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La chrysalide

Couverture du livre La chrysalide

Auteur : Heather B. Terrell

Traducteur : Clara Sils

Date de saisie : 27/11/2008

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Collection : Noirs

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-265-08560-2

GENCOD : 9782265085602

Sorti le : 13/11/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Haarlem, XVIIe siècle, au coeur d'une Hollande protestante. Lors d'une séance de pose, un jeune et talentueux peintre flamand s'éprend de la fille du bourgmestre de la ville. Un amour interdit et clandestin qui lui inspire son chef-d'oeuvre : La Chrysalide. Mais parce qu'il est chargé de symboles catholiques et surtout parce qu'il représente la femme aimée sous les traits de la Vierge Marie, ce tableau est une offense au calvinisme et pourrait coûter cher à son auteur...

New York, de nos jours. La brillante avocate Mara Coyne défend une célèbre maison de vente aux enchères, Beazley's, accusée de vouloir mettre sur le marché une toile dont la provenance est incertaine. Hilda Baum, la plaignante, affirme que ce portrait de jeune femme virginale, connu sous le nom de La Chrysalide, appartenait à ses parents, déportés à Dachau en 1944. Une histoire dramatique qui va ébranler les certitudes de Mara. Et le fait que son client soit représenté par un de ses plus séduisants amis de fac n'a pas fini de la troubler...

Trois époques, deux continents, des destins brisés avec, au centre, un seul tableau...

Heather Terrell est avocate. Elle travaille depuis plus de dix ans pour de prestigieux cabinets américains. Elle est diplômée de l'université de droit de Boston, mais aussi du Boston Collège avec une spécialisation en histoire et histoire de l'art. Elle vit actuellement à Pittsburgh. La Chrysalide est son premier roman.





  • Les premières lignes

BERLIN, 1943

Le train à destination de Milan serpente dans la gare de Berlin, soufflant des volutes de fumée vers les hautes poutrelles de la charpente. Son sifflement perce la nuit, et puis s'éteint. Le silence s'installe de nouveau dans cet espace caverneux, brisé seulement ici et là par les lents mouvements réguliers du balai d'un employé.
L'homme a appris à ne pas observer ouvertement les horreurs qui se déroulent dans la gare. Il sait garder son opinion pour lui, et se réfugie dans l'ombre. Pourtant, il remarque tout à sa façon, la tête basse, les yeux dissimulés sous la visière de sa casquette.
Petit à petit, cliquetis après cliquetis, le train finit par s'arrêter. Dans le dernier wagon, un couple est assis face à face. Ils attendent, immobiles, comme les personnages d'un tableau, leurs silhouettes encadrées par les rideaux rubis de la fenêtre. Cette touche incandescente défie l'obscurité pesante et silencieuse, et le balayeur ralentit sa cadence.
Il examine la femme d'abord. La lumière d'un lampadaire souligne son profil fier qui se détache sur les coins sombres du compartiment. Le faible éclairage saisit les plis de sa robe en soie kaki, et le bord en hermine de sa veste et de son chapeau cloche. Le balayeur secoue la tête devant ces vêtements qu'il juge décadents, et calcule combien de miches de pain cet ensemble pourrait rapporter au marché noir. Puis il reporte son attention sur l'homme dont la tenue semble plus adaptée à un voyage en temps de guerre. Il a un visage rond naturellement avenant, mais est habillé de couleurs sombres, un costume anthracite, un pardessus noir, et un chapeau mou. De sa main droite, il serre avec tant de force une enveloppe que ses articulations blanchissent sous l'effort. Les pointes d'une étoile jaune dépassent de son manteau. Le balayeur suppose qu'ils ont compris le danger de ce voyage.


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