Auteur : Jean-Michel Le Corfec
Date de saisie : 15/11/2008
Genre : Folklore Moeurs et coutumes
Editeur : Sud-Ouest, Bordeaux, France
Collection : Beaux livres
Prix : 24.90 € / 163.33 F
ISBN : 978-2-87901-882-9
GENCOD : 9782879018829
Sorti le : 20/10/2008
Chanteurs des cours, cochères, crieurs de journaux, marchands de lait d'ânesse, arracheurs de dents, photographes ambulants, matelassières, hommes-sandwichs, chiffonniers, charmeurs d'oiseaux ou tondeurs de chiens : autant de petits métiers insolites, disparus, pour la plupart, qui, il y a un siècle, contribuaient au charme des rues et des quais de Paris.
Si de nombreuses cartes postales qui illustrent cet ouvrage, prises entre 1900 et 1920, sont empreintes de nostalgie, le texte qui les accompagne nous conte, dans le moindre détail, la vraie vie de ceux qui exerçaient ce que l'on appelait alors, péjorativement, les p'tits métiers ; ils n'en étaient pas moins de vrais métiers, pratiqués par des hommes, des femmes et des enfants qui, bien que pauvres, travaillaient pour ne pas perdre leur dignité !
Cet ouvrage nous entraîne dans les rues du Paris des années 1900 où c'était loin d'être la Belle Époque pour tout le monde. Laissez-vous guider !
Longtemps témoin du présent en tant que journaliste (Hachette-Presse, Le Figaro), Jean-Michel Le Corfec, né en 1947, a désormais choisi, dans ses livres, de faire revivre le passé, un passé récent, celui de toutes les découvertes qui, de 1850 à 1930, couvre la révolution industrielle, la Belle Époque et les Années folles. En journaliste, en historien, mais surtout en ethnographe, il enquête sur la vie quotidienne des Français de cette époque - nos grands-parents - et publie, pour les Éditions Sud Ouest, de nombreux ouvrages où il invite ses lecteurs leurs racines en empruntant les chemins de la mémoire, une mémoire que Paul Valéry considérait comme «l'avenir du passé».
Il est notamment l'auteur des Métiers de nos grands-mères et de Quand nos grands-parents faisaient la fête.
Avant-propos :
A la veille de la Première Guerre mondiale, le Paris intra muros des vingt arrondissements comptait 2,9 millions d'habitants, soit plus qu'aujourd'hui. Un nombre d'autant plus important que la France n'était alors peuplée, si l'on peut dire, que de 39605000 habitants.
Les exclus et les pauvres représentaient environ un quart de ces Parisiens. Autant dire que ceux-ci n'avaient pas vraiment l'impression de vivre à la Belle Epoque. C'était également le cas de leurs compagnons d'infortune qui étaient confinés dans les faubourgs, mais pour qui la proximité de Paris était une chance, LA chance.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui ne touchaient aucune aide ni indemnité, n'avaient qu'un moyen légal de survivre : celui d'exercer non pas un métier réservé à ceux qui avaient des connaissances et des compétences, mais un «petit métier». Ce terme péjoratif cachait cependant, chez la plupart de ceux qui l'exerçaient, une «grande volonté».
De la fin du XIXe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, les écrivains, les poètes, les peintres et surtout les photographes, s'intéressèrent à ce petit «monde pittoresque» qui faisait, d'après eux, le charme de Pans. Plus tard, des ouvrages «nostalgiques» de photos brièvement légendées furent consacrés aux «petits métiers de Paris», réduits à des représentations artistiques.
Ce n'était, et ce n'est pas, à mon humble avis, le meilleur moyen de rendre hommage à ceux qui avaient préféré le travail à la charité publique. «Petit métier» ? Allons donc ! Il n'y pas plus de petit que de sot métier ! J'ajouterai même que cette activité était indispensable.
Oui d'autre que ces «laissés-pour-compte» pouvaient réparer ou raccommoder, dans l'heure et pour quelques sous, un vase fêlé, une chaise enfoncée ou un panier percé ? Quel commerçant, ayant pignon sur rue, aurait arpenté les rues, du matin au soir, à la rencontre des enfants, pour leur proposer du coco, des glaces ou du pain d'épices ? Quel ouvrier d'usine aurait eu le courage de s'engager à la journée pour décharger des tonnes de sable au port de l'Hôtel-de-Ville ?
Qui aurait été assez fou, ou assez sage, pour aller faire rêver grands et petits, en leur montrant, à l'aide d'une lunette astronomique, la Lune pour deux sous, ou en jouant les charmeurs d'oiseaux dans le jardin des Tuileries où, d'ailleurs, opéraient d'autres petits métiers, comme les loueurs de bateaux ?
Il m'a semblé que le meilleur moyen de rendre hommage à tous ces petits métiers de Paris était d'expliquer, à travers ces cartes postales anciennes, souvent inédites, datant des années 1900 à 1906, comment ils vivaient, ou survivaient, comment ils travaillaient et quels étaient les «cris de Paris» qu'ils poussaient, ou les airs qu'ils chantaient, pour attirer leur clientèle.
Puissions-nous revivre ainsi, ensemble, un passé somme toute très proche, puisque c'est celui de nos grands-parents.
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