Freud et la question de l'angoisse : l'angoisse comme affect fondamental / Passion du livre

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Couverture du livre Freud et la question de l'angoisse : l'angoisse comme affect fondamental

Auteur : Christian Jeanclaude

Date de saisie : 27/10/2008

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : De Boeck, Bruxelles, Belgique

Collection : Oxalis

Prix : 36.00 €

ISBN : 978-2-8041-0147-3

GENCOD : 9782804101473

Sorti le : 27/10/2008

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  • La dédicace de l'auteur

Dans cet ouvrage que j'ai voulu comme référence parmi les écrits sur l'angoisse selon la théorie freudienne (pour Lacan, je renvoie le lecteur à son séminaire sur l'angoisse), j'aborde de façon exhaustive le complet renversement théorique que Freud opère dans sa métapsychologie, plus particulièrement à partir de 1926, à savoir que c'est l'angoisse qui est cause du refoulement et de la formation de symptôme, l'angoisse qui est cause de l'aliénation névrotique au lieu de la conception de 1894 qui envisageait l'angoisse comme un courant libidinal entravé, comme une transformation de la libido dans un affect dégradé à l'image de la dégradation du vin en vinaigre.

Grâce à la nouvelle conception freudienne de 1926, l'angoisse n'est plus un symptôme mais une manifestation psychique qui avertit le sujet que quelque chose dans sa vie dysfonctionne : il doit changer.

Par ailleurs, je réélabore la théorie freudienne qui est double (2 théories contradictoires) en une seule théorie unitaire en essayant par ailleurs de m'affranchir du concept de pulsion de mort dont l'argumentation de Freud me paraît très peu convaincante. Jusqu'où peut-on affirmer que les conduites humaines sont sous la dépendance de l'angoisse ? J'étaye entièrement ma réflexion sur la théorie freudienne (au-delà de celles [les théories] consacrées à l'angoisse) et je tente de répondre à cette question en élaborant donc une synthèse des 2 théories freudiennes de l'angoisse en une seule d'un abord, je l'espère, simplifié et réactualisé à la lueur des recherches récentes en biologie du comportement, plus spécifiquement chez le foetus.

J'exploite jusque dans ses moindres détails l'héritage que Freud nous a légué avec ses théories de l'angoisse et j'essaye d'éclairer pourquoi, à mon avis, l'angoisse est irréductible de la condition humaine et le socle inaliénable sur lequel viennent s'ancrer toutes nos structures psychiques.

C'est pourquoi d'ailleurs la psychanalyse n'est pas une thérapie... en quoi comprendre sa difficulté de vivre pour un analysant serait une thérapie : une thérapie d'être en vie ? Car inévitablement vivre amène à des choix qui nous plongent dans des angoisses existentielles. Pour reprendre une anecdote humoristique (noire) de Freud, ce dernier disait que seule la mort guérit de la vie !

Ce livre, par la compréhension intime des mécanismes de l'angoisse et de ses effets qu'il permet, m'apparaît important dans notre société assoiffée de confusion de tout ordre. En effet, ne pas se connaître dans notre société complexe aux valeurs mouvantes et contradictoires, peut perturber toute personne qui ne saurait pas de quoi elle est faite ; autrement dit toute personne qui n'aurait pas connaissance de ses désirs inconscients, désirs qui sont les causes essentielles des angoisses (obligation de faire des choix). Croire vivre un désir en s'identifiant à tel ou tel courant collectif tout en ignorant ses propres désirs correspondant à des aspirations profondes ne peut que conduire, à terme, qu'à un mal-être. C'est pourquoi la connaissance de soi est plus importante que jamais en ce début de millénaire.

Cet ouvrage est né d'une expérience personnelle (celle de l'angoisse) associée à une pratique de la psychanalyse, le tout fortement cadré par une bonne connaissance du corpus théorique freudien et un solide background scientifique. Par ailleurs, quand je me suis aperçu qu'il n'existe quasiment rien sur l'angoisse en littérature analytique ( ? !), j'ai considéré mon projet d'autant plus original quand le livre fut publié.

Tel qu'il vous est présenté, l'originalité majeure de cet ouvrage consiste en ce qu'il s'adresse simultanément à deux types de lectorat, à savoir des lecteurs connaissant la psychanalyse dans le cadre de leur exercice professionnel (en fait, tout psychanalyste, quelle que soit sa formation universitaire initiale), mais aussi tout lecteur n'ayant aucun savoir dans ce domaine, et qui voudrait s'imprégner de ce champ d'investigation psychique (il peut tout aussi bien s'agir d'étudiant, que d'un professionnel, en particulier dans le domaine relationnel et/ou de la santé, mais aussi toute personne désireuse de mieux connaître la " matière " dont elle est faite, ainsi donc voulant acquérir un savoir sur la psyché humaine selon un angle psychanalytique, et ceci à un haut niveau de réflexion).

Mon essai est construit, de façon impressionniste en quelque sorte, pour permettre au lecteur d'entrer progressivement dans l'univers analytique, à l'image d'un travail sur le divan. Gageure bien sûr impossible, mais pari nécessaire pour maintenir le texte au plus près du " vif de l'inconscient ".

Bien qu'ayant lui-même écrit une oeuvre considérable, Freud était sans illusion à ce sujet ; il eut l'occasion de dire (je cite de mémoire) que vouloir transmettre un savoir analytique sans passer par un divan était comparable à vouloir nourrir un affamé en lui faisant lire un menu. Comment en effet, dans une société de tradition écrite, procéder autrement ? Ainsi, mon essai propose à :

1/ Un lecteur sans connaissance préalable de comprendre l'univers analytique grâce à des outils de pensée dignes de ce nom.

2/ Un lecteur familier de la psychanalyse (praticien par exemple) de disposer d'un outil de travail très documenté (annexes, index, références, bibliographie, recentrage régulier par des formalisations rigoureuses) et d'une base solide de réflexion sur l'angoisse pouvant enrichir son référentiel théorique lui servant de grille de lecture de l'inconscient

Cet objectif pédagogique m'obligea - pour le bien de l'ouvrage, j'espère - à un certain télescopage entre une forme très classique conforme à un livre de recherche, et des propos parfois très libres qui s'éloignent nettement d'un essai psychanalytique didactique.

J'insiste continûment pour recentrer mon propos au coeur du freudisme et éviter un affadissement qui trahirait alors une dérive classique du discours analytique vers un discours insipide (d'où le " sexuel " serait exclu, mais aussi l'insupportable de l'inconscient [nous maîtrisons si peu de notre vie], discours qui n'aurait plus rien à dire sur le social sous prétexte d'une neutralité mal comprise [c'est tout de même Freud qui écrivit Malaise dans la civilisation, Avenir d'une illusion ou encore Moïse et le monothéisme]). C'est le propre de la psychanalyse d'avoir un discours, donc une éthique, ceci peut-être à la différence d'autres disciplines " psy " qui se contentent d'être des techniques.

L'esprit pédagogique et éthique qui guida l'écriture de mon livre m'obligea à refuser fermement de tomber dans une vulgarisation facile, considérant que tout lecteur peut comprendre à partir du moment où on lui donne les outils de compréhension.

Dans ce sens - celui de ne pas confisquer un savoir qui serait seul destiné à des initiés - tous les termes analytiques usités dans mon essai sont définis, donc accessibles à tous. Ceci est évidemment encore plus vrai pour les néologismes d'angoisse-peur et d'angoisse-tension qui rendent compte de ma reformulation de la théorie freudienne de l'angoisse.

Je pense avoir approximativement réussi à allier une très grande rigueur (ma formation scientifique) à une liberté de ton et de parole.

Finalement, ni vade-mecum, ni manuel du prêt-à-penser, mon essai se propose d'autoriser à toute personne de connaître les fondements de la pensée analytique sans pour autant avoir lu Freud. Il me fallait alors prendre le lecteur par la main au risque d'avancer à petits pas (donc de multiplier le nombre de pages) pour lui permettre de s'associer à ma réflexion sur l'angoisse. D'où les prolégomènes métapsychologiques, puis le long cheminement dans l'oeuvre freudienne portant sur l'angoisse, pour seulement alors m'autoriser une recherche personnelle.

Aller droit au but en psychanalyse en faisant fi du raisonnement qui y mène ne peut qu'aboutir à assener des vérités toutes faites au lecteur et lui manquer de respect ! Il ne me semblait pas possible de supprimer la lenteur inhérente à la psychanalyse.

Reste un dernier aspect à souligner : j'appuie de nombreuses assertions analytiques sur des faits relevés par la biologie, essentiellement la biologie du comportement, et accessoirement la physiologie. Je pense là me situer pleinement dans la ligne tracée par Freud. En effet, il ne faut pas oublier que la psychanalyse freudienne ne dérive ni de la psychologie, ni de la psychiatrie, mais surtout de la neurologie (Freud était neurologue après avoir été physiologue, ne fut jamais aliéniste, et ne s'intéressait, selon ses propres dires, nullement à la médecine), donc de la biologie fondamentale (voir De l'esquisse d'une psychologie scientifique, 1895, qui resta le prototype métapsychologique de la psychanalyse) même si Freud dut tenir compte rapidement de la psychopathologie (Charcot).Très concrètement, je dirais que cet essai se caractérise par :

1/ Un exposé métapsychologique qui dit "l'essentiel " de la théorie analytique, véritable précis de psychanalyse.

2/ Son exposé exhaustif des différentes conceptions freudiennes de l'angoisse de 1894 à 1938.

3/ Une conception pédagogique qui permet à tout lecteur d'atteindre un haut niveau de réflexion.

4/ Une écriture vivante pour un ouvrage de recherche qui, je l'espère, évite au lecteur de s'ennuyer.

5/ Une unification des 2 théories freudiennes de l'angoisse en une reformulation qui permet de mieux articuler le concept d'angoisse, de le resituer dans le cadre des recherches en biologie, de permettre un élargissement pour la compréhension de nombreuses conduites humaines.

6/ Une tentative d'apport théorique, dans la mesure où mon élaboration de la théorie unitaire de l'angoisse permet de s'affranchir de la conception " mythologique " du refoulement originaire (thèse de la horde primitive) et de faire l'économie du concept de pulsion de mort, concept peu satisfaisant d'un point de vue scientifique.

7/ Dans la mesure où j'insiste beaucoup sur la démonstration de l'action de l'angoisse inconsciente, l'hypothèse que l'angoisse est source de toute élaboration psychique et somatique devient pertinente. L'angoisse devient la source de toute élaboration psychique, collectivement et individuellement : symptômes névrotiques et/ou psychotiques, sublimations, perturbations psychosomatiques, organisation de la personnalité, ciment organisateur des groupes humains.

8/ Un grand nombre de citations de Freud ; citations qui permettent au lecteur non-spécialiste de se familiariser avec le fondateur de la psychanalyse, son style et sa façon de raisonner, et qui permettent au lecteur averti de se resituer en permanence par rapport à l'oeuvre freudienne.

Christian JEANCLAUDE
Auteur, Psychanalyste
Strasbourg



  • La présentation de l'éditeur

Après une analyse des différentes conceptions freudiennes de l'angoisse (de 1894 à 1938), l'auteur, dans cette nouvelle édition, propose d'unifier l'ensemble de façon plus simple en mettant en évidence le rôle de l'angoisse comme principal organisateur de l'appareil psychique. L'angoisse est alors envisagée comme le stimulant majeur qui nous fait vivre et agir, en particulier parce qu'elle nous permet, sous certaines conditions, de nous informer sur nos désirs inconscients. En montrant qu'il s'agit d'un mécanisme vital qui avertit le sujet d'un dysfonctionnement du principe de plaisir, l'auteur décale l'idée courante que l'on se fait de l'angoisse, à savoir que cet affect ne serait qu'un symptôme gênant.
Ecrit dans un style tout à la fois limpide, rigoureux et facile à lire, cet ouvrage constitue une référence scientifique et psychanalytique s'adressant tout autant à l'étudiant en psychologie, à tout professionnel de la relation (psychanalyste, psychologue, soignant, éducateur, enseignant, conseiller en ressources humaines...) qu'à tout lecteur s'intéressant aux fondements psychiques de l'être humain et souhaitant acquérir des outils de pensée pertinents pour aborder l'angoisse.

Christian Jeanclaude

Auteur de Freud et la question de l'angoisse (2001, 2003) et Les ombres de l'angoisse (2005), ouvrages issus d'une vaste réflexion entreprise au sujet de cet affect - l'angoisse - fondateur du psychisme, il écrit également des articles. Il s'est orienté vers la psychanalyse après une formation universitaire d'orientation biologique (écologie à l'Enesad de Dijon, biologie du comportement et primatologie à l'Université de Strasbourg, éthologie humaine à l'Université Laval de Québec) qui confère à ses écrits psychanalytiques une orientation singulière, à la fois mélange de liberté et de rigueur, à la fois mélange d'esprit d'ouverture et de repérages précis. Outre d'apporter du matériel pour nourrir la pensée des lecteurs familiers de la psychanalyse, il espère aussi ouvrir l'interprétation psychanalytique des événements individuels et collectifs aux lecteurs d'un horizon plus large.

TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS

SOMMAIRE

Introduction
1. Place de l'angoisse dans les Élaborations thÉoriques freudiennes
2. LES BASES DE LA MÉTAPSYCHOLOGIE
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Première partie

L'angoisse chez Freud

La première théorie de l'angoisse et ses différentes élaborations de 1894 à 1923

1 - LA PREMIÈRE THÉORIE DE L'ANGOISSE OU THÉORIE BIOLOGIQUE DE L'ANGOISSE (1895)
1.CONTEXTE DANS LEQUEL FREUD ABORDE LA QUESTION DE L'ANGOISSE
2. LA NÉVROSE D'ANGOISSE COMME F0NDEMENT DES PREMIÈRES CONCEPTUALISATIONS DE L'ANGOISSE (1895)
2.1. Les symptômes d'angoisse dans la névrose d'angoisse..................................
2.2. Les facteurs déclenchants de la névrose d'angoisse......................................
2.3. Comment l'excitation sexuelle non déchargée se transforme en angoisse.....2.4. La dimension psychique manque dans la névrose d'angoisse........................
2.5. A propos des symptômes de la névrose d'angoisse........................................
2.6. L'angoisse n'a-t-elle vraiment aucune signification psychique dans la névrose d'angoisse ?...........................................................................................
2.7. Relations entre la névrose d'angoisse et les psychonévroses..........................

2 - VARIATIONS AUTOUR DE LA PREMIÈRE THÉORIE DE L'ANGOISSE (1905-1923)
1. 1905 : FREUD FAIT UN BREF EXPOSÉ SUR L'ANGOISSE INFANTILE
2. 1917 : FREUD APPROFONDIT SA PREMIÈRE THÉORIE DE L'ANGOISSE. UNE ÉTAPE INTERMÉDIAIRE ENTRE LA PREMIÈRE ET LA SECONDE THÉORIE DE L'ANGOISSE
2.1. Généralités.................................................................................................
2.2. L'angoisse devant un danger réel (Realangst)..............................................
2.3. Les origines de l'angoisse............................................................................
2.4. L'angoisse névrotique (neurotische Angst) et ses variantes..........................
2.4.1. L'attente anxieuse....................................................................................
2.4.2. Les phobies.............................................................................................
2.4.3. L'accès d'angoisse...................................................................................
2.5. L'angoisse névrotique : explication psychogénétique...................................
2.5.1. Reprise des premières argumentations de 1895........................................
2.5.2. Approche de l'angoisse par le biais de deux psychonévroses : l'hystérie et la névrose obsessionnelle...................................................................................
2.6. Comparaison de l'angoisse névrotique avec l'angoisse devant un danger réel
2.7. L'angoisse chez l'enfant...............................................................................
2.8. L'angoisse se " fixe " dans la réalité extérieure : les phobies.......................
2.9. Y-a-t-il réellement des différences entre la première théorie de 1895 et la réactualisation de 1917 ?...................................................................................
3. L'ANGOISSE PROTÈGE DE L'EFFROI (1920)
3.1. L'effroi et l'angoisse dans la névrose traumatique........................................
3.2. La répétition du traumatisme sous angoisse est comparable à la fonction du jeu chez l'enfant.................................................................................................
3.3. La relation entre l'angoisse et l'effroi...........................................................
4. LA THÉORIE DE LA SÉDUCTION (1895-97)
4.1. La notion de traumatisme infantile..............................................................
4.2. Le traumatisme agit à retardement : l'après-coup.........................................
4.3. Des notions seront réactualisées trente ans plus tard dans la seconde théorie de l'angoisse......................................................................................................
5. UN PROGRÈS FONDAMENTAL : LE MOI EST LE LIEU DE
L'ANGOISSE (1923)
5.1. Le moi est menacé par trois dangers...........................................................
5.2. La question de l'angoisse de mort................................................................
5.3. Le moi se sent abandonné...........................................................................
5.4. Le moi est perturbé par " Eros ".................................................................

3 - 1895-1923 : UN LONG CHEMINEMENT VERS LA
SECONDE THÉORIE DE L'ANGOISSE

La seconde théorie de l'angoisse et son évolution de 1926 à 1938

4 - INTRODUCTION À LA SECONDE THÉORIE DE L'ANGOISSE

1. GÉNÉRALITÉS
2. " INHIBITION, SYMPTÔME ET ANGOISSE " (1926) DANS SON CONTEXTE HISTORIQUE
3. SURVOL D' " INHIBITION, SYMPTÔME ET ANGOISSE "

5 - DE L'ANGOISSE A LA FORMATION DE SYMPTÔME : MODÈLE MÉTAPSYCHOLOGIQUE DE LA SECONDE THÉORIE DE L'ANGOISSE

1. DE l'ANGOISSE AU SYMPTÔME EN QUATRE ÉTAPES
1.1. La première étape : la situation de danger.................................................
1.2. La deuxième étape : la réaction d'angoisse du moi devant le danger.............
1.3. La troisième étape : le moi organise ses défenses......................................
1.4. La quatrième étape : la formation de symptôme..........................................

6 - UNE AUTRE VOIE DE RÉSOLUTION DE L'ANGOISSE : LA SUBLIMATION

7 - ÉVOLUTION DE LA THÉORIE FREUDIENNE DE
L'ANGOISSE APRÈS 1926
1. APRÈS 1926, LA " SECONDE THÉORIE DE L'ANGOISSE " SERA TRÈS PEU MODIFIÉE TANDIS QUE LA " PREMIÈRE THÉORIE DE L'ANGOISSE " SERA ABANDONNÉE
1.1. La position de Freud de 1933 à 1938..........................................................
1.2. Conclusion.................................................................................................

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Deuxième partie

Développement à partir des théories freudiennes de l'angoisse

Discussion et approfondissement autour des théorisations freudiennes de l'angoisse à partir de l'introduction d'une nouvelle formulation : les notions d'angoisse-peur et d'angoisse-tension.

8 - ANGOISSE CONSCIENTE ET ANGOISSE INCONSCIENTE
1. Généralités
2. L'angoisse consciente et l'angoisse inconsciente sont-elles de même nature ?
2.1. L'angoisse inconsciente...............................................................................
2.2. L'angoisse consciente..................................................................................

9 - Nouvelles notions : l'angoisse-peur et l'angoisse-tension
1. L'angoisse-peur
2. L'angoisse-tension
2.1. Retour sur la notion d'angoisse de mort......................................................
2.2. Une forme spécifique d'angoisse-tension : l'angoisse d'abandon..................
2.3. Conclusion et tableaux synthétiques...........................................................

10 - La névrose d'angoisse : approche réactualisée

11 - DISCUSSION SUR LES ORIGINES DE L'ANGOISSE
1. LES ORIGINES DE L'ANGOISSE SONT PROBABLEMENT PRÉCOCES
1.1. L'angoisse-tension a une origine psychobiologique......................................
1.2. Peut-on situer chronologiquement les premières angoisses ?.......................
1.3. La qualité de la relation précoce mère-enfant est déterminante dans la structuration de l'angoisse..................................................................................

2. UNE CONVERGENCE ENTRE LE POINT DE VUE ANALYTIQUE ET DES OBSERVATIONS BIOLOGIQUES
2.1. Peut-on envisager l'existence d'une pré-angoisse ?.......................................
2.2. La question du traumatisme de la naissance................................................

Proposition d'une théorie unitaire de l'angoisse

12 - PEUT-ON ENVISAGER UNE THÉORIE UNITAIRE DE L'ANGOISSE ?
1. L'ANGOISSE EST TOUJOURS LE RÉSULTAT D'UNE SURTENSION D'ÉNERGIE NON DÉCHARGÉE : UNE THÉORIE UNITAIRE DE L'ANGOISSE
1.1. Le commun dénominateur à toutes les formes d'angoisse.............................
1.2. Angoisse et refoulement originaire..............................................................
1.3. Angoisse et somatisations...........................................................................
1.4. L'angoisse est un facteur de croissance psychique........................................
2. APPROCHE DIFFÉRENTIELLE DE L'ANGOISSE : RÉCAPITULATION
2.1. L'angoisse-tension......................................................................................
2.2. L'angoisse-peur..........................................................................................

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Conclusion

ANNEXES........................................................................................................
1. Comparaison formelle entre les deux théories freudiennes de l'angoisse (333)
2. La différence anxiété/angoisse n'est qu'une question terminologique (337)
3. Discussion au sujet de la notion d'angoisse devant un danger réel (339)
BIBLIOGRAPHIE..........................................................................................
INDEX.............................................................................................................
TABLE DES MATIERES...............................................................................
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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

On fait volontiers grief au psychanalyste de la monotonie des thèmes qu'il prête aux inconscients humains. Mais reproche-t-on au chirurgien de mettre à nu, par son bis­touri, des entrailles qui ressemblent par trop à d'autres entrailles ?
Jean Rostand (1894-1977), op. cit.

Place de l'angoisse dans les élaborations théoriques freudiennes

Lorsqu'on regarde l'oeuvre de Freud dans son ensemble en se proposant de dégager comment et quand, progressivement, les grands concepts de la psychanalyse y ont été introduits, un fait s'impose : la notion d'angoisse a, dans un premier temps (première théorie de l'angoisse), un statut particulier. Elle n'acquiert un sens authentiquement psychanalytique que tardivement, en 1926. C'est à ce moment qu'est publié Inhibition, Symptôme et Angoisse, livre décisif pour l'évolution de la théorie de l'angoisse (seconde théorie). Freud avait alors soixante-dix ans !

En 1895, Freud écrit son premier article sur l'angoisse. Ce travail est habituellement considéré comme l'exposé de la première théorie de l'angoisse. Ultérieurement, il effleurera sporadiquement le problème de l'angoisse dans divers écrits, mais d'une manière fugace et sans apports théoriques notables. En 1917, il réitère une tentative d'approfondissement des mécanismes qui régissent l'angoisse en reprenant ses anciennes conceptions à la lueur de ses nouvelles connaissances ; là encore, pas de progrès décisif. C'est en 1923, dans sa célèbre publication Le moi et le ça, qu'il révolutionne alors certains de ses concepts fondamentaux en développant sa seconde topique, qu'il amorce également un virage conceptuel à propos de l'angoisse. Ce changement inspirera son livre de 1926 qui viendra parachever ses bouleversements théoriques.

Donc, ce n'est pas que Freud évite d'aborder le sujet de l'angoisse avant la date charnière de 1926, mais contrairement aux autres concepts fondateurs de la psychanalyse esquissés dès la fin du XIXe siècle (le travail du rêve comme réalisation inconsciente du désir, l'inconscient, la libido, le refoulement), il ne voit pas l'angoisse comme soumise aux lois de l'inconscient, ni comme facteur déterminant dans le jeu dynamique des forces en contradiction qui agissent dans l'appareil psychique. En d'autres termes, cet affect n'apparaît pas en tant que facteur infantile influençant la structure psychique de l'adulte. Finalement, avant 1926, l'angoisse n'est, pour le fondateur de la psychanalyse, qu'un symptôme névrotique parmi d'autres, et partant de là, une simple conséquence des névroses.


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