... Cette fois, il est question de chats, de petites souris, du pragmatisme anglais... Ces petits riens sont suffisamment consistants, dans la drôlerie du détail et la finesse du trait, pour nous réconcilier avec la société quand elle offre son visage le moins aimable. Il y a du Vialatte dans cet entomologiste de la vie quotidienne...


  • La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express du 7 mars 2005

A l'automne 2002, son Petit Traité de désinvolture fut une bouffée d'air frais. Quand les jeunes auteurs branchés couraient sur les plateaux de télé après leur quart d'heure de gloire littéraire, un ancien champion de tennis de 55 ans... - Denis Grozdanovitch - les éclipsa sans vergogne avec un tout premier livre aussi étonnant qu'inclassable. Un recueil de pensées faussement dilettantes où «Grozda», comme le surnomment ses amis, nous apprenait avec légèreté et érudition l'art de la lenteur dans un monde pressé... Trois ans après, notre Martien des lettres revient avec son lot de pensées, de digressions, de citations, d'anecdotes, de choses vues, lues ou entendues, juste pour signaler qu'il n'a pas vidé tout son sac. Et peut-être rappeler à ceux qui s'obstineraient encore à le confondre avec Philippe Delerm qu'il y a autant de distance entre l'auteur de La Première Gorgée de bière et lui qu'entre la Ford T et la DS... Des highways de la côte Est aux départementales d'Anjou, ce fils spirituel de Vialatte promène à méditative allure le miroir de ses rêves sur nos routes, nous invitant à sourire aux difficultés et à combattre l'«idée unique». Bref, à renvoyer la balle.


  • La revue de presse Jean-Paul Enthoven - Le Point du 10 février 2005

Son premier livre («Petit traité de désinvolture») avait épaté la galerie : un éditeur raffiné et «gracquien» (Corti) ; une prose inactuelle et infusée de moralistes en provenance du Grand Siècle ; un détachement taoïste assez rare chez les sportifs de haut niveau - Denis Grozdanovitch, faut-il le répéter, fut l'un des meilleurs joueurs du tennis français... C'était un peu, pour les professionnels de la profession, comme si un joueur anonyme et sorti des qualifications atteignait la finale... On guettait donc «Grozda» à ce tournant. Et voilà que, bourré d'effet, tournoyant telle une toupie, arrive ce «Rêveurs et nageurs» qui laissera sur place l'éventuel adversaire. A ce moment de la partie, sponsors et commentateurs n'ont plus le choix... Avec ses revers promus au rang de points gagnants... Il est vrai que la «méthode Grozda» est singulière : depuis l'âge de 15 ans, ce lecteur taiseux, misanthrope et affable - une sorte de Delerm plus conceptuel et meilleur styliste - prend des notes sur tout : un visage, un voyage, un tableau, un livre, un rêve, un chien, un excentrique, une prostituée, une vieille Citroën. Obsédé de la circonstance, accro du détail, il se sent bizarrement responsable de quelque chose, ou greffier du réel où il s'aventure à regrets, ou scribe d'un Dieu auquel il ne croit guère - mais qui exige qu'on lui rende des comptes. Du coup, «Grozda» a accumulé d'innombrables carnets qu'il tranche à l'occasion comme un saucisson ou un pain et qui, emballés par la librairie Corti, font des livres pourvus d'une forte cohérence rétrospective. Celui-ci est le deuxième de la série. Gageons qu'il y en aura beaucoup d'autres...

Il est drôle, grave, sans cesse attentif à l'énergie «éventuellement divine» à l'oeuvre en ce monde...


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur

Denis Grozdanovitch est un enfant de la balle. Son père, déjà, jouait chaque matin au tennis et, avec une raquette métallique Prince dont il a hérité et qui vibre toujours, excellait dans le revers croisé. Son oncle Fernand était également un grand sportif. Denis a donc été un jeune prodige de la terre battue. A ce champion de France juniors en 1963, ses entraîneurs promettaient une brillante carrière et même une victoire à Roland-Garros.
Seulement voilà, cet épicurien français et râblé, que l'on dirait tout droit sorti d'un roman de Jean Prévost, avait le goût de la prouesse, pas la rage de la réussite... L'âme sensible empêchait le corps d'airain. Pour une future tête de série, il abusait des livres de moralistes, des films américains et des expositions d'impressionnistes. Il était trop joueur, il lui manquait d'être compulsif. Ce qui ne l'empêcha pas de devenir champion de France de squash et d'aligner pendant quinze ans des trophées à la courte paume. Aujourd'hui âgé de 58 ans et encore classé 5/6, «Grozda», comme on le surnomme, enseigne le tennis... et préconise, en fond de cours, la lecture assidue de Hofmannsthal : «Cependant il frappe la balle avec un grand mouvement tranquille, comme quelqu'un qui du fond de son sommeil refermerait la main sur de l'air, en tentant d'attraper les fruits dont il rêve.» Ce sportif mélancolique avait 15 ans lorsqu'il a commencé à consigner dans de petits carnets les notes que lui inspirait la vie quotidienne. Il a attendu d'être à l'abri de toute vanité pour les rassembler. Parce qu'il aimait les songeries philosophiques de Bachelard et la géographie universelle de Gracq, c'est à la librairie José Corti, dont le précieux catalogue ne comptait jusqu'alors aucun athlète de la raquette, que Grozdanovitch a envoyé son «Petit Traité de désinvolture.»... Grozdanovitch, c'est l'anti-Cioran. Il estime avantageux d'être né et ne s'inquiète pas de devoir s'éteindre un jour.
Il consacre d'ailleurs des pages magnifiques à ses morts, qu'il compare à une bande d'oiseaux bavards perchés sur un arbre. Il aime leur compagnie. Il lui arrive même de participer à des séances de spiritisme. Il n'est pas impressionné par les fantômes... Mais le disparu le plus émouvant du livre se prénomme Petit-Louis. C'était un fils de paysans que Grozda avait rencontré pendant des vacances en Bourgogne... Le récit de son voyage aux Etats-Unis est une merveille d'humour et d'élégance, on dirait le reportage d'un écrivain anglais... Ecoutant un matin deux universitaires blablater sur France-Culture, Denis Grozdanovitch mesure combien les dogmatiques n'ont, de la vie immédiate, qu'une notion «très approximative». Cette vie, le plus érudit des tennismen l'embrasse à chaque page de «Rêveurs et nageurs.» Son plaisir est très communicatif. Le lecteur, fatigué de recevoir des smashs, en tirera une enviable philosophie de l'amorti.


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