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Le national-socialisme et l'Antiquité

Couverture du livre Le national-socialisme et l'Antiquité

Auteur : Johann Chapoutot

Date de saisie : 16/11/2008

Genre : Histoire

Editeur : PUF, Paris, France

Collection : Le noeud gordien

Prix : 28.00 € / 183.67 F

ISBN : 978-2-13-056645-8

GENCOD : 9782130566458

Sorti le : 01/10/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Le rapport du national-socialisme à l'Antiquité n'a guère suscité l'intérêt des historiens. Si on conçoit volontiers que les nazis aient pu mobiliser une authentique et indubitable germanité, on répugne à associer nationalsocialisme et Antiquité gréco-romai|ne. On rencontre partout cette association : dans les nus néo-grecs de Breker et de Thorak, dans l'architecture néo-dorique de Troost, dans les édifices néo-romains de Speer et dans les manuels scolaires qui présentent une vision surprenante de l'Antiquité méditerranéenne. L'auteur s'étonne d'une part de ce peu d'intérêt de la part des historiens, d'autre part s'interroge sur cette référence constante du régime nazi à l'Antiquité gréco-romaine. Quel besoin vient dicter le recours à l'Antiquité gréco-romaine alors qu'un racisme aussi obsessionnel que le nazisme semblerait exclure a priori toute référence autre qu'à une germanité strictement définie et circonscrite ? Or le but répété d'Hitler était de reconstruire la fierté d'une nation humiliée par le diktat de Versailles. Cette thérapie nationale ne passait pas seulement par une politique de réarmement et de mégalomanie territoriale, elle se devait de reconstruire une histoire prestigieuse en annexant le passé antique pour rehausser une fierté nationale humiliée en 1918 et 1919. On assiste alors à une réécriture de l'Histoire et de la race (construction d'un homme nouveau, le sujet nazi) qui annexe les Grecs et les Romains à la race nordique. Cet ouvrage fait ainsi pénétrer au coeur du projet totalitaire nazi : il s'agit de dominer non seulement le présent et l'avenir mais aussi un passé réécrit et instrumentalisé.

Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé d'Histoire et diplômé de Science-Po, Johann Chapoutot est docteur de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Grenoble.





  • La revue de presse Maurice Sartre - Le Monde du 14 novembre 2008

L'Antiquité grecque et romaine tenait dans l'imaginaire national-socialiste une place de premier plan. Dans une somme magistrale, Johann Chapoutot montre que cela ne releva pas d'un folklore marginal, mais fut le fruit d'une construction argumentée, pour laquelle furent utilisées toutes les ressources de la science et de la propagande. Certes, les nazis n'inventèrent pas tout de toutes pièces et prolongèrent, souvent en les exacerbant, les convictions des savants du XIXe siècle...
Johann Chapoutot explore tous les aspects de l'instrumentalisation nazie d'une Antiquité fantasmée, reconstruite selon des critères raciaux. L'admirable chapitre consacré à l'exaltation du corps, fondée sur l'idée que Grecs et Germains partagent un même esprit agonistique, débouche naturellement sur les Jeux olympiques de 1936, qui ne visent pas seulement à célébrer le régime. Ils s'inscrivent dans la démonstration "scientifique" de la filiation entre Grecs et Allemands...
La volonté de cohérence des nazis avait son prix, et ces "pilleurs d'histoire", selon l'heureuse formule de Chapoutot, n'hésitèrent pas à travestir les réalités les mieux établies, déchiquetant l'histoire d'une civilisation prise en otage.


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