Auteur : Michel Aglietta
Date de saisie : 28/11/2008
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Michalon, Paris, France
Collection : 10 questions + 1
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-84186-477-5
GENCOD : 9782841864775
Sorti le : 21/11/2008
Entretien conduit par Pierre Luc Séguillon
La crise financière mondiale qui frappe de plein fouet les pays industrialisés entraîne le naufrage de grandes banques, fait chuter les marchés et menace les économies de récession. Personne ne semble capable de dire où va s'arrêter la contagion. En répondant aux 10+1 questions suivantes, Michel Aglietta apporte des éléments précis pour comprendre ce phénomène exceptionnel et propose les remèdes à court et long terme :
1- La crise est-elle un phénomène inhérent à l'économie de marché ?
2- Pourquoi n'a-t-on pas vu venir cette crise et ne l'a-t-on pas prévenue ?
3- Quelles sont les caractéristiques de cette crise ?
4- Comment la crise s'est-elle déclenchée ?
5- La crise est-elle mondiale ?
6- Quelles sont les retombées de la crise financière sur l'activité économique ?
7- Comment gérer la crise ?
8- La crise a-t-elle fait progresser l'Europe ?
9- Faut-il mettre en place de nouvelles régulations ? 10- Quelle gouvernance demain pour les banques ? +1- Quelle est la bonne réponse économique ?
Michel Aglietta est professeur de sciences économiques à l'université Paris-X et consultant au Cepii et à Groupama Asset Management.
LA CRISE EST-ELLE UN PHÉNOMÈNE INHÉRENT A L'ÉCONOMIE DE MARCHÉ ?
Les historiens l'ont constaté : les phases de crise sont inhérentes à la logique financière.
L'un des plus grands historiens de la finance, Charles P. Kindleberger, auteur d'Une histoire de la finance, a dressé l'inventaire des crises qui se sont succédé depuis le XVIIe siècle. Il a ainsi montré que les cycles financiers étaient constitués de plusieurs séquences : une phase d'essor, une phase d'engouement et d'emballement, une phase de peur et de désordre, une phase de consolidation, et enfin, une phase de redressement.
Dans la phase d'emballement, l'activité devient frénétique, les aspirations des individus ne cessent de croître, la vitesse des transactions s'accélère et les prix des actifs financiers réels ou virtuels - c'est-à-dire le prix des éléments constitutifs de la richesse des gens - flambent.
La crise éclate lorsque ce mouvement général atteint son paroxysme. Il se produit alors un retournement de l'ensemble des mécanismes qui ont provoqué et nourri l'engouement. C'est alors qu'intervient la phase de peur et de désordre, peurs des individus et des institutions, désordre des prix et désordre des comportements. Tous les repères sont brutalement perdus. Telles sont les caractéristiques propres à cette phase de crise.
Celle-ci est suivie d'une séquence de consolidation qui est toujours un processus très long et très pénible. Il faut en effet faire diminuer tout ce qui s'était accru de manière excessive : la valeur, les éléments de la richesse, les bilans des agents économiques. Les effets de la crise se propagent alors progressivement et insidieusement à l'ensemble de l'économie. La récession s'installe. Le chômage se développe. Les individus ne veulent plus dépenser. Et le processus s'auto-entretient s'il n'est pas contrecarré par la puissance publique.
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