Auteur : Alfred Döblin
Préface : Michel Vanoosthuyse
Traducteur : Yasmin Hoffmann | Maryvonne Litaize
Date de saisie : 20/11/2008
Editeur : Agone éditeur, Marseille, France
Collection : Marginales
Prix : 33.00 € / 216.47 F
ISBN : 978-2-7489-0079-8
GENCOD : 9782748900798
Sorti le : 10/10/2008
Voici l'heure du discours de Rosa, son chant du cygne.
Mais qu'a-t-elle donc ? Tous regardent ce petit bout de femme. Ils la regardent avec amour et émotion, même ceux qui ne sont pas d'accord avec elle. Ils savent qu'elle est la flamme qui brûle pour eux depuis des décennies. Elle est à présent épuisée, fragile. La prison l'a affaiblie. Elle parle, elle est dans son élément. Elle dit toute la vérité. Karl Liebknecht est assis parmi les délégués. La voix de Rosa Luxemburg résonne, claire et précise.
En dehors de Berlin Alexanderplatz, toute l'oeuvre d'Alfred Döblin reste pratiquement à découvrir. Écrit en 1942 depuis un exil dont l'auteur ne peut espérer la fin tant le nazisme semble triompher, Karl et Rosa donne le dernier acte de l'évanouissement d'un espoir : que l'ordre ancien disparaisse avec la fin de la Grande Guerre. Personnages historiques et de fiction se croisent ici pour rendre le drame de l'écrasement de la révolution spartakiste, prélude funeste au siècle qui commençait.
Il y a des gloires funestes. L'immense succès de Berlin Alexanderplatz, paru en 1929, a fortement contribué à occulter le reste de l'oeuvre d'Alfred Döblin (1878-1957), pourtant considérable, et qui compte même l'un des plus gros romans de la littérature européenne : Novembre 1918, une révolution allemande..
Döblin n'écrit pas une hagiographie de ces deux personnages longtemps traités comme des saints laïques, notamment par l'historiographie de la RDA. Il montre leur grandeur et leur misère, leurs insuffisances aussi. Prenant ses distances par rapport au parti pris de dépersonnalisation qui avait fait une part du succès de Berlin Alexanderplatz, Döblin revient à une forme de psychologie des personnages. Les destins de Karl et Rosa sont tressés avec ceux de Stauffer, un écrivain raté, et de Becker, un soldat revenu du front. Les tensions qui résultent de ces croisements engendrent des décharges tragiques ou grotesques, des vibrations hallucinatoires où le désir de rédemption et de fraternité - Döblin s'est converti au catholicisme en 1941 - bouscule finalement l'histoire.
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