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Des vents contraires

Couverture du livre Des vents contraires

Auteur : Olivier Adam

Date de saisie : 08/01/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-87929-646-3

GENCOD : 9782879296463

Sorti le : 06/01/2009

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  • La présentation de l'éditeur

«La nuit nous protégeait et à ce moment précis j'avoue avoir pensé que les choses allaient redevenir possibles, ici j'allais pouvoir recoller les morceaux et reprendre pied, nous arracher les enfants et moi à cette douleur poisseuse qui nous clouait au sol depuis des mois, à la fin la maison, les traces et les souvenirs qu'elle gardait de nous quatre, c'était devenu invivable, je ne sortais presque plus et les enfants se fanaient sous mes yeux.»

Depuis que sa femme a disparu sans plus jamais faire signe, Paul Anderen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Mais une année s'est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d'un retour aux sources et s'installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance.

Mais qui est donc Paul Anderen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leur vie. Dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, Olivier Adam impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité.

Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s'est installé à Saint-Malo. Il est l'auteur de nombreux livres dont Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises et À l'abri de rien (prix France Télévisons 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008).
Des vents contraires est son sixièmeme roman.





  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express du 8 janvier 2008

Comment élever ses enfants sans leur mère ? Ce fils adoptif de la Bretagne répond avec un roman émouvant à souhait...
Le roman fera grincer quelques dents. Trop bienveillant. Trop démago. Trop émouvant, à l'instar de sa jaquette, un rien racoleuse. Mais les écueils étaient nombreux. Adam y a échappé en vieux loup de mer. Rien de plus lumineux et vivifiant que ce récit sur fond de désespérance. Comme si, stimulé par son environnement et sa paternité, Adam avait trouvé, sans effort, le ton juste. On pense à Claudie Gallay pour la nature, à Anna Gavalda pour l'empathie. Des milliers d'exemplaires sont dans l'air, poussés par des vents porteurs.



  • Les premières lignes

Les enfants quittaient la classe un à un, abandonnaient leurs coloriages et se levaient de leurs chaises miniatures pour se pré­cipiter dans les bras de leurs parents sous le regard bienveillant de l'institutrice, une fille timide et fluette à qui je n'avais rien eu à reprocher en presque trois mois. En guise d'adieu, Manon l'avait embrassée sur les lèvres et l'instit n'avait pas bronché, les yeux brillants elle nous avait souhaité bonne chance : aller vivre au bord de l'eau elle nous enviait. J'ai rejoint Manon dans le fond de la pièce, au beau milieu des étals de légumes en plastique elle serrait Hannah contre son coeur, elles s'accrochaient l'une à l'autre, inquiètes de se perdre. C'était une gamine pâlotte dont j'ignorais si elle était seulement douée de parole. Je l'avais pourtant accueillie deux ou trois fois à la maison, elles avaient joué tout l'après-midi, planquées sous le tamaris dont les branches tombaient si bas qu'elles faisaient une cabane, je ne les avais vues qu'à peine, le temps de leur servir un verre de lait un bout de pain un morceau de chocolat pour le goûter, elles avaient avalé ça assises à la table en fer rouillée, peinture blanche écaillée par endroits. Parfois, la petite Hannah levait les yeux vers la tour B des Bosquets, elle y vivait et ça devait lui sembler étrange cette vision inversée des choses, de sa chambre elle pouvait nous voir dans le jardin, mais c'était devenu si rare, c'était si loin les nuits d'été la musique, la guirlande dans le vieux cerisier la fumée du barbecue, les bières et tous les voisins qui rappliquaient, les derniers temps je ne prenais même plus la peine d'ouvrir les volets et tout était à l'abandon.


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