Auteur : Michel Grisolia
Date de saisie : 05/01/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-226-15667-9
GENCOD : 9782226156679
C'est fait de quoi, un roman ? D'un être humain, d'un lieu, d'une passion. De souvenirs habillés en fiction. D'une couleur.
Quand j'ai commencé à écrire Beaulieu, un soir de pluie, je sais bien ce que j'avais en tête : Nice, d'abord, où je suis né, et ses environs, où j'ai grandi, vécu, aimé. Un personnage, dans ce faux décor de rêve. Un homme, le plus banal possible : Philippe Angelin, médecin généraliste, marié, deux enfants, la cinquantaine bourgeoise et confortable, rien à signaler. Un homme auquel j'allais faire vivre la moins banale des aventures : le surgissement d'un passé violent, qu'il a oublié, occulté ; sur ce déni, il a bâti toute sa vie ; un jour, bien sûr, par le hasard d'une circonstance liée à sa profession, cette vie de façade se lézarde, et c'est au fond, ce qu'il souhaite depuis longtemps : payer la faute commise autrefois vis à vis de ce passé qui aura pour toujours les yeux d'une femme... Est-elle réparable, cette faute et à quel prix ? Le roman pose la question. J'ignore s'il y a une vraie réponse.
La couleur du livre ? Le noir, qui va plutôt bien aux êtres partis pour aller jusqu'au bout d'eux-mêmes. Le bleu, un bleu profond de Méditerranée, si paisible en surface, si remuante, et terrible, en profondeur. Sous le soleil exactement, qui peut être un soleil de minuit, et sous la pluie, aussi, le drame se met en place, parce que je ne me vois pas écrire sans qu'il y en ait un, ou plusieurs, et ce drame vient d'où on ne l'attendait pas, ce qui est normal lorsqu'on est, comme je le suis depuis mon premier livre, cet Inspecteur de la mer que le cinéma a changé en Flic ou voyou, un auteur catalogué «à suspense». Ce catalogue, tous comptes faits, me convient.
Michel Grisolia.
À cinquante ans, Philippe Angelin, médecin à Nice, marié, père de deux grands enfants, n'attend plus rien de cette vie bourgeoise, conforme en tous points à celle que lui ont léguée ses parents. Une erreur médicale sur l'une de ses patientes par un de ses amis chirurgiens remet en question son quotidien et le jette à corps perdu dans une recherche de soi aussi imprévisible que fatale... Dans la tradition de Simenon, Michel Grisolia mêle suspense psychologique et roman d'atmosphère qui creuse la culpabilité des êtres et leurs secrets enfouis.
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Dans le nouveau livre qu'il situe à Nice, sa ville natale, Michel Grisolia semble rendre un tribut à deux de ses maîtres, Mauriac et Simenon...
Philippe Angelin, son personnage principal, est un médecin de 50 ans, marié à une femme snob, étranger à lui-même et aux autres. Rien ne semble l'affecter. Jusqu'au jour où une erreur médicale fatale bouleverse son existence... On est conquis par l'univers étrange dans lequel baigne ce thriller convulsif, empreint d'une cruauté baroque, qui concentre toutes les obsessions de son auteur. Le monde nocturne du doute, de la solitude et des errements de la conscience est son royaume. L'écrivain-scénariste («le Choix des armes» ou «l'Etoile du Nord») possède un art consommé du suspense et du rebondissement. «Beaulieu, un soir de pluie» tient le lecteur en haleine jusqu'à la chute. Saisissante.
La réussite sociale n'est pas synonyme de bonheur. Pour l'avoir oublié, et pour avoir négligé son entourage, Philippe Angelin, élégant cinquantenaire, médecin généraliste à Nice, sombre dans une sorte de sourde mélancolie destructrice. Il n'éprouve plus rien pour sa femme Béatrice et n'a pour ses deux enfants, Marc et Sandrine, deux étudiants élevés dans un confort petit-bourgeois, qu'une indifférence polie. Il se désintéresse également de ses malades. Le fibrome de Mlle Salenta, les diverticules de Mme Naud, les crises de lombalgie de Mme Fink, l'endocardite aiguë de M. Giordani le laissent de marbre.
Pourtant, comme c'est parfois le cas dans toute vie humaine chahutée par un désordre affectif, un événement extérieur dramatique va faire rebondir Philippe Angelin du côté de l'agitation sociale... S'interrogeant sur les rouages de la culpabilité et de la compassion, Beaulieu, un soir de pluie est également une poignante réflexion sur la notion de hasard. Il y a du Erskine Caldwell dans la manière dont Michel Grisolia fixe les sentiments de ses personnages principaux à l'intérieur de décors jouant sur eux le rôle de catalyseurs d'énergie, et de révélateurs d'intimes vérités... Michel Grisolia préfère le Concerto italien de Bach aux grandes orgues du romanesque et signe son plus beau livre.
... Le thriller psychologique de Grisolia raconte comment un homme devient un homme, comment il devient lucide sur les compromissions qui ont été son quotidien et sa carapace toute sa vie. L'espèce de déchéance sociale d'Angelin, qui néglige son cabinet et trouve une fascination trouble à fréquenter Gérard et sa maîtresse Odile, constitue en fait la voie de sa rédemption... c'est le tragique quotidien qu'aborde ici Grisolia, l'homme écrasé par une fatalité intérieure qu'il a forgée lui-même, longtemps. Et c'est dit dans un style qui a l'air de ne pas y toucher, mais qui rend l'affaire d'autant plus terrible qu'il est policé. Les connaisseurs apprécieront.
À cinquante ans, Philippe Angelin, médecin à Nice, marié, père de deux grands enfants, n'attend plus rien de cette vie bourgeoise, conforme en tous points à celle que lui ont léguée ses parents. Une erreur médicale sur l'une de ses patientes par un de ses amis chirurgiens remet en question son quotidien et le jette à corps perdu dans une recherche de soi aussi imprévisible que fatale... Dans la tradition de Simenon, Michel Grisolia mêle suspense psychologique et roman d'atmosphère qui creuse la culpabilité des êtres et leurs secrets enfouis. (Présentation de l'éditeur)
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