Passion du livre - tout sur le livre : L'idiot du village

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

L'idiot du village

Couverture du livre L'idiot du village

Auteur : Patrick Rambaud

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-246-44891-4

GENCOD : 9782246448914


  • La présentation de l'éditeur

Vous n'aimez pas votre époque ? Ce n'est pas une raison pour glorifier le passé. Imaginez que vous vous retrouviez soudain transporté au début de ces années cinquante dont vous pensiez avoir la nostalgie : vous seriez plus désorienté que sur la planète Mars. Voilà ce qui arrive au héros de notre histoire. Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, il tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le plonger en 1953, à Paris, dans ce quartier des Halles qu'il habitait à la fin du XXème siècle. De plus en plus précises, de plus en plus longues, ces hallucinations finissent par le jeter dans son propre passé, qu'il reconnaît mal : il avait sept ans en 1953. Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger. D'abord incrédule, il se résout à accepter ce sort improbable. Comme à l'époque on trouvait du travail, il devient plongeur dans un restaurant de la rue Montorgueil, puis garçon de salle, et il s'aperçoit vite de sa supériorité : il connaît par avance les événements... Au début, il en joue avec un habitué du restaurant, journaliste en vogue, très intéressé par ses prédictions, mais il va se rendre compte que son savoir ne lui sert à rien. Il se prend pour l'idiot du village, cet oracle un peu foutraque qu'on consulte mais dont on se moque, même s'il a raison. Jusqu'au jour où, dans la rue, il se croise lui-même lorsqu'il a sept ans. A partir de là, tout va basculer...



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 23 mars 2005

Une grosse grippe et voilà le sablier qui s'affole. Fiévreux, certes, mais toujours lucide, le narrateur de ce petit roman sépia remonte le temps. Comme par enchantement, il est rétrogradé en 1953, dans ce Paris qu'il a connu quand il avait 7 ans... Patrick Rambaud, narrateur en culottes courtes, plonge avec délices dans ces images d'antan, celle des portes sans code, des pêcheurs à bretelles taquinant les poissons de la Seine, et, surtout, celle des petits parcours que les gamins accomplissaient de chez eux à la boulangerie du coin. Un petit roman en noir et blanc qui se déguste comme un vieux film de Gilles Grangier.


  • La revue de presse Valérie Marin La Meslée - Le Point du 17 février 2005

Paris, rue Montorgueil, 1995 ; le narrateur - tout juste remis d'une grippe, un indice ? - lit son quotidien au café. Bizarre, bizarre, les nouvelles n'ont pas l'air très fraîches : rien d'étonnant, le journal est daté du vendredi 8 mai 1953... Ainsi commence la «fantaisie romanesque» concoctée par Patrick Rambaud. Progressivement, son héros stupéfait - mais est-ce que l'on ne s'habitue pas à tout ? - quitte son époque pour se retrouver assez mystérieusement dans le Paris des années 50 de son enfance... Cette promenade cocasse, ludique, distanciée tourne émouvante quand le héros frappe à la porte de son enfance. La fantaisie est «romanesque» mais joliment autobiographique, et cette dimension, rare chez Rambaud, pèse fortement en faveur de ce livre léger et plaisant.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 27 janvier 2005

... D'un coup de plume magique, celui qui fut un temps prestidigitateur, et à qui notre époque déplaît tant, se propulse dans le Paris aux façades noires de son enfance et dans ce quartier des Halles où il habite depuis des lustres. Pour ne pas céder à la nostalgie et son cortège de sirupeux regrets, il s'imagine être un homme d'aujourd'hui, portable dans une main, euros dans l'autre, qui débarque en 1953 dans la France de Vincent Auriol. Sa faculté à savoir de quoi demain sera fait, à programmer l'exécution des Rosenberg ou le soulèvement des ouvriers de Berlin-Est, stupéfie les clients de la Traboule, le restaurant où il est engagé comme serveur. «Le Figaro» lui achète son génie visionnaire. Rambaud remonte le temps en s'esclaffant. Nous aussi. Et soudain Fregoli baisse le masque. Il arrête de faire ses numéros, abdique son humour à la Marcel Aymé. Il se laisse gagner par l'émotion. Il chante la beauté des Halles, cette «Babylone de métal d'une légèreté hindoue», mais aussi des églises romanes, «humaines et dépouillées, où la voix des anges n'a aucun besoin du tintamarre des orgues».
Exilé dans le temps, il finit par retrouver ses parents, c'était le but de son voyage,... Il parle avec ses morts. Sa mère chapelière lui tend son goûter, un croissant fourré à la frangipane. Son père joaillier, un «pessimiste joyeux», l'embrasse. Il a 7 ans, il est sans âge, il rêve, déjà ses meilleurs amis sont les livres. Il vient enfin d'apprendre à vivre avec son passé. Celui qui ne s'est jamais «installé dans un rôle» vieillit bien. Au seuil de ses 60 ans, Patrick Rambaud porte des culottes courtes en jersey gris et il a désormais le temps devant lui. Il a prévu de mourir à Venise, en 2027, face au cimetière de San Michele.


  • La revue de presse François Cérésa - Le Figaro du 13 janvier 2005

Rambaud est un peu le Sylvester Stallone de la littérature. Il a calculé avoir écrit plus de cent mille pages... Moderne, classique, iconoclaste, écrivain fantôme, nègre blanchi à l'Olivetti, hugolâtre récompensé par le prix Alexandre Dumas, il hésite sans cesse entre le vrai et le Faust. Cet homme de raison a des sentiments. La force tranquille, chez lui, est assujettie à la farce des choses... Dans son dernier ouvrage,... il y a un petit panaché de fruits frais, qui nous rappelle les clins d'oeil du regretté Marcel Aymé. Cela se déguste comme un chablis au zinc, avec une douzaine d'huîtres «spéciales», et un zeste de citron.

Tout commence par la dérision et se termine par l'émotion. Une intrigue aussi simple qu'un coup d'épée sur la toile cirée. Un pépère intello, qui vit avec sa Marianne, tombe sur un numéro du Monde daté de 1953... Le héros tombe des nues. En proie à des hallucinations, il remonte le temps. Son quartier reprend les couleurs des années 50. Il revoit le crémier de naguère. Les bougnats boivent un blanc limé au bistrot... Dès lors, tout va très vite. Apparaît un autre personnage nommé Galuchat, un journaleux peu scrupuleux, qui va s'attacher les services du héros, car celui-ci, bien sûr, connaît par avance les événements. Dieu merci, le héros de M. Rambaud, qui doit bien lui ressembler un peu, n'a guère les ivresses de Cassandre, mais plutôt celles d'un Chateaubriand nostalgique, perdu à Holborn, dans le brouillard argenté de Londres...


  • La revue de presse Daniel Martin - L'Express

Rambaud le discret n'aurait-il écrit L'Idiot du village que pour se livrer un peu ? L'action débute de nos jours à Paris. Un homme qui lui ressemble vacille entre passé et présent, puis plonge dans le temps pour se réveiller, en 1953, dans le quartier des Halles, où il est né et a toujours vécu. Adulte au pays de son enfance... La difficulté avec laquelle il égrène ses souvenirs explique qu'il ait d'abord voulu se distraire ou se protéger par une fiction. La chute n'a rien de gai : «Je suis né civilisé, ce n'est pas un cadeau. Autour de moi, en prenant de l'âge, j'ai vu grandir un monde inculte.»

On referme ce roman ému d'en avoir tant appris sur un auteur qui s'est toujours caché derrière les autres ou l'Histoire, qu'il soit nègre ou habile pasticheur, sans jamais rien laisser paraître de lui.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli