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Chez les Tibétains : une voyageuse anglaise au Petit Tibet (1889)

Couverture du livre Chez les Tibétains : une voyageuse anglaise au Petit Tibet (1889)

Auteur : Isabella Lucy Bird

Préface : Jean-Yves Le Disez

Date de saisie : 29/11/2008

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Fédérop, Gardonne, Dordogne

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-85792-185-1

GENCOD : 9782857921851

Sorti le : 15/10/2008

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  • La présentation de l'éditeur

De la douzaine de récits de voyage aux quatre coins du monde qui ont fait d'Isabella L. Bird (1831-1904) l'une des voyageuses les plus célèbres de son temps et de l'histoire, un seul était, à ce jour, disponible en français. La présente traduction répare une singulière injustice en même temps qu'elle confirme l'intérêt accru, en France, pour la littérature de voyage au sens anglais du terme.
Si l'on excepte le voyage qu'elle entreprit en Amérique du Nord dans sa jeunesse, Isabella Bird ne devint voyageuse que passée la quarantaine. Auparavant, quasi invalide, vieille fille, elle s'occupa de ses parents puis de sa soeur. À la mort des premiers, les médecins ayant recommandé le voyage comme remède à ses problèmes de dos et, sans doute, à son état semi-dépressif, elle parcourt le monde (Australie, Hawaï, États-Unis, Japon, Chine, Vietnam, Singapour, Malaisie) de 1872 à 1880, jusqu'à la mort de sa soeur Henrietta. Alors seulement, profondément affectée, elle accepte, à cinquante ans, d'épouser John Bishop, un médecin d'Edimbourg qui la courtisait depuis de nombreuses années, et semble enfin s'assagir. Le voyage au Tibet en 1889 est le premier de la seconde série de voyages qu'elle fera, essentiellement en Orient et en Extrême-Orient, entre la mort du docteur en 1886 (la vie conjugale n'aura duré que cinq ans à peine) et sa propre mort en 1904. La voyageuse intrépide qui part à la conquête de l'Himalaya et des zones les plus reculées du Ladakh dans Chez les Tibétains, est donc une femme de cinquante-huit ans !





  • Les premières lignes

ISABELLA BIRD, UNE VICTORIENNE
ENTRE RÈGLE ET DÉRÈGLEMENT

De la douzaine de récits de voyage aux quatre coins du monde qui ont fait d'Isabella L. Bird (1831-1904) l'une des voyageuses les plus célèbres de son temps et de l'histoire, un seul était, à ce jour, disponible en français. La présente traduction répare une singulière injustice en même temps qu'elle confirme l'intérêt accru, en France, pour la littérature de voyage au sens anglais du terme. Longtemps, en effet, notre curiosité pour le genre s'est cantonnée pour l'essentiel aux écrits des écrivains-voyageurs, comme si le voyage lui-même était secondaire et ne valait que par la notoriété littéraire de celui, rarement de celle, qui l'entreprend.
Dans le travel-writing tel que le pratique Isabella Bird et ses nombreuses contemporaines, le voyage justifie à lui seul la publication. L'Empire britannique est à son apogée, il couvre un cinquième des terres émergées de la planète et s'étend sur les cinq continents, au point qu'on dit que le soleil ne s'y couche plus. Il est relayé par une presse périodique illustrée friande des récits relatant la progression de cet Empire, par d'innombrables institutions telles que la Royal Geographical Society, devant laquelle Isabelle Bird sera au demeurant la première femme à s'adresser, des éditeurs (au premier rang desquels Murray, son éditeur habituel) qui publient guides et récits de voyage... Peu à peu, l'émulation aidant, ces récits atteignent un degré de sophistication inégalé, tant sur le plan de la culture scientifique (botanique, géologie, géographie...) et ethnographique (moeurs, habitat, archi­tecture, histoire, mythes et légendes...) que sur celui de la mise en discours de ces savoirs sur l'Autre au travers d'une esthétique d'une grande richesse - les lecteurs, dès 1850, savent distinguer entre le beau, le pittoresque et le sublime tels qu'ils ont été définis par un Gilpin ou un Burke puis illustrés par d'innombrables auteurs rivalisant de précision et de subtilité -, de techniques narratives non moins complexes alliant art de la mise en scène, du dialogue et de l'intrigue, de sorte que ces récits se lisent comme des romans : romans de l'irrésistible ascension d'une société sûre d'elle-même, conquérante, avec juste ce qu'il faut d'excentricité et, en filigrane, d'interrogations parfois inquiètes sur le sens de cette aventure hors du commun et, à partir des années 1860, de doutes (Darwin a publié son Origine des espèces en 1859) devant la relativité des valeurs que la confrontation à l'Autre ne peut manquer de susciter chez ceux-là mêmes qui enten­dent le conquérir ou le convertir.


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