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Nouvelle revue de psychosociologie, n° 6. Les ambiguïtés de la relation d'aide

Couverture du livre Nouvelle revue de psychosociologie, n° 6. Les ambiguïtés de la relation d'aide

Auteur : Gilles Amado | Jean-Pierre Minary

Date de saisie : 29/11/2008

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Editeur : Erès, Ramonville-Saint-Agne, Haute-Garonne

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-7492-0946-3

GENCOD : 9782749209463

Sorti le : 13/11/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Est-il encore pertinent de recourir à cette notion de «relation d'aide» ou faut-il l'abandonner ou la tenir pour marginale ? Permet-elle encore d'interroger les pratiques sociales et professionnelles mises en oeuvre ? Faut-il plutôt recourir, par exemple, à la notion d'accompagnement, ou à celle de lien, qui semblent parfois s'y substituer et l'englober largement ? Ou encore à celle de «relation de service», au sens des managers ou des sociologues ? Le désir d'aider, au demeurant, n'est-il pas toujours quelque peu suspect ? Les bonnes intentions ne masquent-elles pas des désirs de contrôle voire d'emprise sur l'autre ? Que recouvre en définitive, la relation d'aide ? Quels rapports entretiennent l'aide, la charité, la compassion, etc. ? Qu'est-ce qu'une aide véritable, qui tient tout à la fois compte des sujets (individuels ou collectifs) et des contextes (qui surdéterminent le sens de certaines options) ? Si aider l'autre, c'est l'aider à trouver en lui-même les ressources propres à «pouvoir agir», faire face, reprendre la main sur la conduite de sa propre vie, comment la problématique de l'aide rencontre-t-elle les dimensions proprement sociales et politiques ?

Coordination : GILLES AMADO - JEAN-PIERRE MINARY

Ont participé à ce numéro : JACQUES ARDOINO - MICHEL AUTES - MAGALIE BONNET - MICHEL BOUTANQUOI - JEAN-MARIE CASSAGNE - LISE CAUSSE - MARYVONNE CHARMILLOT - LUCETTE COLIN - PATRICK DECLERCK - EMMANUEL DIET - EUGENE ENRIQUEZ - PAULINE FATIEN - ALAIN FERRANT - JEAN-CLAUDE FILLOUX - PAUL FUSTIER - FLORENCE GIUST-DESPRAIRIES - DANIELLE HANS - CAROLINE KOHLER - BEATRICE LECLERCQ - ADRIAN NECULAU - MARCIA TASSINARI - JEAN VINCENT -





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Gilles Amado et Jean-Pierre Minary :

Même si de nombreux écrits (en particulier philosophiques) se réfèrent à la relation d'aide depuis l'Antiquité, on peut dire qu'une telle relation s'inscrit, pour la plupart des psychosociologues, dans une référenciation à la pensée rogerienne, à travers la problématique du développement de la personne, de la relation interpersonnelle et de la croissance, des principes d'empathie, de congruence et d'acceptation inconditionnelle d'autrui... Dans le travail social, cette expression (et ce qu'elle porte) a été particulièrement investie pour décrire la relation entre professionnels et usagers/bénéficiaires/clients/patients. À l'heure actuelle, on forme encore à l'entretien et au travail de groupe en s'appuyant sur ses référents humanistes.
En dehors des thérapies y faisant explicitement allusion, le terme va de pair avec l'idée d'une rencontre interpersonnelle, intersubjective, inscrite dans un contexte où les dimensions politiques, sociales et institutionnelles demeurent incontournables en tant que telles. L'histoire et la mémoire collective du travail social à la française (pratique du case work, tiédeur face au travail communautaire) portent les marques d'un tel ancrage.
Pour autant, elles laissent souvent de côté, dans les usages qui en sont faits, tout à la fois les dimensions proprement inconscientes (d'où un certain mépris de la part des psychanalystes qui n'y voient qu'un ersatz d'une véritable analyse transféro-contre transférentielle) et la prise en compte du social pensé en tant que tel (d'où la distanciation critique d'une partie de la psychosociologie française vis-à-vis de l'approche rogerienne). Sans une théorie du psychique, l'approche humaniste sombre dans les illusions du corporéisme, du spiritualisme, du psychologisme... Sans une théorie du social, celui-ci se trouve réduit à n'être qu'un décor, la dialectisation entre soi et autrui, individuel et collectif, psychique et social tournant en rond sur l'interpersonnel.
À l'heure actuelle, avec l'ensemble des mutations sociétales, sociales, familiales, technologiques, en particulier, on peut constater des évolutions notables dans les dispositifs mis en oeuvre pour «aider» autrui, au-delà du cabinet du psy ou du confesseur, du bureau du travailleur social, du groupe de diagnostic ou de développement personnel, de la possible assistance hiérarchique :
- dispositifs situés dans l'espace public et médiatisés par des supports technologiques : téléphones verts (fil santé jeunes, SOS amitiés, etc.), consultations par Internet (aujourd'hui, il y a même un psy sur Second Life !) ;
- dispositifs dont l'encastrement médiatique est symptomatique : cellules d'urgence psy dont la vocation s'avère tout à la fois de répondre à des «besoins» d'aide de victimes et d'exposer publiquement l'aide mise en oeuvre ;
- dispositifs visant à répondre à des personnes délaissées, ou s'attachant à des champs nouveaux : travail avec la grande exclusion (Emmaüs, Don Quichotte, SAMU sociaux, consultations psy auprès des SDF...), ajustements professionnels à la souffrance au travail (clinique du travail...), au délaissement hospitalier (clowns thérapeutes), aux victimes de tortures (travaux de Sironi, par exemple).
La liste ci-dessus est évidemment loin d'être exhaustive tant inépuisables se révèlent les figures du Sujet, individuel et collectif, et nombreuses les situations dans lesquelles il se trouve impliqué.


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