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Contes parisiens

Couverture du livre Contes parisiens

Auteur : Edité par Marie-Claire Bancquart | Guy de Maupassant

Date de saisie : 06/01/2005

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : LGF, Paris, France

Collection : La pochothèque

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-253-13123-6

GENCOD : 9782253131236


  • La revue de presse Jean-Pierre Dufreigne - Le Figaro

Les fêtes ayant passé, comme on le dit d'un mourant, si nous revenions à l'essentiel ? Et pourquoi pas à Maupassant ? Un récent académicien dont la réception suscita un exercice d'éloge elliptique de la part de l'immortel qui le recevait, n'a jamais caché, même trônant au plus haut degré de l'Etat, son admiration et son goût pour l'auteur de Bel-Ami. Maintenant qu'il est de l'Académie, et ayant rédigé son grand oeuvre constitutionnel à l'échelle d'un continent, il a tout son loisir pour le (re)lire. Nous lui conseillerons donc les trois volumes de contes de la Pochothèque, dont le dernier paru est Contes parisiens (après Contes normands en juin dernier, et Contes cruels et fantastiques en octobre). Jamais Guy de Maupassant n'a ainsi trié sa galaxie d'écrits brefs. Cette charge de classification est due à Mme Marie-Claire Bancquart, qui tint chaire en Sorbonne. Maupassant livrait, lui, ses brefs textes à la commande au Gil Blas ou au Gaulois. On peut être payé à la pige et avoir du talent. On peut être docteur en Sorbonne et pleine de subtilité. Car la classification renouvelée de Mme Bancquart ne manque pas de finesse. Qu'a écrit Maupassant dans ses contes, qu'il savait ne pas pouvoir atteindre par ses romans ? Rien de moins que la tentative désespérée du fameux Livre des livres rêvé par Mallarmé, mais à la manière d'un puzzle plutôt que d'un pavé. Et le désir avoué de «surprendre l'humanité sur le fait» : une littérature du flagrant délit... M. de Maupassant a ses délicatesses, et c'est là tout le bonheur - mot dont il connut peu l'état, n'étant pas doué pour cela - qu'il offre dans chacun de ses récits de courte haleine à son lecteur et à sa lectrice. Il passe avec grâce, l'âge venant accompagné de sa misérable soeur la maladie, du sarcasme méprisant à la compréhension mélancolique. La Maison Tellier, ou le salon de la «petite baronne» de Grangerie, et son amie «la petite marquise» de Rennedon du Signe, sont peuplés de la même humanité.

Pour avoir, de son balcon, observé le manège d'une dame, voici la délicieuse et naïve baronne embarquée dans une liaison qui lui rapporte deux louis la séance... Que faire ? «Un petit cadeau à ton mari», conclut la marquise. Plus de scandale de moeurs, donc, mais la narration pointue de minuscules drames intérieurs. Narration teintée de cette extrême politesse que tout ouvrier de la plume doit à qui va le lire : l'élégance d'un humour désenchanté devant la noirceur du monde puisque, on le sait, dans «le monde» qu'il fréquenta avec assiduité, le noir va avec tout....


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