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La Gaule narbonnaise : de la conquête romaine à la fin du IIIe siècle apr. J.-C.

Couverture du livre La Gaule narbonnaise : de la conquête romaine à la fin du IIIe siècle apr. J.-C.

Auteur : Pierre Gros

Date de saisie : 18/11/2008

Genre : Histoire

Editeur : P. Von Zabern, Allemagne | Picard, Paris, France

Prix : 65.00 € / 426.37 F

ISBN : 978-2-7084-0833-3

GENCOD : 9782708408333

Sorti le : 23/10/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Après avoir dressé un rapide tableau de la situation culturelle et économique de la Gaule Transalpine Lavant la conquête romaine, en insistant sur le rôle de Marseille, l'auteur rappelle les circonstances qui ont conduit Rome à intervenir sur ce territoire et à l'annexer. Il examine ensuite l'action d'Auguste, dont le rôle dans la définition administrative et juridique de la province de Gaule Narbonnaise a été primordial. Les formes, les finalités et l'évolution de l'urbanisation sont ensuite analysées, avec une attention particulière accordée aux centres monumentaux, aux édifices religieux, aux théâtres et amphithéâtres, ainsi qu'aux établissements thermaux. L'habitat des vivants et celui des morts n'est pas oublié : envisagé sur la longue durée, il constitue l'un des «marqueurs» les plus significatifs du degré de romanisation atteint par les diverses couches de la population. L'organisation des territoires ruraux et les aspects économiques de la mise en valeur des campagnes font l'objet de chapitres spécifiques, et le livre se conclut sur les particularités de la vie religieuse et culturelle au cours des trois premiers siècles de notre ère.

Pierre Gros, professeur émérite de l'Université de Provence et de l'Institut universitaire de France, a dirigé pendant quinze ans l'Institut de recherche sur l'Architecture antique du CNRS. Spécialiste des périodes hellénistique et romaine, il a dirigé de nombreux chantiers en Italie, en France, en Turquie et en Tunisie. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres et d'un grand nombre d'articles. Il a entre autres publié des éditions commentées du De architectura de Vitruve.





  • Les premières lignes

NAISSANCE DE LA GAULE NARBONNAISE

LA GAULE TRANSALPINE AVANT ROME

Dans son plaidoyer en faveur du gouverneur M. Fonteius, Cicéron soulignait en 70 av. J.-C. que cette province était faite d'une grande diversité de populations (Pro Fonteio, 5, 12-13). Cette remarque, destinée à introduire un développement sur la sauvagerie et l'instabilité du substrat indigène, rend bien compte, pour peu qu'on la dépouille de ses intentions polémiques et partisanes, de la réalité d'une région fort vaste qui n'a effectivement jamais présenté de réelle unité ethnique.
La partie de la Gaule que les Anciens appelaient la Transalpine, et dont les limites exactes demeureront floues jusqu'à la réorganisation administrative d'Auguste, est bornée au sud par la Méditerranée entre le fleuve Var et les Pyrénées, au nord-est par le lac Léman et le cours supérieur du Rhône, au nord-ouest par les Cévennes et les contreforts du Massif central ; elle englobe à l'ouest la haute vallée de la Garonne. Il s'agit donc d'un énorme territoire qui, en termes de géographie moderne, s'étend de Genève à Marseille en excluant toutefois le coude du Rhône et la région de Lyon, et des Alpes-Maritimes à l'ouest de Toulouse; en termes de topographie antique, elle contrôlait deux des axes les plus importants du monde méditerranéen occidental, à savoir la moyenne et la basse vallée du Rhône et les voies qui d'Italie parles Alpes ou le littoral gagnaient l'Isthme gaulois et la péninsule Ibérique. Terre de rencontres et de conflits, elle a toujours constitué pour les puissances à vocation hégémonique un enjeu essentiel, et Rome devait rapidement, en raison de ses conquêtes espagnoles, éprouver le besoin de la rendre plus sûre puis de la conquérir.
Les populations les plus anciennes, qui sont aujourd'hui considérées comme les véritables autochtones, appartiennent à la nébuleuse des Ligures, que les Grecs appelaient «Ligyes», et dont le domaine originel, dès le néolithique, couvrait les Alpes du Sud dont ils «gardaient» les cols jusqu'au littoral (fig. 1). Le problème est celui de son extension vers l'ouest : si le Rhône ne semble jamais avoir constitué une limite, les textes anciens, en particulier celui d'Avienus (Ora Maritima, 612-613), désignent l'Hérault, l'antique Oranos, comme la frontière entre la terre des Ibères et celle des «rudes Ligures». S'il est bien évident qu'on ne saurait donner à ce mot de frontière un sens clair et immuable, l'archéologie confirme malgré tout, avec les travaux de M. Py, A. Nickels et D. Garcia, qu'au-delà de l'Hérault règne sans exclusive mais majoritairement un habitat, des types monétaires et une métrologie nettement différents de ceux qu'on observe en Languedoc oriental et en Provence, et qui s'apparentent à ceux des Ibères. Ceux-ci, non pas venus d'Espagne comme on l'a souvent dit, mais participant de la même culture que leurs voisins du sud des Pyrénées, ont en effet, dans le Languedoc occidental, occupé une place prépondérante, qui n'excluait pas des incursions périodiques, même si l'on tend à mettre aujourd'hui l'accent sur une expansion ligure aux dépens des territoires «ibériques». Quoi qu'il en soit ces deux peuples, de plus en plus mêlés à mesure qu'on progresse vers l'Occident, ont fini par développer de part et d'autre du Rhône une forme de civilisation protohistorique qui, dans la diversité des faciès régionaux de mieux en mieux identifiés par les fouilles récentes, présente une réelle originalité par rapport au reste de la Gaule (fig. 2).


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