Auteur : Arlette Farge
Date de saisie : 27/11/2008
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : T. Magnier, Paris, France
Collection : Troisième culture
Prix : 8.90 € / 58.38 F
ISBN : 978-2-84420-708-1
GENCOD : 9782844207081
Sorti le : 19/11/2008
IGNORANT LA PRISON, OBSÉDÉE PAR L'AVEU, DÉCHIRANT LES CORPS ET POURSUIVANT LES MAUVAISES PENSÉES, LA JUSTICE DE t ANCIEN RÉGIME RÉGIT UN ORDRE SOCIAL QUI NE RECONNAÎT PAS ENCORE LE PRINCIPE D'ÉGALITÉ. L'EXPÉRIENCE DE CES CONDAMNÉS AU XVIIIe SIÈCLE NOUS PERMET AUJOURD'HUI DE MIEUX CONCEVOIR NOTRE PROPRE IDÉAL DE JUSTICE.
Ariette Farge est historienne, directrice de recherches à l'EHESS. Spécialiste du XVIIIe siècle, elle a publié de très nombreux ouvrages sur la justice, le peuple et les femmes. Elle a notamment publié Le désordre des familles, avec Michel Foucault, Gallimard (1982) et Dire et mal dire. L'opinion publique au XVIIIe siècle. Seuil (1992).
Derniers ouvrages parus :
Effusion et tourment. Le récit des corps, éditions Odile Jacob (2007) ;
Quel bruit ferons-nous ? éditions Les Prairies ordinaires (2005) ;
Le bracelet de parchemin, éditions Bayard (2003).
Pas d'avocats, pour être défendu au XVIIIe siècle, mais plus encore, pas de code national régissant et la qualification des délits et la nature des peines, pas de lois non plus. Le pays entier de France est régi, province par province, par des coutumes indépendantes se chevauchant les unes les autres à travers des juridictions seigneuriales, ecclésiastiques, parlementaires, toutes différentes et souvent contradictoires ou, pis, rivales. Pays de coutumes, la France ne possède aucun droit unique. Ce n'est pas «au petit bonheur la chance» mais «au petit bonheur la coutume».
Cela se passe avant la Révolution de 1789, avant la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, avant donc qu'à chacun ne soit donné le droit de se défendre. Dit ainsi, cela fait peur et, en un sens, on a raison d'avoir peur. Si la «dangerosité», à l'heure actuelle, est un mot à la mode et de poids pour qualifier un certain nombre d'individus même non-coupables, le terme n'existe pas sous l'Ancien Régime, mais règne déjà l'idée tenace selon laquelle la classe populaire, économiquement très faible et paupérisée, est cause de tous les troubles et dangers. Malgré tout, certains philosophes, élites éclairées, chroniqueurs et mémorialistes réfléchissent davantage, mais leur inquiétude se devine. Le peuple effraie voire terrifie : cette lancinante et récurrente angoisse est chargée d'autant de représentations imaginaires que de constats face à une immense population, très visible et côtoyée chaque jour, effectivement au bord de la misère.
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