Auteur : Hélène Legrais
Date de saisie : 18/11/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Collection : Romans Terres de France
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-258-07885-7
GENCOD : 9782258078857
Sorti le : 13/11/2008
A Châteaubriant, dans le pays de la Mée, entre Rennes et Nantes, une jeune femme enquête sur le passé et les secrets de son illustre famille.
Lorsque le clan Le Gallois se réunit pour célébrer les funérailles d'une grand-tante, on découvre avec stupeur dans le caveau familial la dépouille d'une fillette inconnue. Mélanie Le Gallois, bouleversée, se sent investie d'une mission : rendre un nom, un visage à celle qui aurait été une proche parente et qui, pour une raison qu'elle ignore encore, a été «effacée» de l'arbre généalogique. Au fil de ses recherches, tout un passé ressuscite, celui de cette région des confins de la Bretagne, terre de forges et d'élevage. Passé et présent se rejoignent alors...
Inattendue et singulière, l'intrigue des Ombres du pays de la Mée nous fait découvrir une région peu connue de la haute Bretagne. Suspense et émotion se mêlent admirablement dans cet envoûtant roman.
Journaliste dans l'audiovisuel, Hélène Legrais s'est tournée avec succès vers l'écriture. Elle a publié aux Presses de la Cité Le Destin des jumeaux Fabrègues, La Transbordeuse d'oranges, Les Herbes de la Saint-Jean, Les Enfants d'Elisabeth et Les Deux Vies d'Anna. Avec Les Ombres du pays de la Mée, Hélène Legrais renoue avec ses origines bretonnes.
A voir la mine embarrassée de l'entrepreneur des pompes funèbres, Mélanie sut immédiatement que quelque chose n'allait pas.
Elle réprima un soupir : les quatre heures de voiture de Paris à Châteaubriant l'avaient fatiguée. Elle était venue directement, sans même poser son sac ni prendre le temps de se changer à la Martinière, et ses épaules, crispées par la conduite, étaient ankylosées.
Cependant, le malheureux qui lui faisait face paraissait souffrir encore plus qu'elle. Son teint naturellement pâle avait pris une nuance terreuse et une grosse veine violacée battait sur sa tempe.
Philippe Besnard avait succédé à son père au début de l'été et les funérailles de Jeanne-Marie Le Gallois étaient sans nul doute les premières obsèques d'importance dont il avait la charge.
Mélanie eut soudain pitié de lui : malgré la douceur de l'air de septembre, il avait enfilé un costume sombre et une chemise immaculée bien fermée jusqu'au dernier bouton derrière la cravate sobrement rayée de bordeaux et de gris. Le col trop rigide lui entamait le cou et elle pouvait voir la trace rouge qui lui marbrait la peau chaque fois qu'il passait un doigt dans l'encolure pour se donner un peu d'air. Elle l'imaginait plus volontiers habillé d'un polo et d'un pantalon de toile mais, pour l'occasion, il avait visiblement voulu revêtir l'uniforme correspondant à sa fonction, tenue qu'il estimait sans doute plus adéquate pour accueillir le rejeton d'une des plus grandes familles castelbriantaises, de celles qui avaient fait en leur temps l'histoire et la prospérité de la ville. Qu'est-ce qui pouvait ainsi le faire suer à grosses gouttes ?
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